@xé libre cinéma - le magazine transdisciplinaire des arts et des cultures

  plan du site | forum | information | publicité | web design | annuaire | partenaires | on parle de nouscontact

 

Imprimer     Agrandir

 
Pierre Verger - Moorea, Polinesia (36026), 1933 Pierre Verger - Candomblé Joaozinho Da Gomea, São Caetano, Salvador. 1946

Situé en plein cœur du 5eme arrondissement, dans un quartier convivial et étudiant, le Cinéma Images d'Ailleurs se distingue des autres cinémas indépendants par sa politique de diffusion interculturelle.
Depuis maintenant une quinzaine d'année, Images d'Ailleurs affirme son identité en présentant des films indépendants et engagés, qui sont pour la plupart des documentaires exprimant des réalités sociales et politiques propres aux pays de culture " non-occidentale ". En plus d'être un espace de diffusion unique à Paris, Images d'Ailleurs permet lors de ses soirées projections-débats, la rencontre entre spectateurs, auteurs et intervenants provenant de petites et grandes associations comme Amnesty International ou la Ligue des droits de l'homme. C'est donc grâce à ses actions culturelles qu'Image d'Ailleurs apparaît aujourd'hui comme un espace de réflexions artistiques et sociales, qui offre une chance à ses films de se faire connaître sur une large durée.

Entretien avec Pauline Le Pallec, chargée de la programmation et des événements culturels d'Images d'Ailleurs

 

Quelle est l'histoire du cinéma Images d'Ailleurs ?

Images d'Ailleurs a été crée en 1990 par Sanvi Panou, l'actuel directeur du cinéma, un Togolais qui est à Paris depuis plusieurs années. A la base, il était comédien puis metteur en scène et il a décidé de créer à Paris un espace pour la diffusion de films africains. L'idée d'origine était de diffuser des films de culture noire, donc des films sur les Caraïbes, le Maghreb et l'Amérique latine. Très vite l'équipe d'Images d'Ailleurs s'est aperçue qu'il n'y avait pas assez de films sur l'Afrique Noire pour remplir les écrans toutes les semaines. Du coup, la programmation s'est étendue à des films de culture non-occidentale et aussi à des films américains indépendants, hors Hollywood…

Vous diffusez essentiellement des documentaires ?

Oui, en grande partie, mais nous diffusons également des fictions. Pour le mois de décembre, nous avons à l'affiche une douzaine de films dont huit documentaires. La plupart sont des films engagés, militants. Les films que nous choisissons sont généralement en rapport avec la situation politique et social du pays concerné, ils expriment donc des situations souvent difficiles.

Quel est votre public ?

Un public qui connaît le genre de film que nous diffusons. Malheureusement, beaucoup d'étrangers, d'africains vivant à Paris ne connaissent pas le lieu. Nous sommes situés dans le 5eme arrondissement, un quartier étudiant, un quartier " bobo ". Si les gens ont envie de s'intéresser à aux autres cultures et s'ils sont un peu curieux, ils connaissent Images d'ailleurs. Sinon, il faut pousser la curiosité des gens mais nous n'avons pas de service communication, faute de moyens, nous avons a un statut associatif.

Quels films sélectionnez-vous pour les projections-débats ?

Il faut que ça soit un film dont le réalisateur soit à Paris. Parfois, nous faisons venir des intervenants extérieurs, soit d'Amnesty International, de la Ligue des Droits de l'homme et d'associations qui proposent des intervenants qualifiés pour parler d'un sujet précis. Le but de ces débats c'est qu'il y a ait des discussions autour d'un thème social ou politique. Pendant le festival annuel, nous faisons systématiquement des expositions de photographie, de peinture ou autre.

Combien d'éditions du festival Images d'Ailleurs se sont déroulées jusqu'à maintenant ?

Il y eu jusqu'à maintenant quinze festivals. L'an dernier, la 15eme édition du festival avait pour thème : " Les soldats noirs dans les guerres françaises ", nous avions donc une exposition photos d'anciens tirailleurs sénégalais. Chaque année, il y a un festival, c'est un peu l'événement de l'année. Pour chaque édition il y a une thématique différente et nous mettons en place des projections, des rencontres, des débats, presque tous les jours, parfois plusieurs fois par jours. Durant cette période nous développons des partenariats-média notamment avec RFI et Africa n °1.

Quelle sera la thématique du festival de 2006 ?

Cette année, le festival aura lieu fin mars, du 21 au 28 mars 2006. Il sera sur les états généraux du cinéma Noir en France (films de culture noire). Ce sera l'occasion de fêter les quinze ans d'activité d'Images d'Ailleurs avec une grande rétrospective du cinéma Noir en général. Ce sera un regard sur toutes les nouvelles créations contemporaines des jeunes réalisateurs. Il y aura des tables rondes. Le festival aura pour but, comme chaque année de croiser les regards.

Y a-t-il des réalisateurs que vous privilégiez ?

Non, pas vraiment. Nous avons des partenariats avec des associations. Deux fois par semaine, nous avons un partenariat avec une association qui fait une projection-débats. Ce sont des cycles mensuels qui font des projections débats sur un thème particulier. Aussi, il peut y avoir des étudiants qui viennent organiser des projections chez nous. Il y a quelques temps, une association d'étudiants de fac, s'était réunie pour organiser une soirée de projection chez nous. Ils avaient choisi le film, avaient animé le débat et s'étaient chargé de la communication de la soirée.

Quel est le programme du mois de décembre ?

Au mois de décembre, deux débats sont prévus autour du film La fragile Armada réalisé par Jacques Kebadian. Il y a aussi une exposition de bijoux africains et la projection du film Le malentendu colonial de Jean-Marie Téno. Pour janvier, nous diffusons le film d'un jeune réalisateur qui a fait un film sur le Niger. Beaucoup de nos films se déroulent en Afrique, mais sont réalisés par des productions européennes. Des films africains réalisés par des africains, il y en a malheureusement peu…

Comment définiriez-vous l'identité d'Images d'Ailleurs ?

Images d'ailleurs c'est un lieu unique à Paris. C'est un espace d'échange de toutes les cultures. Ce n'est pas un lieu fondé sur le principe de rentabilité, c'est un peu l'exception dans les salles parisiennes. Nous avons surtout la particularité de diffuser des films sur le long terme et de d'offrir alors une vraie chance aux réalisateurs de trouver leur public. Aujourd'hui, la plupart des réalisateurs passent des années à tenter de monter leur film et de trouver un distributeur. Le film sort et au bout de quelques jours, le film est décroché parce-qu'il ne fait pas assez d'entrées. Nous, nous engageons à diffuser les films sur une large période. Ca peut s'étendre de quelques semaines à quelques mois. Par exemple, pour Le Malentendu colonial nous avons fait des débats pendant plusieurs mois. Notre cinéma a la particularité de ne pas être seulement un espace de projections de film, mais aussi un lieu d'échanges et de réflexions.

Propos recueillis par Bérengère Decroux

 

Infos : Images d'Ailleurs-Cinéma la Clef

21, rue de la Clef- 75005 Paris - Tél : 01 45 87 18 09
M° : Censier-Daubenton

Actuellement à l'affiche :

- Le malentendu colonial
- La fragile Armada
- Le cauchemar de Darwin
- Jiburo
- Un rêve Tchèque
- Rize
- La servante et le samouraï
- Les artistes du théâtre brûlé
- Zaïna, cavalière de l'Atlas
- Caméra kids

Tarifs : 6 euros - le lundi : 5, 50 euros - abonnés : 4, 70 euros
      étudiants et chômeurs : 5,50euros

 


Inscription à la NewsLetter

Tissons nos liens...

 
FORUM

Tous les autres sujets...

 
 
NEWSLETTER

Votre mail :   

Vos intérêts :  Concerts & soirées  magazine   photos

Vos commentaires

    

   
 

 
 

copyright© 1999 - 2006 - @xé libre / Open Yür Mind (association loi 1901)

 Bureau : 21 avenue Secrétan - 75019 PARIS