plan du site | forum | information | publicité | web design| annuaire | partenaires | on parle de nouscontact

 
 

Imprimer     Agrandir

 LETTRE " X " DE NOBLESSE 

 DANS L'ALPHABET CULTUREL

Sans doute le peintre Auguste Courbet peignant son célèbre tableau L'origine du Monde ne se  doutait il pas, que loin de se cacher, ce bas ventre que nous ne serions voir, serait aussi à l'origine de nombreux lieux livresques qui s'y consacrent exclusivement. Dans la même hypocrisie que celle qui marquera le "duo" féminin du même peintre intitulé par prudence Le sommeil... Il fallait bien dire que les deux femmes lascives représentées, dormaient... seulement. Il en est quelque peu de même de cette floraison de multiples librairies "spécialisées" dans notre Capitale. Comme ailleurs. Ainsi les apparences extérieures des vitrines s'inspireront donc plus généralement de l'érotisme minimum (dans ce qu'il a de seulement suggestif "soft" ) que de la pornographie (dans ce qu'elle a d'explicite). Sans évoquer les devantures majoritairement neutres. Ces établissements se doivent il est vrai, pour conquérir leur lettre de respectabilité et de noblesse, de rompre radicalement avec le frère ennemi gênant du "milieu" et du Marché du Sexe. Mauvaise parenté dont il faut se défaire. A l'image dans le secteur du Cinéma du pseudo scandale du pseudo film Baise- moi (inspiré d'un petit livre, celui de Virginie Despentes) tentant de pénétrer le domaine plus officiel et "noble". Tout en gardant une thématique et dominante sexuelles qui situent pourtant toute oeuvre dans le porte-à-faux de l'ambiguïté et du discrédit. Jusqu'a in fine, une sentence de condamnation et de rejet. Peut être aurait il été plus subtile et plus courageux de réaliser un film "normal" voire de fondement ascétique, avec un casting tout entier issu des acteurs du " x " ! . L'habit aurait il fait le moine ? Quoi qu'il en soit, le contraire était assurément beaucoup moins aisé à mettre en place. Au plus grand regret sans nulle doute des inconditionnels d'Emmanuelle Béart et d'Isabelle Adjani. Par exemple.

Pour se remettre à la page et revenir à l'objet prioritaire de notre attention, il est de notoriété publique que de nombreux auteurs de renom se sont essayé dans le registre souvent honteux de la littérature dite " érotique ". Pour ne pas dire plus. Et l'on songe sans tarder au grand coquin de La Fontaine, et à ses nombreux Contes. Dont la connotation très "rose" en a fait rougir plus d'un.

Un certain Musset aussi (avec notamment Gamiani ) qui n'est pas sans faire une certaine concurrence. Mais la liste des outrages à l'hypocrisie ambiante pourrait être bien longue.

Javier Gil : philosophie dans le boudoir Guenard

Et plus encore ces derniers temps en perte de censure et de mode du sexe. Qu'il s'agisse d'Anaïs NIN ( Vénus Erotica ) la célébrissime spécialisée du ("mauvais") genre, en passant par Paul Verguin (Presque un an) pour conclure ce parcours interdit avec Philippe Djian. Absolument. Qui délaisse quelque peu le chanteur Stéphane Escher pour sortir " les vers chez les blancs" son roman qui donnera des couleurs et connaissances sémantiques aux érotomanes qui se cultivent. Le tout avec la complicité "honteuse" des éditions Gallimard à l'honneur dans nos salons littéraires consensuels et chez monsieur Pivot. C'est dire.

Mais cette ascension actuelle au pays du "French lover" ne serait pas sans une certaine Pauline Réage. Dont l'œuvre phare reste beaucoup plus fameuse que son identité. Qui ne connaît pas en effet la savoureuse Histoire d'O (suivie plus modestement de Retour à Roissy). L'histoire aussi d'un genre littéraire dont le succès futur coulait de source. Nous y sommes. L'éditeur Jacques Pauvert, le premier à avoir osé diffuser toutes les créations du Marquis de Sade (au prix de plusieurs visites dans des tribunaux...) participait en pionnier de cette juste intuition. Rendons à ce César. Bien entendu l'usage des pseudonymes de chasteté fût de tout temps très répandu pour ces escapades parallèles. Le mythique Oscar Wilde ne s'embarrassera pas de tels artifices, publiant Teleny au grand jour. Si tant est que le contenu reste audacieux aujourd'hui.

Il reste enfin, toutes les interprétations érotiques, voire sexuelles, de grandes oeuvres. Notamment dans le théâtre. Avec l'impact de l'école psychanalytique et de monsieur le docteur Freud; La chose n'étant pas pour lui être étrangère. Ainsi notre "Don Juan" se verra t'il à l'occasion privé de ses attributs et accusé de mœurs contraires. refoulées Tant qu'a faire. Les Liaisons dangereuses de Laclos ne seront pas en reste. Recouvrant le cas échéant une dimension empreinte de masochisme et de voyeurisme dans l'initiation et la manipulation (le désormais introuvable Serge Carteira / Ed de Poche-1976).

Sans insister sur quelques errances analytiques relatives à Antigone (celle de Anouih, jugée plus suicidairement "anorgasmique", pour le moins...) provenant du même génie ignoré. Le "matériel" serait donc au rendez vous, au fil des pages et des siècles. Autant que dans les divers niveaux de lecture hypothétiques. A croire que nos écrivains les plus fameux n'auraient donc jamais pensé qu'a "ça" ! .

Et l'on s'étonnera plus encore que l'ouverture à Paris des librairies La Pomme d'Or (97 rue Saint Denis), Les Mots à la Bouche pour un lectorat homosexuel (6 rue Sainte Croix de la Bretonnerie) et pareillement Curiosa (7 rue Crébillon) constitue un événement. Pour ne citer que les trois les plus en vogue. La librairie de la rue Crébillon méritant assurément que l'on si attarde. Cette battisse en pierre de taille, et d'une blancheur pure à l'intérieur, est située précisément, dans un quartier ou la "spécialisation" est de rigueur. Chose qui nous assure un sérieux tout particulier dans l'offre et l'information. Les universitaires et étudiants constituant l'essentiel des visiteurs,Curiosa se devait d'être le passage obligé de référence. Bien au delà de la production livresque, ce lieu porte en effet un réel regard d'ensemble sur une authentique Culture érotique ou libertine. Qu'il s'agisse de photographie, de filmographie, comme de littérature. La co-responsable (avec Danièle Masson, la propriétaire) Dominique Leroy, atteste il est vrai d'un parcours brillant dans le monde de l'édition. Et sa générosité humaine semble n'être égale qu'à sa créativité. D'une grandeur bien perceptible au premier contact.

La curiosité est aussi qu'il faille attendre l'An de grâce qui est le notre pour voir de telles librairies prendre enfin la place qui leur revient. Et que les mauvaises langues ou hypocrites de toute chapelle en perdent presque leur Latin . . ou leur Alphabet.

GUILLAUME BOUCARD

1 commentaire

Lieux parisiens

La Pomme d'Or (97 rue Saint Denis),
Les Mots à la Bouche (6 rue Sainte Croix de la Bretonnerie) 
Curiosa (7 rue Crébillon) - www.enfer.com

En savoir plus...

A découvrir sur la toile :

Sur @xé libre
Henri GOUGAUD : Le livre des amours
Contes de l’envie d’elle et du désir de lui

Le Musée de l'érotisme.
ARS EROTIS : Ex Libris et illustrateurs oubliés...
COROLE : Le site troublant et déroutant d'une dénommée Carole...
Erotica Readers Association : Un merveilleux site, en anglais, pour les véritables amateurs de littérature érotique. A découvrir...
LUDVINE : Textes prenants d'un passionné d'amour fou et de sexe...
Anne Archet : philosophe et historienne de formation, écrivaine et essayiste de passion,  s'intéresse au féminisme, à l'amour, à l'érotisme, à l'anarchisme et surtout... à la liberté.
REVEBEBE : Histoires érotiques avec la possibilité de critiquer et noter les textes.

  A lire ou relire aussi :

Marie L. Confessée
Vanessa Duriés Le Lien
Pierre Louÿs Trois Filles de leur mère

 Réagir sur le forum

 Sommaire de la rubrique

Inscription à la NewsLetter

Tissons nos liens...

 
FORUM

Tous les autres sujets...

 
 
NEWSLETTER

Votre mail :   

Vos intérêts :  Concerts & soirées  magazine   photos

Vos commentaires

    

 

 
 

copyright© 1999 - 2006 - @xé libre / Open Yür Mind (association loi 1901)

 Bureau : 21 avenue Secrétan - 75019 PARIS