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un/un
est né dans la foulée d’une première exposition, représentation
photographique de Patrick Quérillacq, suivie au début de l’année
d’une réalisation in situ de Julien Mijangos. Créée en
Décembre 1998, l’association se destine à promouvoir le travail de
jeunes plasticiens en le montrant au public. C’est d’abord le résultat
d’une rencontre entre étudiants d’histoire de l’art et d’arts
plastiques. Un presque hasard qui a poussé les uns vers les autres, animés
chacun à sa manière par des désirs communs au futur groupe : celui de
soutenir la jeune création plastique et de participer au débat sur la
qualité des œuvres contemporaines. @xé libre a donc choisit d’aller
à au devant d’une démarche clairvoyante et lui ouvre naturellement ses
colonnes.
L’activité
de un/un répond à quelques préoccupations essentielles. Tout d’abord
sortir les jeunes plasticiens du lieu d’apprentissage pour leur offrir
-c’est souvent le cas-, une première exposition personnelle importante.
Entendons-nous, aucun jeunisme n’est invoqué dans l’emploi de
l’expression " jeune plasticien ". Les artistes les
plus couramment exposés seront surtout des personnes au début de leur
parcours professionnel. Mais ce n’est en rien une règle. Pour preuve la
prochaine expo consacrée à Hubert Renard qui travaille sur un thème
particulier depuis plus de dix ans !
Malgré
l’existence de nombreux lieux plus ou moins officiels voués aux arts
plastiques, les artistes -et surtout les débutants, éprouvent des
difficultés à trouver une structure qui puisse accueillir temporairement
leur quête. D’où le second axe de travail : exposer à chaque fois
dans des lieux différents, habitations privées, espaces publics ou
industriels, qui puissent faire écho au souci du plasticien.
Les
initiateurs ont aussi pour objectif de suivre l’artiste dans le temps,
de parcourir avec lui un bout de chemin, afin de construire une relation
au-delà du traditionnel rapport exposant/exposé. L’association désire
lancer l’artiste sur la scène professionnelle, monter avec lui des
projets éditoriaux ou autres. C’est à dire créer un espace de
complicité avec l’idée que pour être médiateurs, il faut avoir
compris l’œuvre et l’univers de l’artiste en profondeur.
L’accompagnement passe par deux initiatives. Le Bulletin trimestriel, édité
lors de chaque nouvelle exposition, est l’organe qui lie l’association
à son " public ". L’artiste exposé y trouve deux
échos à son travail : une interview fouillée à l’occasion de la
manifestation, et un article critique par une personne extérieure dans le
numéro suivant. Une manière de créer une aura qui s’inscrive non plus
dans l’éphémère de l’exposition, mais dans la durée. Autre action,
l’intégration d’un espace de dialogue, de confrontation constructive
avec l’artiste hors exposition, pour sortir de la seule actualité.
Moment privilégié pour aller plus loin, soulever les interrogations,
encourager la richesse des appréhensions.
Enfin,
l’idée est en germe, ce n’est pas la moindre, puisqu’il s’agit de
la création d’une collection d’œuvres produites pour ou pendant les
expositions, avec en suspend la question de son statut. La difficulté
n’est pas tant de prendre conscience de la constitution progressive
d’une collection, que du caractère parfois fugitif des travaux, de leur
réactualisation éventuelle dans l’avenir, etc. Réflexion ouverte où
les réponses toutes faites sont exclues, le thème de la collection est
bien un sujet à long terme.
Le
processus d’exposition ne fait l’objet ni d’un schéma opératoire
rigoureux, ni d’un unique coup de cœur plastique. Une décision est
assortie de réflexion, de regards, de discussions internes à
l’association. Cette gestation préside au choix des travaux, des
personnes, des lieux. La rencontre première peut être le fait d’une
sollicitation du plasticien comme de l’association. un/un ne fixe pas de
ligne esthétique à l’avance. L’artiste ne doit respecter qu’une
contrainte : le fait d’intention. Indépendamment de la réalisation
pratique, l’intérêt se porte avant tout sur le schéma conceptuel de
travail, sa cohérence intellectuelle. Le parcours plastique présuppose
chez son auteur une recherche aboutie, un cheminement mental avant même
le passage à l’acte physique d’élaboration.
Outre
la satisfaction procurée par une spéculation de groupe, ses acteurs
souhaitent participer à la diffusion de l’art auprès du grand public,
celui qui ne croise que rarement ces pratiques. L’un des intérêts évidents
de l’association réside dans une vision généreuse, où chacun doit être
à même de prendre sa part de compréhension. Cela passe par la
mobilisation de personnes qui sont a priori peu intéressés, en
dehors des galeries, enseignants, étudiants, lieux culturels, amateurs.
Et par-dessus tout éviter qu’elles ne repartent vides de sens. un/un se
veut un médiateur, celui qui donne les clés d’accès puis s’efface
derrière la sensibilité individuelle dans son rapport à l’art.
Il y a
bel et bien une ambition et une volonté de pérennité dans le parcours
de cette structure associative. La barre est placée haute en terme de
sens véhiculé ; c’est tout à la fois courageux et excitant
intellectuellement. Déjà un/un lorgne la dimension européenne qui est
une réalité à laquelle elle doit coller dans les prochaines expériences.
Son actualité est bouillonnante car une nouvelle expo est imminente,
belle occasion de côtoyer l’engagement de ses membres. Et puisque ces
pages se veulent une fenêtre ouverte sur d’autres initiatives
associatives, de groupes, nous avons préféré laisser le soin à un/un
de présenter elle-même cette nouvelle étape. Bon vent...
Gunther
Ludwig
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