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Durant tout l'été, @xé libre va vous emmener à la découverte de ces lieux insolites, à mi-chemin de la légalité et de la marginalité, lieu à la "structure implosive culturel".

ÉLECTRONS LIBRES

2e volet

 

 

 

 

 

 

 

 

ANNA ABE

Le prisme transfiguratif

En écho au précédent article paru sur AXE LIBRE concernant le collectif d'artistes du 59 de la rue de Rivoli (cliquer ici), nous avions fait la promesse de vous présenter le portrait de l'un d'entre eux…

Parole tenue.

Anna Abe, peintre, possède, entre autres qualités, une somptueuse chevelure de naïade romaine digne d'émerger des eaux du Tibre à l'heure ou les poètes sont le plus réceptifs au merveilleux.

Mais le charme, au sens surnaturel, le plus subtil d'Anna réside dans la perception singulière d'une partie de la figure humaine qu'elle détient et dans la faculté de nous retranscrire crédiblement l'originalité de ce point de vue. Rien qu'en ce sens, elle répond présent aux exigences que chacun est en droit d'attendre d'un peintre. Celui-ci doit en effet fonctionner, schématiquement, en tant que récepteur émetteur de la beauté et du suprasensible.

Trop de peintres, de compotiers, par exemple, négligent ou ignorent le principe inaliénable de cette dualité. Le manque d'originalité de leurs œuvres reflète impitoyablement la probité de ce principe.

En fonction de ceci, il convient donc de regarder les tableaux D'Anna Abe à travers un prisme pour déceler leur pertinence.

Il s'agit du prisme transfiguratif d'une forme de distorsion mentale donnant sur un monde situé quelque part dans le cerveau humain.

En effet, par delà l'évaluation première des lignes de tensions et des valeurs transcrites dans cette peinture, une question fondamentale émerge: à quel univers appartiennent les personnages peints par cette poétesse contemporaine ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En prolongeant cette interrogation, nous pourrions même leur demander: quelle heure est il ? ou: quel jour sommes-nous, dans cette toile, s'il vous plait ? 

Naturellement, ce mode d'expression pictural ne comporte rien de très récent.

Par contre, il mérite d'être visité chaque fois que nous sommes face à une œuvre d'art significative. Ceci reste une expérience d'autant plus intéressante qu'elle est, finalement, assez rare, d'où son évidente préciosité.

 Observons donc, avec le plus vif intérêt, par exemple, ce profil humain (photo ci-dessous) peint par Anna Abe.

Un corps sombre irisé de raies lumineuses blanches se découpe sur un fond orangé sub solaire. Sommes-nous face à -profil- d'une projection mentale qui nous rappelle, indiciblement un état d'être particulier ?   Les réflexions auxquelles se (dé) livre ce personnage finissent-elles par former un champ d'ondes sur lequel il serait plaisant de s'accorder ? 

Quoi qu'il puisse advenir au spectateur de ce tableau, une certitude demeure : le mode habituel de raisonnement et d'expression sémantique habituel est transgressé par une autre forme de cosa mentale, comme disait nos chers anciens.  

Ceci est de la peinture.

Nous souhaitons à ANNA ABE de pouvoir peindre, un jour, pourquoi pas, près du lac de son manoir perdu dans les landes brumeuses d'Europe.

 Ceci implique, peut-être, cher cybernaute que tu éteignes quelques instants ton computer, que tu te frottes un peu les yeux et que tu ailles, par exemple faire un tour au 59, rue de Rivoli, au cœur de Paris 

THIBAUT MOINARD

 
Voir notre article Électrons Libres,
Investiture d'un immeuble parisien par des poètes urbains


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