2
Catherine Merdy
Exposition du 8 avril au 29 mai 2010
Vernissage le jeudi 8 avril à 19h
Bibliothèque Château d'eau
72 rue du Faubourg Saint-Martin
75010 Paris
Dans ses errances à travers les villes, Catherine Merdy collectionne les
instantanés de vie. L'appareil photo fait office de journal intime où elle
raconte sa propre histoire et celles de ceux qui l'entourent.
E
lle traque la vie à l'état brut, sans aucune mise en scène. Instantanés de
vies volés à la réalité des choses et des êtres, dans une errance personnelle au
travers des villes où je déclenche le plus souvent l’appareil de manière
instinctive, sans forcément viser, comme une paupière qui cligne,
Regards sur notre quotidien, sur ces décors urbains parsemés du langage imagé et
signifiant : pictogrammes colorés, sigles et signes codifiés, chiffres et
lettres, représentations figées et modelées du monde et des hommes, des règles
et des lois de notre société.
Dans ces détails banals, dans ces couleurs saturées, dans ces mouvements figés,
dans le flou, dans ces décadrages involontaires, l’artiste veux y voir et
révéler la poésie de la vie, celle-là même que l’on oublie si vite dans nos vies
urbaines et qui nous fait si souvent défaut.
La logique binaire du diptyque s’impose à elle naturellement. Ces 2 images
associées pour n'en faire plus qu'une sont autant de petites fictions intimes ou
collectives, les fragments possibles de scènes cinématographiques : un regard
très personnel sur notre monde contemporain.
Et dans la dualité de deux univers jusqu’alors séparés, de deux images qui
pourraient se lire “à part”, se créent de nouveaux rapports, connivence ou
affrontement où les couleurs et les formes s’appellent, se répondent, se
fondent, se fuient, où les mouvements s’opposent, s’associent, s’imbriquent ...
On pourrait expliquer le « 2 » par le simple fait qu’il s’agit de l’association
de deux images, mais le deux est partout aussi bien dans la forme que dans le
contenu : double regard, le mien, le votre ; la paire, le double, le couple, un
choix. Je joue de l’amBIvalence dans le deux en un, je m’amuse de l’amBIguïté
dans le sujet ou dans l’association. Je laisse le choix de DEviner les
différents DEgrés de lectures possibles et la possibilité à chacun de trouver un
DEvenir personnel à chaque composition.
Ces recompositions de la réalité sont comme des interrogations personnelles sur
le sens de nos existences dans une période paradoxale et plurielle où les
valeurs s’entrechoquent et où je me cherche et me retrouve dans l’apparence des
choses et des êtres que je photographie.
Elles sont surtout autant de lectures possibles et multiples d’histoires qui se
racontent à celui qui veut bien les regarder. Des histoires qui n’ont pas encore
eu lieu, qui vont avoir lieu, que rien ne pourra empêcher d’avoir lieu, les
histoires de nos vies.
Son œuvre photographique est fortement marqué par l’esprit de liberté qui
accompagne l’usage ludique de ce qu’elle nomme elle-même ses “toyscamera” : Lomo
LCA, Lubitel, Holga, Sténopé,... des appareils-jouets aux fonctions
rudimentaires pour une pratique qui va à rebours de la perfection technologique.
Ce travail a commencé en 2000. Etrange coïncidence que cette date, sans doute
aussi, tout un symbole : un chiffre si clair, un deux suivi de trois zéro…
Catherine Merdy a fait des études cinématographiques à l’Ecole Nationale
Louis-Lumière, Caméraman et photographe, elle vit et travaille à Paris.
Après une résidence à Beyrouth au mois de mars 2005, elle poursuit son travail
dans des villes étrangères et élargit son champ d’expérimentation à d’autres
cultures.
Catherine Merdy a obtenu en 2000 le prix FNAC Attention Talent Photo.
Elo B