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CHOMO
La transgression aboutie

(1907 - 1999)

Parfois, les émissions de télévision révèlent des documents dotés d'une singularité marquante. Cela peut se produire, par la bienveillance du hasard, sans télécommande ni consultation préalable de programme. Ainsi, au milieu des années 70, les téléspectateurs français découvrirent avec étonnement avant un jt ou après un film (à moins que cela ne soit l'inverse) un reportage axé sur un curieux personnage dénommé CHOMO.

Cet artiste-ermite avait décidé de vivre volontairement reclus dans la forêt de Fontainebleau.
Au fil de ce court-métrage, Chomo explique, maugrée et calligraphie avec jubilation son orthographe « tou se qui e bo e tun pieje-- ». Ce, quel que soit le support d'inspiration du moment. 
Cet Hubert Reeves de l'art brut, par delà les ressemblances physiques liées à l'incontournable barbe blanche prophétique, disposait également d'un remarquable talent de vulgarisateur…de ses propres œuvres.
Attention toutefois aux catégorisations réductrices. Œuvre Préludienne, selon la dénomination de son créateur au lieu d'art brut préciserait en effet de manière plus significative face à quoi nous sommes confrontés en la circonstance.
En lieu de repère supplémentaire il convient d'imaginer quelques séquences annexes non filmées dans le documentaire télévisé. 
Ainsi, le sieur Chomo en question peut apparaître subitement au détour d'une lisière.
À l'aube ou au crépuscule, qu'importe, d'un automne francilien. Comme cela fut probablement le cas de nombreuses fois, le voici porteur d'un arbre à cames oxydé récupéré dans une ornière. Son autre main brandie fièrement une branche de bois pourvue de courbures fantasmagoriques que lui seul, pour l'instant, discerne. Son visage de sexagénaire est orné du sourire espiègle des enfants "qui savent mieux" que les adultes.
Ainsi exista Chomo, chef du "Village d'Art Préludien".
Celui-ci regroupe les bâtiments que le Sage de Fontainebleau construisit afin d'abriter ses créations qui incluent un grand nombre de sculptures. 
Cet artiste fut pluridisciplinaire et conceptualiste sans attendre -fort heureusement- que ces termes appartiennent à la phraséologie des lieux communs contemporains en vigueur.
Car Chomo recyclait. Tout. La devise de ce personnage pour le moins singulier aurait pu s'intituler: Rien ne se perd; tout se crée.
Il composa en effet des pièces de musique électronique dont la plupart étaient diffusées dans son sanctuaire. Un ingénieur du son lui offrit même avec pertinence du matériel technique. 
Bien entendu, commettre des tableaux lui fût un réflexe naturel.
Ses poèmes, rédigés en français courant, eux, irisent les raies spectrales d'une âme parfaitement avertie de la provenance des barreaux, fussent-t-ils en chêne, qui ceignent sa liberté : « À ceux qui rentrent le soir couverts de terre dorée…aux têtes penchées quand se couche la lumière là-bas où la pensée et la mémoire se perdent ».

Déduire que Roger Chomeaux dit Chomo, ex-lauréat des Beaux-Arts de Paris et courtisé un temps -sans succès- par le centre Georges Pompidou, récusa entièrement la société relève naturellement du truisme le plus élémentaire. 
Le degré de transgression vécu par ce créatif appartient à une catégorie de dépassement de soi et de l'Autre amplement supérieure à de simples principes de récusation. 
Même si Chomo, selon ses proches, "crevait parfois de solitude", une volonté inaltérable et une merveilleuse inconscience maintirent le cap alchimique que ce druide moderne sut fixer, de facto, une fois pour toutes à son existence.
Et puisque nous voici parvenus à un seuil de considérations d'ordre magique voici de quoi faire un saut, quelque part ; les grands desseins aboutis valant souvent mieux que les trop longs textes:

Village d'Art Préludien
Sens Paris>Province
A6 sortie Ury puis Achères la Forêt
À la sortie d'Achères direction Vaudoué sur 500m.
Attention! Sanctuaire menacé d'engloutissement par de sombres maelströms dont certains d'ordre fonciers.
Thibaut MOINARD

http://zon.art.free.fr

www.hallesaintpierre.org

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