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Il
n’existe aucune volonté d’investigation ethnographique, sociologique
ou didactique dans la série de tableaux d’Etienne CENDRIER représentant
des signifiants humains dotés majoritairement de remarquables pigments
bruns que la nature, dans son éclectisme créatif, décida de localiser
originellement sur le continent dit « noir » .
Cette
introduction soulève probablement en cet hiver 2001 l’interrogation
suivante : « mais alors, que veut exprimer ce peintre ?
La figure, ce thème rebattu ? »
Tous
les tableaux ne se dévoilent pas impudiquement au premier regard. Ce
principe s’applique d’ailleurs aux modalités exquises de l’amour
courtois.
En
effet, la joaillerie intimiste d’une peinture qui ne prétend, rien de
moins, que refléter une aire précise des foisonnements multicolores de
l’imagerie mentale mérite, elle aussi, un décryptage protocolaire
hautement sensible.
Une
méthode appréciative de l’œuvre d’Etienne CENDRIER consiste en ce
sens à observer, par exemple, les peintures supposées rituelles ornant
les visages et les corps dénudés appliquées par leur créateur.
Celles-ci ne détiennent, contrairement aux apparences, qu’une
codification fort évasive. Il
s’avère effectivement, selon sa confidence, que ce peintre parisien
appose parfois ces ornements
sur ses modèles, in vivo et à leur grand enchantement, sans avoir nécessairement
puisé ses références dans une source formelle du type de l’Illustration
de la grande époque.
Ces
décorations existent donc essentiellement vis à vis de leur plasticité.
Considérés
par l’intermédiaire de ce prisme analytique, les travaux de CENDRIER
doivent eux-aussi être perçus comme l’émanation de recherches
strictement esthétiques.
Il
en résulte que ces Êtres impeccablement peints, CENDRIER cite VERMEER
parmi ses références de perfectionnisme inspiré, amplifient
merveilleusement leur espace
pictural
initial, cadré, et deviennent littéralement animés. Ce, par une cinétique
envoûtante dont les translations vertigineuses nous rappellent subitement
que les strates composant la chape de morale et de sur-civilisation dont
nous sommes tous parés comportent, malgré tout, une fenêtre, de
tir, diraient les astronomes, à travers laquelle il existe toujours le
privilège de contempler les fondements architectoniques troublants de
l’âme humaine.
Etienne
CENDRIER appartient à cet aréopage admirable de peintres qui polissent
au fil aiguisé des siècles les structure cristalloïdes de ce miroir
sans tain.
Thibaut
MOINARD
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