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Dans une jauge dénoyautée, une projection laser diffuse les jeux de
lignes et de courbes sous le rythme enivrant de ces spirales et de
ces chorégraphiques visuelles. Le ruban d'une danse " laser " fore
le planisphère de l'écran. Les boucles hélicoïdales vrillent
l'assourdissement vibratile d'une composition électrique. Certains
grands enfants s'amusent à toucher ou à saisir les faisceaux rouges,
verts, blancs et bleus. Le motif délicat vrombit le décollage du cap
visuel. La progression d'un mobile appelé " son " catapulte les
lumières sidérales devant les yeux et les oreilles époustouflés par
ces déferlantes combinatoires insomniaques. Des deux coins de la
salle, les installations fusent le survol du parterre médusé. Les
fumigènes se déchargent pour capter les phases projectives.
Comment un tel prodige visuel d'anneaux et de cerceaux lunaires peut
s'ébattre dans des trajectoires survoltées ? Flash de rayons qui
découvrent l'obscur dans les mailles d'une exécution magistrale.
L'abstraction se noie dans le luminaire des sillons sonores. Sous la
voûte des salamandres et des carpes, le filage des traits continus
inonde les friches de la vacuité obscure. Les spectateurs s'asseyent
en tailleur, d'autres visualisent debout la puissance programmatique
du lasso numérique. On peut que féliciter cette exceptionnelle
visualité de l'imaginaire formelle. Les structures arrondies comme
des cercles dépiautés courbent et déroulent l'extension angulaire du
pli détaillée sans fin. Le plus magistrale, c'est qu'une même source
crée l'image et le son en temps réel. Le travail de Van der Heide se
caractérise sur l'exploration du matériel pour développer des
qualités vibratoires. Le terreau artistique de cet "
inventeur-artiste " puise sa principale inspiration dans la musique
électronique. Tel un Ryoji Ikeda ou le groupe électro-expérimental
Autechre, mais avec des constellations figurales. Cette avalanche de
sondes acoustiques perfuse des coups d'adrénaline et des ellipses
boréales. Fascination et expectative pulsionnelle garanties. Van der
Heide, un nom à retenir.
Dimitri Jageneau
mars 2006
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