David
Lynch
s'expose à Paris
THE AIR IS ON FIRE
Exposition jusqu'au 27 mai 2007
Fondation
Cartier pour l'art contemporain
261 bd Raspail - Paris 14e
Si David
Lynch est célèbre pour ses
films, l'ancien étudiant des
Beaux-arts de Philadelphie a
toujours dessiné, peint et
photographié. Pour découvrir cet
aspect méconnu de l'artiste, une
partie de ses œuvres est exposée en
ce moment à Paris.
D
u 3 mars
au 27 mai, la Fondation Cartier à Paris ouvre ses
espaces à David Lynch pour une
exposition inédite. L'artiste y
présente une importante sélection de
ses œuvres graphiques jamais
dévoilée jusqu'à présent. Intitulé
The air is on fire,
l'événement nous fait entrer dans
l'univers lynchéen par une autre
porte que celle du Septième art.
L'ambiance mystérieuse, marque de
fabrique des films de
Lynch, est aussi présente dans
le reste de son Oeuvre. Dès que l'on
pénètre l'immeuble de verre du
boulevard Raspail, on a déjà
l'impression d'être ailleurs. Le
parcours sensoriel proposé par
Lynch débute par le grand hall
où sont accrochées ses derniers
travaux. La mise en scène faite de
structures monumentales en acier,
drapées de rideaux ou recouvertes de
toiles peintes, englobe le
spectateur dans l'espace. Des
peintures sombres évoquant la perte
de l'innocence à travers les
aventures d'un dénommé Bob aux
œuvres représentant des personnages
à taille humaine vêtus de vrais
habits et brandissant des objets
réels, l'assemblage laisse libre
cours à l'interprétation de chacun.
Dans ce labyrinthe, graphismes et
sons s'entremêlent afin d'égarer le
spectateur. Plus loin, des tableaux
sombres chargés d'une violence
énigmatique déclinent le motif de la
maison avec ses résonances
inquiétantes. Autour de ses toiles,
plus de 500 dessins, esquisses et
notes, conservés par David
Lynch depuis son adolescence
sont exposés. Sur des supports
parfois atypiques comme des Post-it
ou des serviettes en papier, les
images semblent être le témoignage
de la pensée de l'artiste en pleine
ébullition.
Le spectateur poursuit ensuite sa
visite au sous-sol où l'attendent
une séries de photographies en noir
et blanc. On y retrouve les sujets
de prédilection de
Lynch : les femmes et les
paysages industriels. D'autres
dessins et quelques aquarelles sont
aussi dispersées dans la pièce,
tandis qu'au centre, une petite
salle de projection conçue par David
Lynch s'inspire de son premier
long-métrage Eraserhead
(1977). Le spectateur peut
s'installer sur les fauteuils et
assister à la projection de
plusieurs courts-métrages du
cinéaste dont The Grandmother
réalisé en 1970.
La dernière étape de ce voyage à
travers l'univers Lynchéen est assez
étonnante. Le visiteur est invité à
entrer littéralement dans un dessin
de David
Lynch. C'est un décor de salon
aux couleurs jaunes saturées,
réplique grandeur nature d'un dessin
de l'homme. Enfin, un long couloir
orné d'une moquette rouge mène vers
la sortie de ce dédale artistique.
Le visiteur reprend alors
conscience, il vient de vivre une
expérience inédite. Et de fait, s'il
a pu se plonger dans l'univers
lynchéen par des films mystérieux
comme Inland Empire, avec
cette exposition, il pénètre un peu
plus les abîmes d'une œuvre à part
entière faite d'exploration des
formes nouvelles.
Lynch montre ainsi l'étendue de
son talent et prouve sa qualité
d'artiste total.
Viviane Chaudon