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La
FIAC s’est déroulée cette année sous une forme que l’on peut
considérer comme très satisfaisante.
L’an
passé, le thème imposé des « 200 One Man Shows » avait
suscité de vives réactions de la part de certains marchands et de
nombreux débats. Cette fois, le comité de sélection de la FIAC a mis en
place une formule plus souple, plus conciliante, laissant aux galeries le
choix entre « one man show » et « group show ».
Il
en résulte une unité moins grande par certains aspects (la formule de l’an
passé permettait aux visiteurs de découvrir chaque artiste d’une
manière plus approfondie), mais globalement, on peut dire que même les
galeristes ayant opté pour le « group show » se sont
efforcés de créer une unité au sein de leur stand : ainsi, on
retiendra en particulier le stand de la galerie Jérôme de Noirmont,
entièrement dédié au thème du « Mémento Mori », mais
aussi celui de la Galerie de France consacré au dessin et l’avant-garde
chinoise chez Chinese Contemporary.
Parmi
les One Man Shows particulièrement remarqués, on aura noté, entre
autres, Richard Misrach exposé par la galerie Hue-Williams de Londres,
Philippe Cognée chez Alice Pauli (Lausanne), Oleg Kulik et Pierrick Sorin
chez Rabouan-Moussion, Joseph Beuys à la Galerie Tendances, et enfin
Philippe Favier chez Guy Bärtschi.
D’autres
subdivisions ont été maintenues au sein de la FIAC, au-delà de l’alternative
entre « group » et « one man show » :
Perspectives est un secteur soutenu pour la seconde année par la
société Ricard, qui concerne 14 jeunes galeries exposant l’art le plus
actuel, tandis que le secteur Editions a concerné cette année dix stands
proposant multiples, gravures, lithographies…
La
grande nouveauté de cette année a résidé dans la création de l’espace
« Vidéo Cube », entièrement consacré à l’art vidéo. On
a pu ainsi découvrir dans de bonnes conditions de présentation les
œuvres de Anri Sala, Véronique Boudier, Roderick Buchanan, Isabelle
Lévénez... soit un total de huit bandes.
On
a pu voir cependant certaines réticences s’exprimer quant à la
pertinence d’un tel espace : Geneviève Beerette du Monde trouvait
par exemple étrange le fait d’avoir demandé « à un comité de
professionnels de sélectionner les propositions des galeries et de faire
payer les stands du Cube par les galeristes dont les artistes ont été
retenus, et qui ont par ailleurs un stand », ces remarques étant
effectivement légitimes. On s’est plaint également du nombre d’œuvres
sélectionnées, très faible au regard de l’abondance de la production
vidéo actuelle.
Enfin,
la FIAC nous a tout de même fourni cette année un panorama extrêmement
riche de la création contemporaine, riche en artistes reconnus ou à
découvrir.
Il
en est ainsi des photographies de Cindy Sherman à la galerie Metro
Pictures, de Jean-Marc Bustamante chez Obadia, de Nan Goldin chez Yvon
Lambert et Jay Jopling ou encore de Sugimoto chez Rodolphe Janssen.
En
matière de peinture, les œuvres de Philippe Cognée, Thomas Sanchez,
mais aussi Gérard Garouste ont connu un certain succès, tout comme de
grands noms historiques tels Picasso, Dubuffet, Matisse, Miro ou Léger.
Ces
grands artistes historiques ont côtoyé la jeune création représentée
entre autres par Pierre Ardouvin et Philippe Ramette.
La
création contemporaine asiatique et latino-américaine fut assez bien
représentée, illustrant la vocation internationale de la FIAC.
C’est
donc à la fois la variété des artistes et des techniques présentées
qui constituent l’intérêt de la FIAC en général, mais aussi cette
capacité qu’elle a à sélectionner chaque année des galeries de
qualité capables par là-même de créer des expositions d’une assez
grande unité.
Florence
Cheval
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