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Ghass Rouzkhosh est artiste depuis 20 ans. Après 2 ans de guerre en Iran, sa vision de la société change. Depuis 10 ans, il n'utilise plus que 3 couleurs : le rouge, le noir et le
blanc; sans mélange. Le rouge lui a été inspiré par la couleur du ciel après un bombardement, le noir
par les arbres calcinés. Sa palette montre la souffrance des gens. D'ailleurs, il dit lui-même, il n'est pas plus fort que la nature, alors pourquoi rivaliser avec elle dans une profusion de
couleurs?
Le leitmotiv de Ghass Rouzkhosh est une simple interrogation : pourquoi l'homme fait-il souffrir les autres ainsi ? Il s'explique :
« Je ne fais pas de la peinture gentille. Je veux donner la parole aux gens qui n'ont pas la possibilité de parler, car la souffrance appartient à tout le monde. Je crée des reliefs pour que les gens puissent caresser les toiles, pour qu'elles soient accessibles à ceux qui ne voient pas. Ca donne aussi un rythme à la peinture. Mes cadres sont découpés, torturés, détruits comme la société. Je représente les actes de l'homme pour qu'il en assume les conséquences, pour montrer son côté égoïste, obscur et invisible. Mon œuvre est un ensemble ; il n'y a pas d'individualité, d'élite ou de pays visés. Elle reflète la parole des gens, quel que soit l'individu, la couleur ou le pays. C'est leur message, pas le
mien.»
La peinture de Ghass Rouzkhosh ne laisse pas indifférent. Malgré cette profusion de rouge, on ne ressent aucune agression. Chaque toile apporte un message d'incompréhension ou de paix et guide le visiteur
« sur le pont qui relie les hommes entre eux à travers le passé, le présent et
l'avenir. »
Céline
Berger
Avril 2002 |