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Pour
la trentième édition du Festival d’Automne, l’américaine Jenny
Holzer présente une installation dans le chœur de la Chapelle
Saint-Louis de la Salpêtrière. Celle-ci consiste en un pilier de 36 mètres
de haut, orienté vers les points cardinaux, sur lequel défilent, en français
et en anglais, des extraits
de ses textes.
Ces
extraits sont issus des textes qu’elle a inscrits dans ou sur divers
espaces depuis ses débuts. Les mots sont constitutifs de l’œuvre
de Jenny Holzer. Et si elle refuse d’être considérée comme un écrivain,
elle reconnaît être issue de l’art conceptuel incarné par Joseph
Kosuth, à cette différence près que Kosuth utilisait le langage comme
reflet tautologique de l’art, alors que Jenny Holzer, de son côté, se
réfère au monde qui l’entoure. Elle cherche par ce biais à produire
une critique –parfois violente- de la réalité.
Ainsi,
« Truism » date des années 1977-79 et consistait en plus de
deux cent aphorismes écrit au Bic sur papier, imprimés puis placardés
dans les rues de Manhattan. Comme dans les textes qui suivent, Jenny
Holzer cherche à refléter l’idéologie politique, consumériste et
populaire ambiante, reprenant le style des « phrases-choc » chères
aux médias sur un ton assez provocant.
Entre
1978 et 1982, elle compose les « Inflammatory Essays », puis
« Living » (1980-82), « Survival » (1983-85) etc,
qui seront désormais présentés en grand format sur des écrans lumineux
(comme à la Salpêtrière), projetés sur des bâtiments, gravés dans la
pierre ou coulés dans le bronze, et exposés dans le monde entier.
Avec
Lustmord (1993-95), elle utilisera le corps humain comme support de ses
textes traitant des viols commis durant la guerre en ex-Yougoslavie, écrits
à la fois du point-de-vue de la victime, de l’observateur et du
violeur…
Puis
vinrent « Erlauf » (1995), « Arno » (1996),
« Blue » (1998) et enfin « OH » (2001), ce dernier
étant présenté jusqu’au 30 septembre 2001 au CAPC de Bordeaux.
« OH » évoque l’adolescence, la grossesse, la naissance,
les rapports mère-fille… le texte investit la nef du musée, recouvrant
le sol de longues bandes de panneaux lumineux, ne se rendant lisible que
depuis les mezzanines.
A
la Salpêtrière, les phrases défilent sur le pilier selon un chemin
ascendant, s’arrêtant parfois pour rendre les mots plus lisibles… là
aussi, le texte ne se dévoile que progressivement.
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