La
création contemporaine
en ex-Europe de l’Est
Galerie
Nationale
du Jeu de Paume
Mémoire,
Histoire, Biographie :
8 février – 2 mars 2000
Réalité
sociale, Existence, Politique :
14 mars – 9 avril 2000
Enigme,
Secret, Esotérisme :
21 avril – 19 mai 2000
Projet,
Utopie, Construction :
31 mai – 21 juin 2000
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Galerie
du Jeu de Paume Paris
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Après
que le rideau de fer est tombé et tandis que le rideau économique est
en train de tomber, il persiste le dernier rideau, le plus difficile à
soulever – le rideau discursif. Depuis le concept de « l’autre
Europe », que Milosz a forgé, les notions d’autre et de moitié
restent intimement liées à la représentation discursive de
l’ex-Europe de l’Est pour exprimer la complexité de la situation même.
Car, si « autre » évoque l’idée du double, suggérée
par la relation entre je et l’autre , « moitié »
renvoie déjà à l’idée de l’entité. Et tandis que l’Ouest préfère
maintenir ce concept dans sa quête de « l’autre en moi »,
mais qui se révèle souvent une assimilation de l’autre en soi, l’Est
de l’Europe vit son énième crise identitaire dans la conscience
d’une « Europe kidnappée », selon l’expression de
Kundera. Aussi, est-il clair que cette « autre » moitié de l’Europe est avant tout
historiquement et culturellement hétérogène, et ne peut être
comprise comme une entité (Le Petit Journal de l’exposition)
aussi bien qu’il existe un passé partagé qui impose, en dépit de
tout désir d’oubli, une histoire commune.
Rendre
compte de la hétérogénéité en
refusant toute idée d’appartenance nationale ou traditionnelle
(Le Petit Journal) et gardant l’idée d’une certaine unité, celle
de l’autre moitié de l’Europe, se révèle alors une tâche bien
difficile. Or, en cela consiste précisément l’ambition de
l’exposition, organisée par la Galerie nationale du Jeu de Paume :
proposer une vision d’ensemble
sur l’activité artistique en Europe de l’Est et faire ressortir ce
que le langage de chaque artiste a d’universel et de singulier (Le
Petit Journal). Rassemblées
en quatre volets thématiques, les œuvres de quelques quarante
artistes sont appelées alors à révéler la réalité secrète de la mémoire,
donner une alternative à l’histoire en la démythifiant, créer une
utopie par laquelle l’interrogation métaphysique prend sa revanche
sur le réel, manier l’énigmatique pour que la vérité apparaisse.
La diversité thématique est suivie, ou peut-être même provoquée,
par une recherche ouvertement formelle. La photographie, les « ready-made »,
les installations, l’utilisation de la vidéo et la projection de
diapositives dessinent ainsi l’environnement technique à travers
lequel l’art contemporain en Europe de l’Est cherche son propre
chemin.
Dessislava
Yougova
mars 2000
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