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Le Pop -Réalisme est une
tendance qui connaît un bref succès aux Etats-Unis.
A sa tête, Mark Ryden, célèbre pour la couverture de l’album «
Dangerous » de Michael Jackson, et que s’arrachent les
collectionneurs branchés et stars hollywoodiennes. Ses acolytes,
Marion Peck et Eric White, le suivent de près. Dévoilant leur
univers intimiste ces artistes ont la volonté de toucher le
subconscient qui sommeille au plus profond de nous.
Dans la même lignée, Ray Caesar, Sas Christian, et Erwin Olaf,
donnent leur vision du monde d’aujourd’hui avec un graphisme étrange
et à la limite du surnaturel.
Une nouvelle génération explosive est née.
Les trois artistes ont un point commun : une vision désenchantée du
monde.
Leur iconographie respire le mal être, le malaise de la société.
Malgré des couleurs pop qui attirent l’attention, les personnages
ont le regard vide ou la larme facile. Pourtant, ces images
fascinent car justement elles représentent notre quotidien avec un
regard peu commun.
Finies les représentations niaises ! Les drôles de petites filles
délurées de Ray Caesar apparaissent démoniaques ou au contraire
plongées dans la rêverie. Attiré par l’art de Frida Kahlo et de
Salvador Dali, cet artiste, né à Londres, avoue être hanté par le
monde hospitalier. En effet, il a travaillé au département Art et
Photographie de l’Hôpital des Enfants malades de Toronto pendant de
longues années. Cette expérience l’a beaucoup touché et d’une
certaine manière il s’y référencie dans son œuvre, ne pouvant
l’oblitérer. Réalisant ses modèles à partir d’un logiciel numérique
en trois dimensions, il crée alors des êtres très réalistes par
l’apport de la photographie avec laquelle il joue sur un effet
d’ombre et de lumière.
De grands yeux soudain nous observent, une bouche charnue fait la
moue. Froides, sont les jeunes filles esquissées par Sas Christian,
artiste également originaire de Londres qui se plaît à portraiturer
des visages pales au regard couleur de verre.
Figées dans leur posture, on est mal à l’aise face à cette
observation constante quasi incessante. Si bien que l’on ne sait
plus qui est le regardeur. Un travail étonnant réalisé à l’huile où
elle puise son inspiration dans les films, la musique et la vie de
tous les jours.
Se démarquant par le choix de la photographie, Erwin Olaf,
néerlandais et notamment vidéaste, met en scène la vie américaine.
Dans des lieux triviaux, hommes ou femmes sont debout, stoïques,
comme s’ils venaient à l’instant d’être photographiés. Le temps est
comme suspendu, il ne semble plus avoir un souffle de vie. Terrain
de basket, salle à manger, salon de coiffure, tout est sinistre. Les
images sont magnifiques par leur sobriété et leur précision. Un
souci du détail paraît hanter l’artiste car tous les éléments sont
rangés soigneusement à leur place. Une recherche de l’esthétisme qui
classe ces photos au panthéon de l’énigmatique.
Ames sensibles s’abstenir ? Quoiqu’il en soit le Pop-Réalisme est
bel et bien ancré dans notre société. Cinglant, sanglant, déroutant,
il ne laisse pas de marbre.
Ces artistes n’ont pas froid aux yeux et sèment un vent de nostalgie
dans un monde de brut.
Juliette Couderc
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