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Roberto Matta, l'une des dernières figures du surréalisme de la grande époque, vient de rejoindre en novembre 2002, à 91 ans, un monde quelque peu… moins réel. Il fut un jeune peintre, peu satisfait de ses études d'architecte, qui s'exila de son Chili natal vers l'Europe et ne tarda pas à côtoyer Picasso au moment même ou celui-ci réalisait Guernica…

 

TU ES SURREALISTE !

 



Matta / "Morphologies Psychologiques". Le nom propre et l'appellation resteront à jamais associés dans l'histoire de l'art. Ainsi qu'une citation - profondément philosophique-: "Le fait que l'homme pense qu'il peut comprendre les phénomènes est une hallucination."
Cette constatation annoncée, il restait probablement à son auteur le choix entre le renoncement, la corde…ou la mise en forme picturale de l'hallucination en question.
Roberto Matta Echaurren, né à Santiago du Chili en 1911, opta… pour la peinture. Présenté quelques décennies plus tard par Dali à Breton, celui-ci officialisa son intronisation en scandant: "tu es surréaliste!". Bien que sa participation plastique et littéraire aux activités du groupe parisien fut active, Matta qui disposait déjà de sérieuses notions d'expatriation vis à vis d'un territoire prédéterminé, eut toute sa vie une défiance certaine face aux catégorisations dont il risquait de devenir affublé. Sa peinture, si il en est, reflète particulièrement ce sens de l'extraterritorialité. Car les mondes représentés par Matta proviennent d'un univers volontairement défini, cette fois-ci, le sien. Il n'y a, en apparence, pas de résurgence d'une enfance traumatisée, d'une vie de bohème problématique ou d'une fin d'existence alcoolisée chez le créateur de "To escape the absolute" (1944). Ceci ajoute un mystère supplémentaire à l'œuvre de Matta. Ce peintre, résolument optimiste et doté d'un humour vif particulièrement apprécié par ses proches proposa des formes issues d'espaces certes inédits mais qui ne sont pas nécessairement inquiétants. Nadar, en son temps, utilisa les montgolfières pour décrire et cartographier paisiblement et à distance les paysages qui s'offraient à lui. Matta semble procéder d'astuces identiques pour reproduire ses visions mentales. Il en résulte une peinture nettement plus abordable qu'il ne semblerait en apparence et dont la cohésion d'ensemble semble soutenue, malgré tout, par une…architecture discrète mais fort efficace. Il est donc apparemment malaisé de renier sa formation d'origine. Mais quand celle-ci constitue l'ossature de toutes les extravagances, le vieil adage: "maîtriser d'abord la technique pour faire ensuite ce que l'on veut" prend une fois de plus avec Matta tout le relief de sa pertinence.
Si l'œuvre de Matta fut moins prolifique à partir des années cinquante son engagement politique devint en revanche assez actif. Outre sa révolte affirmée contre Pinochet, il se dressa contre la torture en Algérie et fit quelques coups d'éclats en 1968 particulièrement en transférant une partie des ses tableaux alors exposés vers une usine dont les ouvriers étaient en grève. Un acte… surréaliste engagé de plus, en somme.

Thibaut Moinard

à visiter: www.matta-art.com

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