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Picto : Lost World, Saadane Afif Picto : Batman, Virginie Barre Picto : Vacances, Groupe Kolkoz

NOTRE HISTOIRE - Exposition au Palais de Tokyo
13, av. du Président Wilson - Paris 16e
Jusqu'au 7 mai 2006

Le Palais de Tokyo débute l'année 2006 avec une exposition étonnante. La génération des artistes du XXIe siècle, montre sa capacité à décrire le monde et ses failles par le biais de divers apports artistiques : vidéo, peinture, installations.
À leur manière, ils s'expriment et s'insurgent.
Avec leur propre moyen, ils racontent leur Histoire et la nôtre.

Où commencer lorsque l'on rentre dans le Palais de Tokyo ? Gigantesque il s'est transformé en un terrain miné, presque dangereux. Les nouveaux envahisseurs ne sont qu'en autre des artistes et leurs toiles, symboles de la décadence sociale, ou, au contraire, révélatrices d'un monde en perdition. De l'espoir ? Difficile d'en voir et d'en constater…Mais poursuivons.

Cette exposition est une perpétuelle interrogation et un petit cabinet de curiosité.
D'abord, on déambule, on regarde d'un bref coup d'œil. Il est nécessaire de revenir sur certaines œuvres. Puis, en s'arrêtant attentivement on commence à comprendre le message qu'on veut nous faire passer. Un jeu s'opère lors de ce parcours artistique, car le spectateur participe. Oui, le plus frappant c'est qu'il s'active, emprunte des passages pour rechercher une œuvre.

Il y a cette carcasse d'avion, réalisée par Adel Abdessemed qui se réfère aux incidents produits ces dernières années. Tourner autour de cette sculpture donne des frissons. Moins rassurantes, les matraques de Kader Attia, déposées sur un mur blanc, matérialisent la violence policière ou la violence en général. De loin, drôle d'effet, l'ensemble paraît abstrait.

Dans le même registre, le monde perdu, Lost world  de Saâdane Afif, où un trou béant en activité ne cesse de tourner, annonce de mauvais présages.

Tout fait de société est relaté par ces artistes qui ont su observer.

Dans une autre pièce : la pollution et autre menace envahissent la planète. La chambre enfumée de Leandro Elrich est si réaliste ! Un véritable fumoir repoussant ! Quant au nuage vaporeux de Laurent Grasso, il suffit de s'avancer puis de reculer légèrement pour découvrir qu'il nous poursuit.

La sculpturale ossature d'Abdessemed (seconde œuvre de l'artiste) laisse perplexe, métaphore de la vie ou de la mort ou bien les deux ?

Quant au caddie bien rempli de Mathieu Lorette, il rappelle notre trajet de consommateur perpétuel et malheureusement dévoué. Réaliste et triste. Cependant, une vidéo explicite montre l'artiste qui tente de trouver une solution.

Certains vidéastes et photographes partagent la même opinion, retranscrivant à travers leurs iconographies fixes ou mobiles, les injustices et les inégalités entre chaque pays.

Wang Du, enfin, par ses papiers dispatchés par terre, démontrent le pouvoir des médias envahissants.

Mais n'allez pas croire qu'il n'y a que du pessimisme. Non, ces artistes témoignent.
D'autres rêvent à travers un monde fantastique. Le Batman, au ventre rebondi, de Virginie Barré, survolant les airs, fait décocher un sourire car finalement il perd son côté super-héros pour entrer dans la banalité de la représentation du corps humain.

Le mur à la tonalité rose dominante et aux allures de manga de Michael Lin, apaisent nos sens. Les vacances du groupe Kolkoz, réalisées comme un jeu de Psp, remémorant les Sims, apporte de la gaîté.

Les aquarelles de Rebecca Bournigault sont tout simplement belles. Son dessin, empreint de réalisme, reflète l'être humain. Les personnages, sous forme de portraits, expriment d'un regard leur intériorité.

Touche fantaisiste, cette petite cabane de Fabien Verschaere. Y pénétrer c'est s'imprégner de ses rêves et de leurs magies.

Art Minimal, Pop, hommages à l'ancienne avant-garde picturale, la génération nouvelle n'oublie personne. Qui a dit que la jeunesse était si insouciante et si confiante ? Cette exposition est un bilan réfléchi et démontre qu'elle se sent concernée par son avenir. L'art est tout simplement l'arme la plus efficace qu'ils aient trouvée. En voilà une belle leçon de morale.!
 

Juliette Couderc

 

L'exposition :

Prolongation jusqu'au 25 mai 2006 au Exposition au PALAIS DE TOKYO
13, av. du Président Wilson - Paris 16e

En savoir plus :

Site du Palais de Tokyo

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