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Du 17 au 20 novembre 2005 se sont rassemblés au Carrousel du Louvre
106 galeries et éditeurs venus de 14 pays, célébrant la 9ème édition
du salon Paris Photo.
Tous les passionnés de photo s'y sont présentés, amateurs comme
professionnels, autour d'images mythiques et de création
contemporaine.
L'Espagne était l'invité d'honneur et y fut représentée par une
scène résolument sensuelle, et plus que vivante.
Le plaisir qu'on éprouve à visiter ce Salon revient à celui de
feuilleter un livre d'Histoire de la Photographie, plaisir décuplé
par la consultation et l'admiration d'un tirage d'Alberto
Garcia-Alix (pour citer un artiste espagnol ; La Communad de
Madrid, fond photographique), d'une photographie d'Edouard Baldus
(Galerie Daniel Blau, Munchen) datant de 1854, ou encore devant les
portraits d'enfants de
Loretta Lux
(Galerie Yossi Milo, New York).
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Cette année je fus moins candide face à tous les chefs d'œuvre
connus de Jean Lou Sieff, de
Doisneau, ou encore de
Berenice Abbott ; la création contemporaine, et surtout la
couleur m'ont attiré : je cite donc
Lise Sarfati (Galerie Yossi Milo) et Géraldine Lay
(Galerie Le Réverbère, Lyon) pour leur images oniriques sans aucun
artifice, Alex Ten Napel (Galerie Ton Peek Photography,
Utrecht) pour ses portraits " Badgasten " en plan rapproché
d'enfants sortant de l'eau, les yeux rougis par le clore ; les
portraits cette fois ci en pied et en grand format (120x65 cm) de
Christian Courrèges (Galerie Baudouin Lebon, Paris) représentant
des personnages ecclésiastiques, posant religieusement (sic) sur
fond neutre et arborant toute leur fierté, leur sagesse ou leur
hermétisme, tout dépend du point de vue du spectateur…
D'un autre genre, les formats carrés de
Mona Kuhn
(Galerie Jackson Fine Art, Atlanta) la plupart du temps composés de
corps jeunes et dénudés, de contre jour chaleureux et de soleil
caressant : toute son œuvre est empreinte d'une sensualité à fleur
de peau.
A noter la scène des années 70, du photographe Mitch Epstein
(Galerie Jackson Fine Art) et de ses images de Californie (Stephen
Shore était présent évidemment), de Carlos Pérez Siquier
(Galerie Kowasa, Barcelone) avec sa série " Color del sur ",
misant sur le gros plan de scènes de plage, comme celui d'un maillot
étriqué (ou trop bien rempli), et enfin côté allemand, de Jürgen
Klauke (Galerie Clairefontaine, Luxembourg) et de sa série " Dr
Mûllers sex-shop oder so stell ich mir die Liebe ", une dizaine de
petits tirages érotiques.
En noir et blanc sont à découvrir d'une part Alison Jackson
(Galerie Julie Saul, New York); on peut observer le Roi Philippe,
attentif, examinant une photographie de Marylin, cette dernière
posant, lascive, une main glissée entre ses propres cuisses. La 2e
photo nous présente la Reine Elisabeth dans son lit (= sans
chapeau), prenant son petit déjeuner servi sur un plateau et
accompagnée de son chien. Cette photographe nous offre un aperçu de
la vie privée de grandes figures, vues habituellement dans des
situations officialisées.
D'autre part le nom de Deborah Luster (Galerie Catherine
Edelman, Chicago) est à mentionner : elle a réalisé une série de
portraits de prisonniers en Louisiane, mais aussi de tout le
personnel travaillant dans l'univers carcéral ; un reportage très
humain, sans mise en scène, en petit format.
Enfin, une grande place a été faite à la " nouvelle école
documentaire ", avec des photographes comme
Barry Frydlender et ses vues prises en Israël, ou encore d'Edward
Burtynsky et ses paysages industriels réalisés en Chine.
Avec une participation de 72% de galeries étrangères, ce salon
cosmopolite grand public conforte sa position de rendez vous
immanquable et affirme qu'il y a un marché de la photographie flo-ri-ssant.
par
Lorraine Karleskind
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