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C’est en 1932 que Pierre Verger s’initie à la photographie,
indissociablement liée à ses voyages.
La Galerie VU présente ses images du Brésil des années 50 ; des
tirages contrastés dévoilant la qualité esthétique de l’œuvre de
Verger. Jeux d’ombres et de lumière, contre-jours, Verger sait
manier la lumière dans un pays où elle est chaude et cuisante.
L’exposition nous montre un reportage léché (Verger avait des
commandes auprès d’agences, de journaux et des centres de recherche)
sur la vie quotidienne, les fêtes populaires et le milieu naturel de
Bahia. Le spectateur ne peut que ressentir l’esprit d’ethnologue qui
transparaît à travers chaque image. En somme, une vision qui se veut
témoin de la réalité pure, un constat humaniste.
D’autre part, les corps, et surtout les visages sont omniprésents
dans l’œuvre de Verger. Il est très intéressant de comprendre son
approche lorsqu’on le compare à des photographes brésiliens comme
Carlos Freire ou encore le contemporain Miguel Rio Branco. |
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Verger se pose comme le voyageur à la fois nomade et scientifique
pour qui les étrangers deviennent des amis dont il veut connaître la
vie en détail, tandis que Freire impose ses modèles fièrement ; ces
derniers ont une prestance naturelle digne de personnages célèbres
(Favela Morro, azul, Bresil, 1984).
Aussi, Miguel Rio Branco nous expose, quant à lui, un travail de
plasticien. Son livre Plaisir la douleur, édité suite à l’exposition
éponyme à la Maison Européenne de la photographie, ne fait mention
d’aucune date car il ne veut aucune chronologie ni rétrospective. Ce
photographe agit par pulsion et son œuvre est résolument
sentimentale, mêlant sensualité (couleurs chaudes et étouffées),
bestialité (beaucoup de sang et de chair écorchée) et marqué par
l’extraordinaire mixage du Brésil. On va et vient entre le plaisir
et la douleur.
Le regard de Verger est celui d’un reporter avide de témoigner de la
vie, des coutumes ; sa bienveillance transparaît et l’on comprend
qu’il se soit installé à Bahia pour y vivre, au milieu d’un peuple,
dans « un climat chaleureux, d’une grande cordialité » et qu’il s’y
soit parfaitement intégré.
Freire, enfin, pose une distance entre lui et ses modèles, qu’il
s’agisse d’enfants des rues de Rio de Janeiro, ou de Roland Barthes
; il y a un profond respect de la part du photographe.
Ces trois visions portées sur le Brésil à trois époques différentes
(1950 ; 1970 et 2000) font clairement apparaître, sociologiquement
et artistiquement, l’empreinte que laisse ce pays, à l’honneur cette
année en France.
Lorraine Karleskind
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Exposition « Pierre Verger, œuvre photographique, 1933-années 1950 », au Jeu
de Paume, site Sully, Hôtel de Sully, 62 rue saint Antoine, 75004 Paris,
jusqu’au 25 décembre 2005.
« Carlos Freire, Carnets de route, photographies 1978-2005 », Maison
Européenne de la Photographie, 5-7 rue de Fourcy, Paris 75004, jusqu’au 8
janvier 2006
Plaisir la douleur, Maison Européenne de la photographie, Textuel, Galerie
Voir aussi :
Le site de la
Galerie VU
Le site de
Pierre Verger
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