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Vous avez forcément vu ces sculptures -façon statues de cire du
musée Grévin, à la télévision peut-être.
Et vous vous dites que, décidément, l’art contemporain ressemble de
plus en plus au dernier Walt-Disney.
Puis vous apprenez que l’auteur de ces sculptures réalisait à
l’origine des marionnettes pour le Muppet show.
Vous vous rappelez même de ce film magnifiquement kitsch, pour
lequel l’artiste a travaillé aux effets spéciaux (« Labyrinth »,
pour ne pas le nommer).
Mais maintenant que vous êtes allés voir l’exposition de la
Fondation Cartier, un doute affreux vous assaille. Les personnages
de Ron Mueck ne ressemblent pas franchement à Pocaontas, et vous
avez comme une envie subite de parler métaphysique kantienne.
Car en réalité, dès le début des années 90, l’artiste se tourne vers
les arts plastiques.
Avec l’exposition « Sensation : Young british artists from the
Saatchi Collection » en 1997, il est révélé au public londonien :
Dead dad représente alors le corps nu de son père récemment défunt.
Il réalise ensuite une sculpture haute de quatre mètres cinquante
pour le Millennium Globe de Londres en 2000.
Puis le Hirschhorn Museum and Sculpture Garden lui consacre une
exposition personnelle en 2002.
Une de ses œuvres est actuellement présentée au Grand Palais, et la
Fondation Cartier accueille jusqu’au 19 février cinq sculptures
réalisées pour l’occasion.
Comme toujours, l’artiste joue avec les proportions, conférant à la
taille de ses personnages une valeur symbolique et émotionnelle.
Wild Man, un « géant nu », traduit l’inadéquation de l’homme face au
monde.
Il nous révèle, étranger à notre propre corps.
Mais son réalisme est un leurre : la virtuosité technique n’a de
sens que parce qu’elle sert la vérité des expressions.
Avec Spooning couple, les personnages sont réduits à de simples
marionnettes.
Le vérisme de la chair incarne l’ennui, l’angoisse de la mort.
Vous avez envie de pleurer.
Mickey peut aller se rhabiller.
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Elfi Barat
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