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© 'wild man', ron mueck, courtesy fondation cartier


Pour sa première expo perso en France, l'artiste australien Ron Mueck (né en 1958) expose à la Fondation quatre sculptures et un masque géants (en silicone et fibre de verre) qu'il a concoctés spécialement pour l'occasion. Un travail entre infime et monumental.

 

Vous avez forcément vu ces sculptures -façon statues de cire du musée Grévin, à la télévision peut-être.
Et vous vous dites que, décidément, l’art contemporain ressemble de plus en plus au dernier Walt-Disney.
Puis vous apprenez que l’auteur de ces sculptures réalisait à l’origine des marionnettes pour le Muppet show.
Vous vous rappelez même de ce film magnifiquement kitsch, pour lequel l’artiste a travaillé aux effets spéciaux (« Labyrinth », pour ne pas le nommer).
Mais maintenant que vous êtes allés voir l’exposition de la Fondation Cartier, un doute affreux vous assaille. Les personnages de Ron Mueck ne ressemblent pas franchement à Pocaontas, et vous avez comme une envie subite de parler métaphysique kantienne.

Car en réalité, dès le début des années 90, l’artiste se tourne vers les arts plastiques.
Avec l’exposition « Sensation : Young british artists from the Saatchi Collection » en 1997, il est révélé au public londonien : Dead dad représente alors le corps nu de son père récemment défunt.
Il réalise ensuite une sculpture haute de quatre mètres cinquante pour le Millennium Globe de Londres en 2000.
Puis le Hirschhorn Museum and Sculpture Garden lui consacre une exposition personnelle en 2002.
Une de ses œuvres est actuellement présentée au Grand Palais, et la Fondation Cartier accueille jusqu’au 19 février cinq sculptures réalisées pour l’occasion.
Comme toujours, l’artiste joue avec les proportions, conférant à la taille de ses personnages une valeur symbolique et émotionnelle.
Wild Man, un « géant nu », traduit l’inadéquation de l’homme face au monde.
Il nous révèle, étranger à notre propre corps.
Mais son réalisme est un leurre : la virtuosité technique n’a de sens que parce qu’elle sert la vérité des expressions.
Avec Spooning couple, les personnages sont réduits à de simples marionnettes.
Le vérisme de la chair incarne l’ennui, l’angoisse de la mort.
Vous avez envie de pleurer.
Mickey peut aller se rhabiller. .

Elfi Barat

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Le site de La Fondation Cartier

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