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La Fondation Cartier arbore la
couleur rouge. Elle présente en effet, l'œuvre du graphiste et
du peintre japonais : Tadanori Yokoo.
Ses œuvres rougeâtres, aux airs révolutionnaires nous mènent vers un
au-delà bien étrange…
Une drôle de confrontation, un art qui transforme notre vision
du monde et qui nous permet de pénétrer dans le sien.
Allez c'est bientôt l'été, il est temps de se japoniser !…
Affronter l'artiste et son art n'est point chose facile. A la fois
hermétique et
saisissante, la peinture de Tadanori Yokoo possède cette puissance
dans la description des détails mais aussi dans l'usage de la
couleur. On vire au rouge
lorsqu'on erre dans les pièces de la Fondation. Tout est si
mystérieux. Les personnages dans leur traitement ne ressemblent à
rien de connu, peut-être.
Peut-on y voir un soupçon de Surréalisme caché là-dessous. Une chose
sûre et certaine, Tadanori Yokoo s'exprime. La société, la guerre et
des petits touches de son imagination agrémentent son œuvre. Un
artiste vraiment hors-normes, loin des clivages.
Né en 1936 au Japon, il se tourne vers l'illustration et la
publicité. Sa rencontre avec le créateur d'Issey Miyake, lui permet
de trouver sa voie : un style graphique incluant un mélange
d'inspiration japonaise et occidentale. Les couleurs de ses affiches
sont très flashy, d'influence Pop. Les personnages sont un peu
délurés.
Yokoo est fantaisiste, imaginatif, très créatif. Les images sont
superposées, aussi, la lecture de l'affiche en est troublée. Un
pêle-mêle d'iconographie, une ribambelle d'écritures et de formes,
classent son œuvre parmi la peinture moderne en vue de l'époque.
Durant les années 1980-1990, il préfère utiliser la peinture. On y
retrouve certaines figures de son imagerie publicitaire. Ses drôles
de femmes nues aux corps roses bonbons, qui nous observent avec
leurs grands yeux. Puis, il y a les toiles de sa période colorée.
Une seule couleur pour décrire ses émotions, donner
son opinion sur la vie ou la mort. Lorsque des généraux occupent
l'emplacement d'un de ses tableaux, dans le même coin, on y trouve
un fœtus, symbole de renaissance. L'antagonisme est omniprésent chez
Yokoo. La figure d'une femme
qui bave la bouche ouverte, un homme qui hurle, la ville qui se tait
ou qui explose…Il y a toujours une sensation d'appel à l'aide, d'une
crise présagée.
Tadanori Yokoo , peintre obsessionnel, tout simplement peintre à
retenir.
Juliette Couderc
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