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L'agence VU fête cette année ses vingt ans, une occasion de refaire parler d'elle et, pour nous, de rencontrer son créateur, Monsieur Christian Caujolle.


L'agence a été créée au travers de Libération, pour qui Christian Caujolle était alors responsable de la photo depuis 1981. Après plusieurs projets, le titre de “VU”  a été obtenu, faisant référence à l'hebdomadaire éponyme des années 20-30. VU s'est immédiatement appelé “agence de photographes” pour clairement énoncer que chaque photographe était au cœur du dispositif. Ces photographes étaient au départ ceux avec qui C. Caujolle travaillait à Libération, essentiellement des très jeunes photographes, exception faite d'Alain Bizos, alors photographe pour ACTUEL et de François Gibier.

Aujourd'hui 80 - 85 photographes travaillent pour VU dans le monde entier autour d'un noyau de 25 photographes permanents. « Ceux qui sont à l'étranger développent des sujets longs. Ils n'envoient rien pendant un certain temps, tant que leurs travaux ne sont pas terminés. Il faut donc jongler avec ça et les archives. Le travail avec le noyau de 25 se fait sur des projets, des commandes, et donc plus facilement avec des parisiens ».
Les commandes viennent d'une part de la presse, qui se réduisent actuellement à des demandes de portraits ; puis, d'autres part, par des entreprises, pour des rapports annuels, des brochures, des livres, « c'est à la fois beaucoup plus rémunérateur que la presse mais aussi, lorsque les interlocuteurs sont bons, très passionnant sur le fond (les entreprises dépassent souvent l'idée d'illustration) ». Enfin, il y a également des commandes passées par des villes, des régions ou des festivals.
« En général les commanditaires savent à quel photographe ils veulent faire appel.
Le fait de s'être positionné comme agence de photographes fait qu'on nous appelle avant tout pour voir si tel photographe est disponible. Mais s'il n'est pas disponible, on perd la commande.
 »

L'agence se caractérise début ses origine par une très grande diversité : du photoreportage, évidement, mais aussi avec des travaux plus personnels comme ceux, par exemple, d'Ouka Leele, la photographe espagnole (des tirages noir et blanc  repeins et, plus occasionnellement, des collaborations avec Bernard faucon).
Une des ambitions du projet était d'être significatif de l'extension du champ de la photographie. A Libération Christian Caujolle n' avait jamais eu comme critère de faire travailler des photographes, dits de presse, mais des photographes dont le regard l'intéressait. VU a gardé le même état d'esprit.

En 96 Libération doit faire face à des soucis d'ordre financiers. Jérôme Seydou, arrivé à ce moment là, laisse un an à Christian Caujolle pour trouver un repreneur. « J'ai fini par trouver beaucoup de gens que ça intéressait, dont Abvent qui est cette entreprise française singulière créée par un architecte et qui crée et commercialise des logiciels pour architectes et qui est leader sur le marché européen.
On a réuni les deux entreprises dans un même lieu, dans le Marais, et on a pu ouvrir la galerie en novembre 98 dans son sous-sol. C'est une partie importante de l'activité aujourd'hui.
 »

Depuis très longtemps C. Caujolle souhaitait exposer correctement les photographes ; « à Paris, il y a beaucoup d'espaces mais peu de très grands espaces. Dès que vous avez une exposition un tant soit peu copieuse, vous avez beaucoup de mal de les présenter à Paris. Les espaces institutionnels sont programmés avec tellement d'avance que c'est assez compliqué ».

La galerie VU a pour principal but de montrer le travail des photographes et, dans un second temps, de développer une activité presque anecdotique, c'est à dire la vente de tirages auprès de collectionneurs ou d'institutions. Certaines, dont la MEP ont acheté des photos dès le début de l'agence.
« La galerie est un outil pour vendre des tirages, son existence est liée intégralement à la vente de tirages de collection, et c'est un secteur qui est dans une expansion assez spectaculaire. »
En effet, rappelle Christian Caujolle, en 97 s'est crée le salon de Paris Photo, qui allait rapidement prendre une dimension internationale, aussi bien du côté des exposants que des collectionneurs. Ce salon a eu dès le départ pour vocation de présenter la photographie du XIXème à nos jours comme un objet sérieux de collection ; « c'est une période qui est en train de se terminer. La crise du côté de la peinture a entraîné, avant tout, le développement de la vidéo et de l'installation, qui ne sont pas forcément des objets toujours très confortables à collectionner et à avoir chez soi. Le public, lui, s'est tourné plus facilement vers la photo. Et, parce qu'il y a eu le Mois de la Photo, parce qu'il y a eu la collection Photo poche, parce qu'il y a eu le Centre Nationale de la Photographie, il est devenu de plus en plus connaisseur ».
 

Lire l'interview de Christian Caujolle


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