À côté du Canal Saint-Martin,
la galerie Philippe Chaume plaisante et accueillante, présente pour
la première fois en France, le travail d'une jeune photographe
américaine : Kathryn Hillier.
Originales, parce qu'elles s'inscrivent dans une démarche artistique
bien précise, ses œuvres offrent une nouvelle appropriation des
éléments de notre monde.
Plantes et animaux, plus que des objets observés, se métamorphosent
en une contemplation poétique et irréelle.
Une exposition surprenante.
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Kathryn Hillier aime se promener dans les musées et
fixer les images des objets exposés.
C'est pourquoi quand on regarde son travail, on ne cesse de
s'interroger et on a dû mal à comprendre : est-ce vraiment réel tout
ça ? Où suis-je ?
Déstabilisé, l'on parcourt chaque photographie comme si nous nous
baladions dans un lieu, celui de nos rêves ou de nos cauchemars. Car
l'artiste aime ce mélange de nature et de mort, de statique et de
fragilité.
D'un côté, il y a ce plan sur un dinosaure, le fond bleuté de
l'image est saisissant mais l'avant-plan révulse et attire en même
temps…
C'est un peu ça la “ Hillier Touch ”, une oscillation constante de
l'œil……
Les animaux immobiles apparaissent féeriques et majestueux mais
aussi morts et empaillés…. Les végétaux sont magnifiés, dans leurs
bocaux ou en exposition, ils sont exotiques, sauvages, vivaces, et
ils évoquent notamment la vie et la paix intérieures.
Mais où se trouve donc la frontière du réel ?
De cette exposition en tout cas, on en ressort zen, décontracté,
comme si on revenait de vacances.
La photographie d'une fenêtre, où du lierre dégouline, illustre le
plus magnifiquement cette balade bucolique. Face à cette
représentation, l'esprit est apaisé et l'art photographique atteint
son apogée.
L'éclairage a un rôle phare car il transforme le sujet en un sujet
pratiquement pictural.
Une zoologie revisitée étrangement, qui nous transporte, avec une
telle plénitude, qu'on ne demande qu' à la contempler encore et
toujours.
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