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   American Saint

Vincent Schiavelli

Rencontre
au Forum des Images

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Projeté début novembre 2001 au Forum des Images à Paris**, Vincent Schiavelli s’était déplacé afin de présenter son film et d’expliquer les rouages de cette aventure peu commune en répondant du tac-au-tac aux interrogations du public.

 

Quelle a été la genèse de ce film ?

L’histoire a été développée avec beaucoup d’attention. Aucun des dialogues n’étaient écrits, ils ont tous été improvisés. Nous avons découvert les autres personnages du film au fur et à mesure du tournage. (…) De cette manière, j’ai vraiment aimé interpréter Charley, c’était très chouette.

(…) J’était très intéressé par le procédé de tournage, qui était vraiment excitant pour moi. C’est un film conçu comme ceux des années 50/60, comme ceux de John Cassavets. Ce n’est pas une idée nouvelle pour le cinéma américain mais l’utilisation de la vidéo digitale a rendu la chose plus facile, en particulier avec le passage en 35 millimètre.

Avez-vous tourné le film dans le même ordre que l’histoire ?

Lors du voyage, il y a eu quelques bonds, nous ne nous sommes pas arrêtés à toutes les étapes présentes dans le film, mais tout a été filmé en suivant l’ordre chronologique du scénario, à l’exception de la scène du casino, trop onéreuse pour être tournée à Las Vegas même.

Combien de temps le tournage a-t-il duré et les acteurs étaient-ils tous des professionnels ?

Le tournage a duré environ un mois, ce qui donne une centaine d’heures de rush. (…)

L’équipe de tournage au grand complet se composait de 12 personnes. Un tiers des acteurs seulement était des professionnels comme moi, Kevin Corrigan, Bianca Bakija ou Woody Harrelson ! Les prostituées de Las Vegas, par exemple, étaient de vraies prostituées. La scène où Miles arrive dans le bar pour lire son poème n’était pas prévue du tout ; nous y sommes entré cinq minutes avant de tourner. Tout a été fait en spontané avec les clients et les serveuses, y compris le baiser de la barmaid.

Etiez-vous au courant de l’existence de cette librairie plus ou moins consacrée à Jack Kerouac ?

Le scène dans la librairie n’était pas prévue non plus, on ne savait pas qu’elle était là avant le tournage. Nous connaissions les prochaines étapes une demi-heure avant. Quelque fois le réalisateur n’aimait pas l’endroit prévu, on pliait bagage pour trouver autre chose.

Aviez-vous rencontré KEVIN CORRIGAN avant le tournage car vous semblez très complices à l’écran ?

Nous nous sommes rencontrés pendant un journée, peu de temps avant le début du tournage. Nous sommes devenus de très bons amis au cours du tournage. Nous nous apprécions beaucoup.

Milos Forman était au courant du tournage ?

Milos Forman était au courant du tournage car son producteur est lui-même co-producteur d’American Saint. Lui-même était consultant.

Aviez-vous lu du Kerouac avant le tournage ?

J’ai lu Kerouac il y a très longtemps et je l’ai relu après le tournage … Qu’est-ce que vous croyez ?!

Le film a-t-il déjà été projeté aux Etats-Unis ?

Nous avons projeté le film a Memphis et Kansas City où il a été très bien reçu. Ce sont des endroits où il y a eu beaucoup de shootings, c’est pourquoi nous avons fait les premières projections là-bas. Les gens ont beaucoup aimé.

(…) Il a également été bien reçu dans les petites villes car, aux Etats-Unis, elles ont quasiment toutes leur propre festival ; c’est un film plus proche de ce genre de public.

American Saint ne pourrait pas survivre dans un circuit de distribution large car il a réellement été fabriqué de manière indépendante.

Pourquoi n’y a-t-il pas de générique de fin ?

Malheureusement, il n’y avait plus assez d’argent pour en faire un ! Le film n’a toujours d’ailleurs toujours pas de distributeur, ni aux Etats-Unis ni en Europe. (…) Il n’est pas prévu de faire de projections dans d’autre pays d’Europe pour l’instant par manque d’argent.

Un plaisir tout simple

 Si vous croisez, ici ou ailleurs, le chemin d’American Saint, n’hésitez pas à aller à sa rencontre. Ce film est surprenant et drôle ; ses personnages, fictifs ou réels, sont attachants. En matière de road-movie Thelma et Louise était peut-être LA référence, mais la traversée du pays que nous propose Joseph M. Castello vaut un sérieux détour.

Céline Berger

* Vincent Schiavelli
450 N. Rossmore Ave. #206
Los Angeles
CA 90004 USA

** http://www.forumdesimages.net/festivals/renc2001/site2/lesfilms/americansaint.htm

American Saint, un fim étrange de Vincent Schiavelli -

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