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Mondovino, ou l'éclatante vérité de l'avenir du vin - Mon site SPIP

 


Mondovino, ou l’éclatante vérité de l’avenir du vin

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samedi 6 novembre 2004, par Olivier DETILLEUX

Bourguignon de naissance et dans l’âme, amoureux de mon pays et de ses richesses vinicoles, je ne pouvais pas ne pas aller voir « Mondovino ». Le bilan que j’en tire est bien noir, même si je garde un petit espoir dans les vins de Bourgogne.
 

Mondovino, documentaire franco-américain de Jonathan Nossiter, dresse un bilan de l’industrie du vin dans le monde. Et encore une fois, c’est ma mondialisation, l’homogénéisation qui ressort comme le fléau qui va vers la perte d’une identité ancestrale et indispensable : « le terroir ».

Je m’excuse par avance auprès de Mask, grand amateur de Bordeaux, lui aussi très attaché à sa terre, et auprès de Manue, qui saura trouver dans mes propos le pourquoi de mes excuses...

L’âme du vin

Pour vous, qu’est ce que le vin ? Une vulgaire boisson alcoolisée, blanche ou rouge, accompagnant pas mal les poissons , les viandes et les desserts ? Non, le vin, c’est beaucoup plus que ça. Le vin est un art de vivre. Il va à l’encontre de notre vie moderne, trépidante, instable, impatiente. Un bon vin porte en lui tout l’amour, la passion, la patience que le viticulteur a eu à le chérir, à l’élever, et à le garder. D’abord jeune, il est fier, dur acide et fermé. On sent bien qu’il est capable de tant de choses, mais il est trop impétueux pour se laisser dompter en bouche. On ne l’approche pas facilement. Alors on attend. On ne le laisse pas traîner sous un évier ou dans un garage, où il serait soumis à des conditions climatiques trop rudes. Non, on le garde en cave, là où, à l’abris de la lumière et des variations climatiques, au calme frais et reposant de vieilles voûtes, il apprendra la douceur, il développera ses tanins, il changera de couleur, perdra ses teintes vertes de jeunesse, pour aller vers un rouge ocre, jusqu’à obtenir, dix à quinze ans plus tard, un caractère affirmé, complexe. Alors on ouvrira avec émotion cette bouteille, on la dégustera avec attention, afin de refaire connaissance avec cette vieille personne que l’on a connue dans sa jeunesse. On le félicitera pour sa longueur en bouche, sa robe clair mais profonde, ses tanins fort mais si délicats à la fois. On se dira qu’avec le temps, l’impétuosité du petit jeune s’est transformée en une sagesse noble et respectable. On reconnaîtra dans ce vin, le vigneron, qui, quinze ans plus tôt, nous avait paru si bourru et renfermé, mais qui au court de la dégustation, s’était ouvert et confié, car se sentant dans un climat de confiance. Il n’y a rien de plus important pour le vin que le temps, la patience, la passion et l’amour. Et voilà que quelques traîtres veulent changer tout cela !

L’uniformisation du vin en marche

Monsieur Michel Rolland, œnologue de renom, plus par l’empire qu’il s’est construit que par son goût affûté, déclarait, devant un public japonais lors d’un conférence à Tokyo : « Vous aimez le Pomerol. Mais du Pomerol, on peut en faire partout, même au Japon. Ce qu’il vous faut, c’est Michel Rolland. » Lui, il n’a décidément rien compris ! Il ne parle plus de terroir, mais de marque. Il ne parle plus d’identité du vin, mais du goût qu’il veut lui donner. Ce fabuleux oenologue ne serait-il pas en fait qu’un roi de l’illusion, une sorte de traître vendu à la mondialisation ? Son comportement laisse penser qu’il considère tout ce qui n’est pas Michel Rolland comme insignifiant, paysan et inculte. Ce genre d’attitudes ne pourrait-il pas à terme détruire l’âme du vin ? Quoiqu’il puisse penser et prôner, je reste convaincu qu’on ne peut pas faire du bon vin si le sol, le climat, le cépage est mauvais. Ou alors, c’est que la main de l’homme est passée derrière. Et c’est bien le cas. Michel Rolland possède un laboratoire extrêmement sophistiqué, qui lui permet de trouver comment donner tel ou tel couleur, goût à un vin. Il préconise l’usage de fût 100% chêne neuf, qui permettent d’apporter au vin un tanin boisé (soit disant de pain grillé, on croît rêver), gage de qualité. Certains verront là peut-être une parade pour masquer le goût de ses productions ! Je vais vous dire le type de vin qu’il fabrique. Et ne croyez pas que je ne parle que de quelques bouteilles. Oh non, cet homme est employé par des centaines de vignerons, tant en France qu’en Italie, Chili ou Californie. Associé au célibrissime dégustateur critique américain Robert Parker, qui note sur la seule fois de son palais les vins du monde entier. Et ce duo Parker-Rolland voudrait que ce soit ce breuvage : A peine mis en bouteille, il faut qu’il soit « enfantin, sucré en vanillé », grâce à des raisins bien mûres, les fûts de chêne neuf et la micro oxygénation, qui accélère ce que le temps devrait mettre des années à faire. On se retrouve avec un vin qui vous en met plein la vue mais qui ne reste selon moi qu’un artifice. C’est une robe irréellement colorée, une explosion de saveur sur le palais, qui disparaissent aussi vite qu’elles sont puissantes. Enthousiasmé au premier abord, on reste sur sa fin. Et ne comptez pas le faire vieillir, il ne vous resterait plus qu’un liquide inodore et fade dans votre bouteille. Les colorants se seraient déposés au fond, et il serait meilleur à la santé de boire de l’eau minérale. Où est donc passé le mystère, la patience et l’amour dont je vous parlais précédemment ? Vous vous dites : Heureusement, nous sommes protégés en France de telles pratiques, ceci n’est certainement vrai que pour les nouveaux vins Californiens. Détrompez vous, la trahison vient de France...

La trahison des Bordelais.

A priori, je n’ai absolument rien contre le vin de Bordeaux. Ils ont la renommée d’être d’excellents vins, je le crois. J’ai juste du mal à les déguster, car mon palais a été éduqué au Bourgogne. Mais ce qu’ils sont devenus me navre. Ils sont devenus esclaves de la mondialisation, au sens où ils s’attachent plus à la note que leur donnera un ce Robert Parker, que du terroir dont leur vin est à l’origine. Perdu l’identité du vin, il faut qu’il soit de la marque Rolland, approuvé par Parker. Tant pis si le Pomerol ressemble à un Pauillac, tant pis si le Pauillac ressemble à un St Emilion, qui finalement ne ressemble à rien de bien réel. Ce qui compte, c’est que Rolland l’est oxygéné, et que Parker le trouve bon. Les bordelais se sont littéralement vendus à la suprématie du marketing. Et Mouton Rothschild en premier lieu, pas peu fier d’être un prestigieux partenaire d’Opus One, le géant américain de la Napa Valley californienne. Ne parlez pas poésie et délicatesse avec eux, ils vous répondront « french wine », « flying wine maker », « fashion victims » et autres expressions ridiculeusement américaine. Ne cherchez pas la patience, on vous répondra oxygénation. Ne cherchez plus l’amour, on vous parlera d’argent. Voilà ce qu’est devenu selon moi le vignoble bordelais dans sa majorité. On se vante du nom prestigieux de son château, plus en tant que marque qu’en qualité du terroir. On ne jure que par la note. On va tenter d’enlever les « défauts » du vin, alors que ce sont ces mêmes défauts qui lui donnent son originalité. Quelle déception, que cette évolution est navrante ! Heureusement, le vignoble Bourguignon, peut être à cause d’une plus petite taille, du côté plus modeste des gens (nous n’avons pas de châteaux, mais de simple clos), semble encore préservé de cette catastrophique manipulation. Mais pour combien de temps ?

Et le film me direz vous ? Allez le voir, faites vous votre opinion, et quand vous serez excédés par les propos scandaleux de Michel Rolland, raccrochez vous aux moments de joies et de plaisir de la vie que nous donnent quelques amoureux de la vigne.

Olivier DETILLEUX

 

Par , le 2007-12-10 20:50:21
> Mondovino, ou l'éclatante vérité de l'avenir du vin
bien mais que de fautes d'orthographe!


Par Eric Pradels, le 2006-04-07 11:42:01
Sauvons la bourgogne
Je voudrais reprendre les termes du distributeur américain Rosenthal : « il faut sauver la Bourgogne » . La grande différence entre les vins de bourgogne et les vins de la plupart des autres régions est qu’ils sont mono cépages et qu’un récoltant posséde des parcelles de vignobles situées à différents endroits qu’il va vinfier séparément respectant chaque climat et ainsi révéler le terroir. Si l’on compare une fiche technique d’un viticulteur bordelais et d’un viticulteur bourguignon voilà ce que nous pourrions obtenir : Château bordelais Superficie : 25 hectares Cépage rouge: 50 % merlot, 25% cabernet franc 25% cabernet sauvignon Vins proposés : château bordelais 2004 Jean Bourgogne Superficie : 7hectares Cépage rouge : Pinot Noir Blanc : Chardonnay Vins proposés : Gevrey chambertin 2004 Gevrey Chambertin Vieilles vignes 2004 Gevrey Chambertin PC clos Saint Jacques 2004 Gevrey Chambertin PC Les cazetiers/ Savigny les beaunes 2004 Morey Saint Denis 2004 … Nous voyons par ce comparatif que sur 27 hectares, un bordelais produit un seul vin voire deux si il fait un second vin. Quel est l’influence du terroir ? Le sol, l’exposition l’hydrométrie sont ils identiques sur les 27 hectares ? L’implantation des cépages respecte t’elle la nature du sol, l’exposition etc. Un vigneron bourguignon produit des vins en fonction du terroir, certains climats font moins d’un hectare, les différences entre un Gevrey Chambertin les cazetiers et un Gevrey chambertin Clos Saint Jacques sont importantes alors que les parcelles sont contigües. Le danger qui menace est de produire un Gevrey Chambertin unique assemblage de toutes les parcelles d’un propriétaire et de perdre l’identité des climats. PS : je parle des Gevrey Chambertin parce que j’ai eu la chance de les déguster mais je suis prêt à déguster un Chambolle Musigny les amoureuses un vosne romanée ou bien un grand cru … n’hesitez pas à me contacter. En ce qui concerne les vins dits « mondialisés », ne pourrait on pas faire une dégustation aveugle de ces vins qui se ressemblent, de sélectionner les meilleurs et conseiller le moins cher.


Par LELORIEUX, le 2006-02-03 11:24:31
> Mondovino, ou l'éclatante vérité de l'avenir du vin
Pourquoi mettre dos à dos les deux techniques ? La majorité des consommateurs préfères des vins "mac do". ils ne cannaissent rien à la notion de qualité.Il faudrait faire passé le "permis du bien mangé" trop long à mettre en place, reste une petite minorité qui c'est apprécier les vins de qualités, et qui ont la patiencent d'attendre leur maturité.Il y a de la place pour les financiers de la vigne, et pour les conservateurs du bon gout. Je suis caviste, et viticulteur, et je suis ok pour répondre aux besoins des consommateurs. J'ai aussi un besoin de rentabiliser mon vignoble, et je fais des vins "commerciaux" ainsi que des vins de terroirs pour les amateurs, qui ont la patience d'attendre "l'affinage" en cave durant 5 à 10 ans. Merci pour votre tolérance...


Par , le 2005-09-12 08:59:06
> Mondovino, ou l'éclatante vérité de l'avenir du vin
comment connaitre l'ensemble des domaines qui travaillent avec ou comme cet energumene . cela me permettra de tranmettre l'info et d'appeler a un boycot tout de suite ceux-ci. merci par avance et vive le terroir


Par François Gauthey, le 2005-07-10 07:34:08
> Mondovino, ou l'éclatante vérité de l'avenir du vin
Je suis bourguignon, comme mon nom l'indique,et passionné de vins. Ma fille m'a offert le DVD du film Mondovino pour la fête des Pères. Pour m'en remettre, ce dimanche, j'ai prévu de monter de ma cave un Volnay 1996 Clos des chênes de Bitouzet Prieur, un Pommerol 1996 chateau la Pointe de chez Silvestrini....et pour commencer un Puligny de chez Leflaive. Je vais faire circuler ce FILM, car il montre l'arnaque de la standardisation des goûts et la connexion entre Parker et les "Wine makers". Ma cave est assez pourvue en Bordeaux venant de viticulteurs petits ou de grands chateaux, achetés en vins primeurs. Pour cette dernière source, j'ai pris la décision d'arrêter . Je vais me retourner vers mes amis bourguignons Vincent Bitouzezt et Michel Gay, Bernard Rion etc...puis me contenter des Saint Emilion et Pomerol de chez Silvestrini. Et je dis m... à Michel Rolland et à Parker. D'après eux, je suis con...mais ma famille est con depuis 400 ans. D'où viennent ils, eux?


Par Oliv', le 2005-06-07 20:41:32
> Mondovino, ou l'éclatante vérité de l'avenir du vin
Je pense que le but du film était de montrer les différentes facettes du monde du vin, et en particuliers la mondialisation non seulement de sa fabrication, mais aussi de son gout (par exemple, ce gout de fût de chênes). Je pense que pour des gens qui ont depuis longtemps une culture du vin, il est aisé de faire la différence entre un bon vin, avec un caractère qui est particulièrement propre à son cépage, à sa région, à sa vinification, et un vin de gout très classique, presque banal, mais qui à peu de choses près portera la même étiquette. Le premier, on le trouvera, à mon avis, beaucoup plus facilement chez un petit viticulteur, indépendant, animée par l'amour de son travail. L'autre, on le trouvera plus facilement dans un supermarché, car il y aura eu autour tout un travail commercial d'une grande société, d'une "marque", pour le mettre à disposition du plus grand nombre. Ce que je veux dire par là, c'est qu'une personne qui veut découvrir le vin, à moins d'être dirigée par une personne compétente, n'ira jamais directement chez le viticulteur (d'autant que cette personne n'habite pas forcément dans une région viticole). Il va être beaucoup plus simple d'aller chercher une bouteille au supermarché. Peut être, si il a la chance d'avoir une foire au vin de taille raisonnable, prendra t il le temps d'aller discuter du produit avec son créateur. Mais j'en doute encore fort. Alors je ne pense pas qu'il y ai vraiment de la place pour tout le monde. Car même si nous savons qu'il existe bien sur une grande variété d'excellent vin, si les gens ne les achètent pas, celà ne durera pas vraiment. Et l'on voit bien le prix qu'il en coute, en particuliers cette micro-oxygénation du vin (on ne peut pas le nier), une homogénisation du goût pour tomber dans une mode. Alors certes sa vision est un peu caricaturale, il y a nombres de remarques dont il aurait pu s'abstenir (fascisme etc...), mais je pense que le fond qu'il développe mérite attention, et qu'il est de sa part aussi sincère que mon texte. bonne soirée


Par Jean-Marc, le 2005-06-07 16:16:37
> Mondovino, ou l'éclatante vérité de l'avenir du vin
peu de messages, voire un seul et d'une personne de bonne foi. une personne de bonne foi qui s'est laissée berner par le discours très politiquement correct de Nossiter... La vérité, si elle existe, n'est pas forcemment ou l'on croit et le politiquement correct non plus. Nossiter au travers d'une vision un peu trop partiale du monde du vin a fait perdre toute crédibilité à son message. Pourquoi essayer absolument de rapprocher les dirigeants des grosses sociétés (et uniquement de celles là) et un prétendu passé fasciste ? Pourquoi laisser Aimé Gibert critiquer les Bordelais avec leurs vins de marqe s'appuyant sur des grands crus (ex: mouton cadet et mouton rothschild...) alors que lui-même fait la même chose avec moulin de gassac qui profite de daumas gassac ? Pourquoi laisser la même personne critiquer michel rolland alors que lui aussi s'est appuyé sur un oenologue de renom pour lancer son domaine (Emile Peynaud, lui-même maître à penser et modèle de Michel Rolland) ? Pourquoi ne parler des vins Boisset qu'au travers de le leur côté "industriel" et négliger le fait qu'ils disposent d'un des plus beaux patrimoines viticoles de Bourgogne, vinifié par l'un des meilleurs oenologues du moment, Pascal Marchand. Que l'on aperçoit d'ailleurs dans le reportage, mais que Nossiter s'est bien garder de faire intervenir... Cela aurait fait un peu trop désordre dans son éclatante démonstration... Un joli moement de reportage, avec une vision extrèmement manichéenne du monde du vin. Monsieur Nossiter, avec tout le respect que l'on lui doit, n'a visiblement pas compris que le monde du vin était fait de nuances et qu'il y a de la place pour tout le monde... A l'image de la littérature, le vin se doit d'être accessible au plus grand nombre, du simple néophyte à l'amateur le plus éclairé. tenir un tel discours, c'est maintenir le vin, et donc les "bons vins" dans un getho dont ils se passeraient bien.


Par Patrick Essa, le 2004-11-21 19:07:16
Mondovino : à consommer sans modération ...
Voilà le pèlerinage est fait, je sors de la salle de projection de Mondovino et je suis heureux. Heureux de constater qu'un américain sensé ose se démarquer de la ligne politiquement correcte du vin "markété", policé, niché et étudié. Aucun manichéisme n'est de mise dans ces constats vibrants qui ne demandent -contrairement à ce que j'ai lu -nuls développements supplémentaires pour rendre compte de la funeste emprise de l'économie de marché sur le produit de consommation le plus culturel qui soit. Et le pire c'est que cela ne date pas d'hier ! Observez cette mise en abyme perpétuelle qui lie un vigneron indien possédant un hectare à cet aristocrate argentin admirateur de Peron; l'humanisme de ce Sarde fier,libre et droit à la raideur nationaliste et Mussolinienne des Frescobaldi et Antinori; l'intelligence pétillante de l'importateur Rosenthal à la morgue agressive d'un James Suckling; le mépris intéressé de la tradition familiale Schyler à l'arrivisme abject et condescendant d'une famille de parvenus de la Napa, la sévérité volontairement rigoureuse et dure de Magrez à la stratégie sombrement transparente des Mondavi; la sensibilité féminine de Mme Hegoburu à celle masculine d'Hubert de Montille; la véhémence sincère d'Aimé Guibert à la fatuité de Jean-Charles Boisset; la grenouille Valandraud face au "boeuf" Mouton et enfin un Parker bien terne et pataud à un Michaël Broadbent lumineusement simple et stylé ..."so british". En fil rouge Rolland est un parfait équilibriste de la rhétorique, séducteur malgré lui il se laisse piégé par la subtilité de Nossiter qui le met à l'aise pour l'épingler sans en avoir l'air. Il livre des vérités qui n'en sont pas, donne du micro bullage à tout va et se la joue aristo souriant et prétentieux qui épingle les culs terreux alors que nous le voyons arriviste et Jean foutre. Décidément le Mondovino du vin n'est pas reluisant, il pue la couardise et le mépris, la compromission et l'oubli et se vante de ses chiffres avant de penser à son goût en cachant mal ses interconnexions mondialisantes. La World Company est à nos portes et les joints ventures sont autant de pactes qui fixent son cadre. Heureusement quelques irréductibles résistent dans tous les pays; un fils de Montille naïvement suffisant et rigoureux qui tonne pour se donner des airs mais chez qui l'on sent - et c'est humain- bien peu d'assurance dans le flot des certitudes affichées, un couple qui s'installe au Brésil sur une terre vierge, notre vigneron Sarde qui plaide pour que la vigne soit aussi la propriété des pauvres, un caviste italien (et sa soeur) éloquent et intègre MAIS cela ne suffira sans doute pas ! Bons consolons nous avec un peu de causticité, nous avons l'assurance que les cocotiers mexicains ne donneront pas de vin, que M.Léon est "winemaker", que la directrice de la communication de Mouton ne pense pas et que les boxers de Parker sont soignés pour ne pas péter pendant les dégustations. Merci Jonathan pour ce trait intelligent et sensible et pour le parti pris de dire les choses sans retenue.j'aurais aimé partager avec vous le verre de vin indien - le seul que l'on vous vois déguster - offert par le plus démuni des protagonistes filmés...car il avait sans doute le goût de la libre-pensée. Un moment unique ! Patrick Essa Webmestre de www.degustateurs.com


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