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BUBBLE
un film de Steven Soderbergh
sortie national le 10 mai 2006
drame américain avec Debbie Doebereiner,
Dustin Ashley, Misty Wilkins...
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Un film de type indépendant et alternatif, qui peut
se présenter comme un modèle de production pour une
nouvelle ère cinématographique. Le sentiment est
largement résiduel dans une Amérique du Midwest. On
aurait tué une certaine Rose.
Sainte Marthe des Poupées, Martha, de sa
corpulence d'américaine moyenne, et de son train-train à
la fabrique artisanale de poupées. Elle s'est éprise
sans vraiment se l'avouer de Kyle, un jeune homme un peu
introverti qui met des sous de côtés pour s'acheter une
caisse et même s'émanciper du cocon maternel.
L'univers social est celle de caravane sur pilotis du
Midwest américain. Le film s'ancre dans les créneaux
d'un réalisme un peu larvaire. La composition filmique
est très restreinte et minimale : deux caravanes et deux
héros qui se trouvent des situations familiales presque
réversible. Martha s'occupe de son père et reste prostré
dans son fauteuil devant le petit écran. Film épique
d'une certaine manière, puisque les acteurs sont des
non-professionnels qui ont été enrôlés dans cette douce
fiction d'un futur crime. Martha est dans la vie de tous
les jours directrice d'un Kentucky Fried Chicken et Kyle
est un étudiant en informatique. Une nouvelle
protagoniste dénommé Rose mettra sens dessus dessous
cette relation conventionnelle duale dite amicale. Rose
est styliste dans la vie de tous les jours. Technique
inversée de Lars van Trier qui s'attelle au troisième
volet de sa trilogie américaine, puisque le dispositif
filmique de Soderbergh reste axé dans la tradition de la
vraisemblance et de l'illusion dans le processus
filmique.
Le halo entoure dans une forme de destinée et de
prédestination solitaire. Se hisser sur les devantures
et les rideaux, ou faire la couturière pour ces tendres
poupées en compagnie de son père dans le living-room,
non pas une jalousie mais un constat la frappe et
l'observe dans le détachement des actes quotidiens. La
mécanique se grippe devant la jeunesse et le charme de
deux jeunes qui peuvent essayer d'exprimer leurs
sentiments. De sa tignasse rousse, de ses kilos en trop
et même de son âge moyen perdu dans un bled quelconque
au rythme d'une journée de travail, l'évasion ronge le
contexte. Un meurtre est commis et l'Hercule Poirot du
comté en vient rapidement sur Martha qui aurait été la
dernière à voir Rose. La dynamique de l'intrigue est
aplatie, la présomption est cadenassée pour une pulsion
passagère d'un mot et d'un sentiment qu'elle ne cesse de
retenir et qui n'a de toute façon aucun avenir. La mise
en scène est loin d'être de l'univers Hitchcock. Tout
est bien plus feutré et résiduel dans ses petites routes
provinciales. Le fait dénature bizarrement l'objectivité
et le cadre qui dérape dans le silence refoulé. On
pourrait y voir une autre manière de traiter le meurtre
de Pamela Rose (Twin Peaks, Lynch), mais le freudisme
psychologique qu'affectionne l'American School n'est
lui-même renvoyé qu'à l'apparence et à l'ancrage de
l'acte commis.
Steven Soderbergh est un réalisateur atypique dans l'univers du
cinéma américain, à la fois dans et hors du système de
production. Ces dernières années, il nous avait plutôt
habitué au raz de marée Ocean's
Eleven et Ocean's Twelf. L'Ocean's
Thirdeen serait-il en préparation dans l'ajout d'une
star supplémentaire dans l'équipe gagnante de ces
précédents films? De son Sexe, vidéo et Mensonge
récompensé à Cannes (1986) qui l'avait fait connaître au
grand public ou du remake (2002) de
Solaris de Tarkovski, il
semble difficile de le cataloguer dans l'industrie
cinématographique. Il reste que nous avons affaire à une
posture de film indépendant dans Bubble, même
s'il s'est associé à la production les nouveaux happy
few du web Mark Cuban et Todd Wagner. La sortie du film
aux Etats-Unis a fait soulevé de nombreuses réactions,
puisque sa sortie en salle s'est faite simultanément en
possibilité de téléchargement et d'achat du film en DVD.
Un vent de libéralisation soufflerait sur les
dépositaires de la distribution. Mais le fait est là. Il
est possible de trouver le DVD de Da Vinci Code, avant
même sa sortie même en France, même si c'est illégal.
Les nouveaux médias bousculent les anciens. Pour en
revenir à Bubble, il représente un très bel exercice de
style doué sans conteste de maîtrise.
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