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Les représentations que nous nous faisons des films Bollywood
sont souvent négatives  et teintées de kitsch. Il est temps pourtant
de combattre les idées reçues et de se laisser entraîner
par l’exotisme de ces œuvres venues d’ailleurs.


Lequel d’entre nous ne connaît pas Cendrillon, La petite marchande d’allumette ou même Ali baba et les quarante voleurs? Nombre de contes et comptines bâtissent notre imaginaire d’enfant, et ricochent sur nos vies d’adulte à des moments inopportuns. Une chanson oubliée, un loup garou, enfoui au creux des entrailles les soirs de pleine lune, autant de drapeaux colorés qui balisent nos parcours, et que nous chérissons.
C’est avec le même amour que les films bollywood cheminent dans le quotidien des habitants de la planète India. Nous le savons, elle est la première productrice de film au monde, c’est la raison pour laquelle je m’interroge.

Comment se fait il que nous y soyons plus ou moins hermétique ? Du fait d’une importation insuffisante ? Certes. Mais la plupart d’entre nous pose un regard quelque peu indifférent sur ces films trop longs, trop colorés, trop ou pas assez … Et si nous changions d’optique pour nous apercevoir que, sous des aspects bruyants et fouillis, ces films résonnent au plus profonds de nous, à l’échelle de l’humanité.

Il y a forte probabilité pour que nous trouvions un beau frère méchant et jaloux, une mère aimante, des amoureux en proie au destin…Ces personnages qui s’assument, sont à l’image d’Arlequin, de Colombine, ou de Dom Juan, ils sont une part de nous, ils sont immuables et incertains en même temps.
Milles et uns tourments s’abattent sur eux, dans une épopée sobre, familiale ou plus vaste, mais toujours poignante.
Dans la tension dramatique qui règne souvent en reine impitoyable, fleurissent ça et là des danses et des chants. Quel intérêt ?
Loin de casser le rythme, ils sont livrés en offrandes au spectateur, tels des joyaux visuels et sonores : de par les couleurs, les plans structurés et chorégraphiés, les voix lancinantes ou rieuses qui ébranlent l’âme, et par l’énergie qui s’en dégage.
Ces scènes sont un répit pour le cœur, une parenthèse dans le tumulte des rebondissements incessant, enfin un éclaboussement de bonheur.
En inde, ces chansons sont connues de tous, et fredonnées dans les bus, le soir aux veillées, dans les mariages, par les jeunes hommes sur leur bicyclette, sur les marchés…
Le cinéma fait partie intégrante du quotidien, dans une culture où le chant, la danse et le mime expriment ce que l’on ressent, à tout moment.
Le cinéma est un divertissement, mais surtout un tuteur qui veille à la bonne croissance de la jeunesse.
Jeunesse justement, prise dans un choix cornélien, où aller ? La ville ou le village ? L’inde traditionnelle, ou l’attraction occidentale ? Ces jeunes hommes et femmes, apprennent des fables ce que la vie, l’amour, ou la morale doit être …
Loin de représenter pour eux un enseignement drastique, les films bollywood sont un guide bienveillant, farceur, léger ou grave, à la manière de notre mythologie grecque.
Les films sont un exutoire à nos besoins de féerie, d’amour, et ne manque pas de prôner le respect dû à la famille et à la société.
Peut on blâmer cela ? Une marâtre peut elle être autrement que mauvaise et intrigante ?
Qui s’offusque de voir finalement Peter Pan triompher du Capitaine Crochet ?
Qui voudrai que Devdas renonce à son amour pour Parvati ? Certainement pas les amoureux des contes, les inconditionnels de ces histoires aux époques vagues, possibles au-delà de toute frontière, pas les rêveurs fous, dont je fais partie.

Il manque peut être un peu de réalisme, si chère à nous rassurer, mais, avec son humour décalé et ses instants tragiques, le cinéma indien nous fait voyager du présent au présent, sans nous soucier d’une quelconque cohérence.
De la connaissance naît le plaisir, et du plaisir l’amour. Tout ce que je pourrai écrire ne remplacera pas vos propres émotions, alors je vous recommande d’oublier vos a prioris, et de vous rendre boulevard de la Chapelle, pour découvrir un des mystères de l’inde, son cinéma.

Aurélie Manès

 

 A voir : 

Festival Bollywood à l'Action Ecoles à partir du 18 janvier
Le cinéma parisien Action Ecoles organise à partir du 18 janvier "Bollywood 4 dream", un festival de blockbusters indiens tournés entre 2000 et 2003. Cette sélection a pour but de nous présenter les nouveaux visages de Bollywood : Hritik Roshan, Onday Chopra, Bobby Deol, Kareena Kapor. Parmi les films proposés figurent notamment "Aetbaar" de Vikram Bhatt, Humraaz d'Abbas Mustan et "Bollywood", le 1er film de science fiction bollywoodien.

Bollywood Week au Grand Rex
Du 26/04/2006 au 02/05/2006 - Le Grand Rex - cinéma  - 1, Boulevard Poissonnière
Des stars comme Ashwarya Rai sont présentes dans la programmation des films ; Shah Rukh Kahn est présent en particulier pour la soirée d'ouverture du festival avec la projection du film "événement" en la matière (8 awards cette année).

 


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