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Quelle est l'histoire du cinéma Images d'Ailleurs ?
Images d'Ailleurs a été crée en 1990 par Sanvi Panou, l'actuel
directeur du cinéma, un Togolais qui est à Paris depuis plusieurs
années. A la base, il était comédien puis metteur en scène et il a
décidé de créer à Paris un espace pour la diffusion de films
africains. L'idée d'origine était de diffuser des films de culture
noire, donc des films sur les Caraïbes, le Maghreb et l'Amérique
latine. Très vite l'équipe d'Images d'Ailleurs s'est aperçue qu'il
n'y avait pas assez de films sur l'Afrique Noire pour remplir les
écrans toutes les semaines. Du coup, la programmation s'est étendue
à des films de culture non-occidentale et aussi à des films
américains indépendants, hors Hollywood…
Vous diffusez essentiellement des documentaires ?
Oui, en grande partie, mais nous diffusons également des fictions.
Pour le mois de décembre, nous avons à l'affiche une douzaine de
films dont huit documentaires. La plupart sont des films engagés,
militants. Les films que nous choisissons sont généralement en
rapport avec la situation politique et social du pays concerné, ils
expriment donc des situations souvent difficiles.
Quel est votre public ?
Un public qui connaît le genre de film que nous diffusons.
Malheureusement, beaucoup d'étrangers, d'africains vivant à Paris ne
connaissent pas le lieu. Nous sommes situés dans le 5eme
arrondissement, un quartier étudiant, un quartier " bobo ". Si les
gens ont envie de s'intéresser à aux autres cultures et s'ils sont
un peu curieux, ils connaissent Images d'ailleurs. Sinon, il faut
pousser la curiosité des gens mais nous n'avons pas de service
communication, faute de moyens, nous avons a un statut associatif.
Quels films sélectionnez-vous pour les projections-débats ?
Il faut que ça soit un film dont le réalisateur soit à Paris.
Parfois, nous faisons venir des intervenants extérieurs, soit
d'Amnesty International, de la Ligue des Droits de l'homme et
d'associations qui proposent des intervenants qualifiés pour parler
d'un sujet précis. Le but de ces débats c'est qu'il y a ait des
discussions autour d'un thème social ou politique. Pendant le
festival annuel, nous faisons systématiquement des expositions de
photographie, de peinture ou autre.
Combien d'éditions du festival Images d'Ailleurs se sont
déroulées jusqu'à maintenant ?
Il y eu jusqu'à maintenant quinze festivals. L'an dernier, la 15eme
édition du festival avait pour thème : " Les soldats noirs dans les
guerres françaises ", nous avions donc une exposition photos
d'anciens tirailleurs sénégalais. Chaque année, il y a un festival,
c'est un peu l'événement de l'année. Pour chaque édition il y a une
thématique différente et nous mettons en place des projections, des
rencontres, des débats, presque tous les jours, parfois plusieurs
fois par jours. Durant cette période nous développons des
partenariats-média notamment avec RFI et Africa n °1.
Quelle sera la thématique du festival de 2006 ?
Cette année, le festival aura lieu fin mars, du 21 au 28 mars 2006.
Il sera sur les états généraux du cinéma Noir en France (films de
culture noire). Ce sera l'occasion de fêter les quinze ans
d'activité d'Images d'Ailleurs avec une grande rétrospective du
cinéma Noir en général. Ce sera un regard sur toutes les nouvelles
créations contemporaines des jeunes réalisateurs. Il y aura des
tables rondes. Le festival aura pour but, comme chaque année de
croiser les regards.
Y a-t-il des réalisateurs que vous privilégiez ?
Non, pas vraiment. Nous avons des partenariats avec des
associations. Deux fois par semaine, nous avons un partenariat avec
une association qui fait une projection-débats. Ce sont des cycles
mensuels qui font des projections débats sur un thème particulier.
Aussi, il peut y avoir des étudiants qui viennent organiser des
projections chez nous. Il y a quelques temps, une association
d'étudiants de fac, s'était réunie pour organiser une soirée de
projection chez nous. Ils avaient choisi le film, avaient animé le
débat et s'étaient chargé de la communication de la soirée.
Quel est le programme du mois de décembre ?
Au mois de décembre, deux débats sont prévus autour du film La
fragile Armada réalisé par Jacques Kebadian. Il y a aussi une
exposition de bijoux africains et la projection du film Le
malentendu colonial de Jean-Marie Téno. Pour janvier, nous diffusons
le film d'un jeune réalisateur qui a fait un film sur le Niger.
Beaucoup de nos films se déroulent en Afrique, mais sont réalisés
par des productions européennes. Des films africains réalisés par
des africains, il y en a malheureusement peu…
Comment définiriez-vous l'identité d'Images d'Ailleurs ?
Images d'ailleurs c'est un lieu unique à Paris. C'est un espace
d'échange de toutes les cultures. Ce n'est pas un lieu fondé sur le
principe de rentabilité, c'est un peu l'exception dans les salles
parisiennes. Nous avons surtout la particularité de diffuser des
films sur le long terme et de d'offrir alors une vraie chance aux
réalisateurs de trouver leur public. Aujourd'hui, la plupart des
réalisateurs passent des années à tenter de monter leur film et de
trouver un distributeur. Le film sort et au bout de quelques jours,
le film est décroché parce-qu'il ne fait pas assez d'entrées. Nous,
nous engageons à diffuser les films sur une large période. Ca peut
s'étendre de quelques semaines à quelques mois. Par exemple, pour Le
Malentendu colonial nous avons fait des débats pendant plusieurs
mois. Notre cinéma a la particularité de ne pas être seulement un
espace de projections de film, mais aussi un lieu d'échanges et de
réflexions.
Propos recueillis par
Bérengère Decroux
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Infos : Images d'Ailleurs-Cinéma la Clef
21, rue de la Clef- 75005
Paris - Tél : 01 45 87 18 09
M° : Censier-Daubenton
Actuellement à l'affiche :
- Le malentendu colonial
- La fragile Armada
- Le cauchemar de Darwin
- Jiburo
- Un rêve Tchèque
- Rize
- La servante et le samouraï
- Les artistes du théâtre brûlé
- Zaïna, cavalière de l'Atlas
- Caméra kids
Tarifs : 6 euros - le lundi : 5, 50 euros - abonnés : 4,
70 euros
étudiants et chômeurs : 5,50euros
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