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DEAUVILLE 2006 -
Les docs de l'Oncle Sam en avant-première...
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IRAQ IN FRAGMENTS
un documentaire de
James Longley
2006, sortie national N.C.
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Filmé dans
l'urgence par une caméra hallucinée, Iraq in
Fragments, de James Longley, est un documentaire
brut, à la limite de l'expérimental. Il capte des bribes
du quotidien schizophrène de l'Irak, sans narrateur, ni
scénario préalable, ni filtre idéologique.
Après plus de deux ans de tournage durant lesquels il a
glané 300 heures de rushes, James Longley a accouché
d'un ovni dans le paysage du cinéma américain : une
heure et demie de portraits au plus près du peuple
irakien, intégralement en arabe sous-titré. Scandé en
trois chapitres, le documentaire filme successivement un
très jeune Irakien, l'effervescence politique du
quartier de Sadr City, puis la vie d'une famille
de bergers kurdes. Le tout sur fond d'élections
générales destinées à mettre en place le premier
gouvernement élu depuis la chute de Saddam Hussein.
Trois mouvements et autant de forces qui tiraillent le
destin de l'Irak : la jeunesse partagée entre éducation
et survie, la tentation de la république islamique et le
fossé entre les ethnies, chiites, sunnites et kurdes.
Ce documentaire pose plus de questions qu'il n'esquisse
de réponses, mais il donne en tout cas la parole à
diverses voix de l'Irak d'après la guerre. Le discours
calibré, volontariste et monolithique des religieux y
contraste avec les analyses répétitives et désespérées
de l'homme de la rue (au propre comme au figuré,
puisqu'on n'y voit quasiment pas les femmes). Pourtant,
le dialogue existe, on l'entrevoit fugacement lors d'une
réunion politique pour préparer les élections.
Après avoir été figé par des décennies de dictature,
l'Irak tel que nous le montre James Longley tourne
aujourd'hui en rond, et surchauffe, comme une machine au
bord de la rupture. A l'image du jeune garçon qui
n'arrive à rien apprendre à l'école, à part à écrire son
prénom, l'Irak n'est qu'un nom sur une carte, une
coquille vacante où tout est possible, surtout le pire.
Les jours y sont une suite d'aujourd'hui en attente d'un
demain qui ne s'annonce jamais.
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