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Le journal d'un suicidé
film franco-Serbe de Stanislav
Stanojevic
1971, réédition copie neuve 2006.
avec Samy Frey, Delphine Seyrig, Marie-France Pisier,...
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En 1971, Stanislav
Stanojevic réalise Le journal d'un suicidé. Ce
film avait été présenté en 1972 dans deux prestigieux
festivals : Cannes et la Mostra de Venise. Pourtant à
l'époque, l'œuvre ne reçoit pas un accueil enthousiaste
auprès du public. Trente-quatre ans après, elle ressort
à nouveau dans les salles obscures.
Le journal d'un suicidé est un film troublant,
plongé dans un univers onirique où le spectateur se
perd. C'est l'histoire, lors d'une croisière en
Méditerranée, d'un jeune guide touristique (Sami Frey)
qui est intrigué par la beauté de son interprète
(Delphine Seyrig), cachée derrière ses lunettes de
soleil. Puis, il y a ce défi que la femme lance au jeune
homme : "Racontez-moi quelque chose de beau..."
Le héros lui narre alors plusieurs récits plus
intrigants les uns que les autres. Ceux-ci porteront
leurs fruits, puisqu'ils amèneront l'héroïne à se
dévoiler.
Ces histoires racontées par le jeune homme pourraient
avoir un point commun : elles sont en quelque sorte le
récit de suicidés, celui du photographe qui témoigne de
la mort vers quoi il se dirige fatalement, ou encore
l'anarchiste qui veut absolument mourir alors que son
geôlier rêve d'une paix éternelle qui fera cesser son
insomnie permanente depuis qu'il a frôlé la mort. Cette
dimension suicidaire demeure cependant explicite.
Contrairement à ce qu'évoque le titre, on ne parle pas
clairement de suicide. L'œuvre n'est pas
particulièrement encline à la déprime et la mélancolie.
Seul le mot journal dans le titre trouve un véritable
écho dans le film puisque que nous sommes les lecteurs
du journal intime du personnage principal.
Le journal d'un suicidé est à l'image de son
héroïne : mystérieux. Sa forme peu structurée du fait de
l'imbroglio d'histoires, semble pourtant émaner d'une
imagination cohérente de l'artiste. Celui-ci joue avec
les sons, les voix des personnages, les cris des
mouettes ainsi que les couleurs. Il a d'abord recours au
noir et blanc, avant d'utiliser toute une palette de
monochromies et terminer par la couleur. Il alterne
aussi scènes parlantes, d'action et de contemplation.
Les regards varient grâce à des acteurs qui comptent
parmi les meilleurs de l'époque à l'exemple de Samy Frey
ou Marie-France Pisier qui sont séduisants parce que
déroutants.
Le spectateur s'évade ainsi le temps de ce film entre
humour et désenchantement. Il se perd dans le labyrinthe
formé par les récits du personnage de Samy Frey pour
attendre la révélation finale du mystère : celui de
Delphine Seyrig et peut-être aussi comprendre le mystère
du film et par extension celui de l'art tel que le voit
Stanislav Stanojevic.
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