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La Nouvelle Vague d'épouvante.
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Les Innocents
un thriller fantastique
de Jack Clayton
sortie en DVD 2006.
1961, avec Deborah Kerr, Michael Redgrave, Megs Jenkins,...
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Un des grands
classiques du genre d'horreur, d'après une nouvelle
d'Henry James, Les Innocents de Jack Clayton
prouvent qu'avec les moyens artistiques de la mise en
scène, le sang peut encore se glacer dans les veines -
même après plus de quatre décennies.
Désormais en DVD, ce film constitue sans nul doute un
des chefs d'œuvre du film britannique. Tourné à l'époque
du British New Wave (dont les maîtres étaient
Tony Richardson et Karel Reisz), Les Innocents ne
portraiture pas les malaises des classes sociales
pauvres en Grande-Bretagne, mais suggère une vue
discrète sur la société victorienne à la fin du XIXème
siècle à la manière de Joseph Losey (Le messager).
Comme les productions plus gaies ou humaines de cette
ère, ce film aussi applique une belle mise en scène en
noir et blanc y compris des cadrages et mouvements
subtils, grâce au caméraman Freddie Francis. Un jeu
d'ombre et lumière ne se trouve pas uniquement sur un
niveau visuel, mais également dans l'état d'âme.
Mrs Giddens, une jeune bonne d'enfants pudique et
apparemment "innocente" (Deborah Kerr à 40 ans !) ne
peut pas renoncer à une offre trop belle d'un oncle
riche (Michael Redgrave jouant le bon vivant
shakespearien) qui ne veut s'occuper en aucun cas de ses
petits neveux dans une grande maison campagnarde. La
mission une fois acceptée, la mène littéralement au
paradis, où les cygnes se caressent sur le lac
romantique, où les roses se voûtent sur un jardin secret
et où demeure une résidence magnifique habitée par deux
enfants ravissants et leur personnel. On apprend que Mrs
Giddens va remplacer la bonne décédée, Miss Jessop.
Comment celle-ci a trouvé sa fin, ne l'intéresse pas
encore ; était-elle toujours captée par la (fausse)
gentillesse et la fidélité de la petite Flora (Pamela
Franklin) …
Des contradictions mystérieuses apparaissent
tranquillement lorsque Mrs Giddens reçoit une lettre qui
annonce le renvoi du petit Miles de l'école (Martin
Stephens) à cause du comportement cruel envers ses
camarades. Non seulement les enfants changent au cours
de l'histoire (ils deviennent de plus en plus
incalculables), mais aussi le point de vue de la bonne :
Elle cauchemarde et a des visions des personnages
(morts) dès qu'elle joint les petits! En questionnant la
vieille gouvernante Mrs Grose (Megs Jenkins) sur le
passé de cette maison et des enfants en particulier,
elle apprend un secret terrible sur le personnel
antérieur…
L'horreur dans ce film est surtout psychologique et
rarement visible. Avec une approche freudienne, le
réalisateur réussit à cacher une réalité plus affreuse
qui pourrait demeurer à l'intérieur de toutes nos âmes
et qui manipulerait l'accès à la vérité. En partant dans
ce voyage sinistre, il arrive un certain point, où il
n'est plus possible de distinguer entre deux états
d'authenticité, soit l'imagination soit le réel. Mrs
Giddens fait partie de cette expédition en réalisant
trop tard sa folie. Elle se penche vers sa conviction et
essaie bel et bien d'incarner l'héroïne qui sauve les
enfants du mal en croyant à leur innocence. Et quand se
trompe-t-elle ? Quand elle est la racine de la
perversion ? On ne sait jamais. Cela est bien le secret
du film.
Visuellement le film est fabuleux. L'écran dessine en
noir et blanc des ombres lumineuses et patibulaires tour
à tour, soutenu par un cadrage magnifique. Dans ce
genre, seul " La Maison du Diable " de Robert Wise lui
arrive techniquement à la cheville. Apparemment,
l'opposition de la beauté et de la calamité constitue le
cœur du film. Nombreuses sont les scènes où l'œil
s'enivre d'abord de la splendeur morbide qui évoque les
poèmes de Georg Trakl. Bien placés sont les
environnements de la maison, le lac au coucher de
soleil, le jardin de roses. Toutes ces images servent à
la fin pour ajouter un certain diabolisme à la réalité
qui plonge en ambiguïté face aux expériences
inquiétantes de Mrs Giddens. Certes, cette tactique
métaphorique où, derrière chaque achèvement sublime, se
cache la perdition, est pour le spectateur simultanément
très attirante ainsi que déchirante. Cependant, elle
montre à la longue ses déficits, car elle devient
calculable. Mais un excès d'opposition mène sur une voie
déjà bien tracée par des œuvres moins artistiques. En
outre, l'exagération de jouer avec hystérie, se porte
mal de temps en temps. Les cris pointus qui s'accumulent
dans le dernier tiers labourent l'oreille fréquemment à
la limite du supportable. C'est réellement une petite
référence au genre d'épouvante des années vingt, mais
qui semble dans ce contexte un peu hors jeu face à la
composition cinématographique méticuleuse.
Un petit détail tout de même: le cinéaste a tenté de
présenter le film en flashback intégral. En appliquant
cette technique, il anéantit partiellement son histoire
bien élaborée de la première partie du film ; encore
pire, on peut conjecturer déjà bien en avance ce qui va
se passer avec la pauvre Mrs Giddens…
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