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Dirigée pour la seconde fois par Woody Allen, Scarlett Johansson est une
Sondra convaincante, et elle entre désormais, aussi, dans cette
catégorie, actrice allenienne.
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SCOOP
comédie dramatique de Woody
Allen
novembre 2006.
avec Scarlett Johansson, Hugh Jackman,
Woody Allen, Ian McShane,...
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Woody Allen est un grand du cinéma, apprécié
particulièrement en France, où ses multiples tableaux
d'une bourgeoisie intellectuelle new-yorkaise, fort
méconnue, ont toujours fait les délices de la critique.
Mais Woody Allen ne se limite pas à cette peinture
cinématographique. Et Scoop, son dernier opus, témoigne
d'une capacité brillante, à toujours avancer, et à
surprendre.
Scarlett entre Woody et Scoop
Au moment où Scarlett Johansson qui joue Sondra Pransky,
tombe de la barque, au milieu du lac, poussée par son
ami, on se rappelle leur rencontre à la piscine où elle
manqua de se noyer, s'il n'avait pas courageusement
plongé pour la sauver des flots chlorés. On se rappelle
aussi que dans le précédent Woody Allen, fort sombre et
cynique au demeurant (le tout récent Match Point),
Scarlett Johansson est assassinée par son amant. Aussi,
le spectateur est saisi d'effroi, qui constate
l'acharnement avec lequel Woody Allen essaie de la
faire assassiner.
Et l'on est déçu, lorsqu'on la voit se débattre, appeler
au secours, puis lentement s'enfoncer dans les eaux de
ce lac privé.
Comment en est-on arrivé là ? Miss Pransky/Johansson,
qui commença sous la direction de Robert Redford, est
une jeune étudiante, et par le jeu des hasards, est
amenée à découvrir une troublante révélation. Un des
plus éminents personnages du Royaume d'Angleterre serait
en fait l'assassin d'une prostituée.
La révélation a lieu d'une manière fort peu commune.
Enfermée dans la boîte d'un magicien, sur scène, en
pleine représentation, elle reçoit la visite éclair d'un
grand reporter décédé (Joe Strombel), qui lui demande de
résoudre cette affaire.
Le magicien de la boite magique, c'est Woody Allen, qui
s'annonce comme le grand " Splendini ", en lieu et place
de son vrai nom, Sid Waterman.
Etudiante en journalisme, Sondra Pransky, détient là un
scoop, qui peut propulser sa carrière, et accompagnée de
Sid Waterman, elle se lance à la poursuite du meurtrier
présumé.
Le film abonde d'autocitations ou de ces signes
Alleniens, et de scènes au rythme enlevé, sur une
musique endiablée, et d'une esquisse d'ironie sociale.
La toute première scène du film, théâtralisée, est celle
de la traversée du Styx, sur une barque, traversée
pendant laquelle Joe Strombel, le grand reporter, se
présente aux autres passagers. Scène évidemment
irréelle, onyrique, mais donnant le ton du film, vif et
décalé. Le décor est noir, la barque avance lentement,
et Joe Strombel acquiert la possibilité de revenir de
temps en temps, pour quelques brèves secondes dans le
monde des vivants.
Dans une seconde scène forte, Woody Allen, alias "
Splendini ", nous fait une présentation jubilatoire de
son art magique, avec brio et verve, dans une salle
bondée, où il trouve Sondra/Scarlett, qu'il enferme dans
sa boîte magique pour exécuter un de ses tours. C'est à
ce moment que la révélation a lieu.
La rencontre entre Sondra et Lyman, le tueur en série
présumé, constitue aussi un moment de bravoure, où
Sondra, dans un maillot une pièce rouge carmin, attire
l'attention en manquant de se noyer. Inévitablement, le
" truc " fonctionne, entre l'Apollon britannique et la
Sirène de Copenhague (Miss Johansson est d'origine
danoise). Elle lui présente Splendini, qu'elle fait
passer pour son père.
Sondra et Splendini, sont invités à une Garden Party
donnée par Peter Lyman, et c'est l'occasion pour
Splendini de se livrer à un véritable festival de
manipulations de cartes au milieu des invités, jet set,
aristocratie, et grande bourgeoisie. Splendini n'est
plus pour l'occasion le magicien Splendini. Il se fait
passer pour un riche homme d'affaires américain, aux
goûts vestimentaires peu sûrs, mais compensés par le
brio de sa dextérité en matière de manipulation de
cartes. Et littéralement, il subjugue son public,
conquis par ses prouesses. Dans ce monde très ordonné,
mais pas si fermé, il amène un peu d'originalité, de
spontanéïté et d'étonnement aussi.
Maestria aidant, et secondé par Sondra, il découvre des
indices de la possible culpabilité de Lyman…
Ce dernier Woody Allen, livré si vite après Match Point,
et c'est un indice, fourmille d'idées et est éclairée
d'une vraie joie de vivre, d'une certaine truculence
aussi. Il délivre aussi des portraits de personnages
solidement campés. Un excentrique, artiste, ou un
artiste un peu excentrique, joyeux de nature, mais un
peu solitaire, qui se parle à lui-même, et
s'auto-parodie en permanence. Une jeune étudiante,
américain et ambitieuse, ambitieuse dans le bon sens du
terme, c'est-à-dire qui veut prendre le plus rapidement
possible les bonnes rampes de lancement. Il n'y a pas de
critique de l'ambition. Enfin un tueur, mondain, riche,
puissant, cynique, et tout à son plaisir, et à son rang.
Point de manichéïsme, ou de pseudo-critique d'une
société, ou plutôt de la haute société britannique.
Woody Allen / Splendini, n'y fait qu'un bref passage. En
observateur, et en joueur aussi.
Pourtant, on ne manquera pas d'observer un jeu de
miroirS, en diagonale, comme sur les cartes à jouer. Un
premier jeu de miroir, c'est
l'opposition-complémentarité entre Scarlett, jeune,
belle, sensuelle, ambitieuse, d'une part, et Splendini,
d'autre part, un peu vieux, pas très beau, un peu
avachi, malingre, et désabusé. Cette machinerie,
classique, fonctionne à merveille.
Le second jeu de miroir, est celui qui met face à face,
une Sondra, américaine, du nouveau monde, vive, enjouée,
mobile, qui symbolise une certaine Amérique, à une haute
société britannique encore sûre d'elle-même et de sa
force, mais immobile et cynique. Et entre cette
Angleterre, et Scarlett, c'est Scarlett qui gagne, ceci,
sans jugement de valeur. Woody Allen surfe surfe sur
l'étiquette et les bienséances, il impose son code,
celui de Splendini, le magicien, mais Splendini/Sod
Waterman ne critique pas ses hôtes.
A ce jeu de miroirs, il faut ajouter la mention
explicite de Waterman à Mademoiselle Pransky sur leurs
origines juives communes, l'un et l'autre d'origine
Askhénase, et orthodoxe, qui en fait symboliquement sa
continuation, et la fille qu'il n'a pas eue. L'un et
l'autre, pleins d'intelligence, de vivacité d'esprit,
d'agilité et d'une joie de vivre communicative, qui se
fraient un chemin parmi les autres.
Continuation et miroir de Match Point, qui est plus
lent, plus violent, cynique et décevant sur le plan de
la justice morale (la justice peut-elle être morale ?),
Scoop réserve encore des surprises à celles et ceux qui
ne l'ont pas encore vu. Nous insistons lourdement pour
vous donner une piste. Scoop est bien un miroir en
diagonal de Match Point. C'est un indice..
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