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« L’Emoi de la Photo » Coup d’envoi de la 2ème édition à Orléans
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Lumen, agitateur d’idées argentiques et numériques ! Née en 1999 avec dans ses poches fraîchement cousues l’envie de réaliser un festival photographique en ville destiné avant tout au public, l’association Lumen, à laquelle nous avions alors consacré un entretien grandit, s’enrichit et remet la mise en octobre et novembre avec un « Emoi de la Photo » prometteur et en plein développement. Le concept, toujours le même - donner aux photographes les espaces de la ville pour exposer leurs œuvres (commerces, lieux culturels / officiels, etc.), a été développé pour arriver cette année à une programmation très diversifiée en thèmes, photographes et événements. C’est une action au quotidien qui a permis à l’association de fédérer les désirs, d’emporter les convictions et de réunir une ville, ses habitants qui trouveront un écho singulier à notre société du tout image. Autant de regards que de participants, aux antipodes du prêt-à-penser ou du prêt-à-voir, qui prouvent une fois de plus que l’initiative culturelle et artistique ne se réduit pas aux nouveaux académismes de l’art et au martèlement commercial de l’image en boîte, qu’elle soit télévisuelle ou multimédia. Nous ne déflorons pas ici la programmation du festival, laissant le soin à Valérie Leray et Malik Nejmi, deux membres de Lumen, de nous présenter le cru 2000. @xé libre, qui a choisi d’être partenaire de « L’Emoi de la Photo », vous invite à découvrir ce parcours automnal haut en couleurs et en noir et blanc ! |
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Brendan
Darcy,
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![]() Stéphanie Toussaint, PROMÉTHÉE-MOI, Orléans |
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Quelle est l’évolution de l’Emoi de la Photo pour son édition 2000 ? Tout d’abord, le festival a doublé de dimension. Nous avons cette année une cinquantaine de lieux d’exposition pour quarante photographes, avec un réseau qui s’étend à l’Europe. Nous avons également, en dehors des expositions dans les commerces, investi des structures plus importantes en créant un lien entre les oeuvres et le lieu d’accueil : une expo à la grande poste « Coursiers à Montréal », nous enchaînons le Forum des Droits de l’Homme avec une exposition à l’Hôtel de Ville « Femmes berbères du Maroc », la Scène Nationale en partenariat avec une commande d’envergure internationale à Daniel Gilbrat et une exposition de Marie Redor au Théâtre et à l’Université de La Source. L’Institut d’Arts Visuels (IAV) programme avec le Fonds d’Archives Italiens « La Strada », une exposition de photographies au sol à la salle de cinéma des Carmes. |
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Autre nouveauté de la programmation, c’est l’invitation de photographes étrangers... Cela correspond au projet de Lumen : créer des échanges avec d’autres collectifs. Avec l’association Naïma et Pascal Teixas qui la dirige, nous construisons un partenariat avec Kiklos, association grecque basée à Athènes depuis 15 ans. Panayotis Lamprou, qui a travaillé sur « La Strada » avec un italien et un américain, et Zoé Campiraki qui pratique une photographie autour du thème du théâtre, sont programmés dans la manifestation. « La Strada », hommage à un architecte qui a construit cette route entre la Grèce et l’Italie, est un travail sur la mémoire élaboré par trois photographes en chambre photographique 6/6 et 24/36. En outre, Panayotis Lamprou sera accueilli en résidence pendant le festival, afin d’apporter une regard personnel sur la ville d’Orléans. c’est un homme qui a une vision précieuse sur des détails d’architecture ou des objets urbains par un cadrage qui met en relation peinture et photographie. Nous créons à l’IAV une vitrine où le public pourra découvrir un cliché par jour réalisé par Panayotis. Enfin, Elisabeth Blanchet, photographe française installée au Togo présente un reportage sur les portefaix à Lomé la nuit, et Brendan Darcy, Irlandais installé à Dublin qui travaille sur les objets laissés par des enfants dans la rue, viennent compléter la sélection étrangère. Autre apport de cet seconde édition, des projections de films dans un cinéma ouvert récemment à Orléans. Quel en est l’objectif et le contenu ? Nous avons intitulé cette journée qui se déroulera le 30 Octobre sur entrée libre : « Droit de regards ». Les projections comprennent des films court et long métrages, documentaires et fictions réalisés sur ou à partir de la photographie. La journée se déroulera de la façon suivante : Un « Contact » de Klein et un autre de Depardon. William Klein a initié cette série de documentaires de 13 minutes qui propose des planches contacts, reportages des photographes qui les commentent, et abordent la situation dans laquelle ils étaient, leurs partis pris, etc., « Les pinces à linge », fiction de Joël Bris issue d’une série sur les cinq sens. Nous montrons le film sur la vue, histoire d’un jeune aveugle qui découvre la photographie grâce à l’appareil qu’il gagne à un concours, « Si j’avais quatre dromadaires » de Chris Marker où un photographe présente ses photos à des amis, ce qui se transforme en une conversation-analyse politique du monde : on passe par le Maroc, la Suède, les Etats Unis, l’URSS, la Grèce. Il y a là des arguments politiques, économiques, loin de la seule vision anodine d’une soirée entre amis, Nous avons également voulu présenter de jeunes auteurs : Vianney Lambert et Laëtitia Miklès qui ont réalisé un court métrage vidéo à partir de photos prises lors de l’occupation de la Cathédrale d’Evry par des Sans papiers en 1998, « Images du temps d’avant », un film de Charlie ROJO qui parle de l’émigration aux Etats Unis en comparant ce phénomène au voyage sur la lune. C’est un essai expérimental, une sorte de description du mythe américain, une analyse de l’immigration assez originale, où les symboles passent des images d’archives aux images contemporaines de New York, « Une histoire photographique », documentaire de Natacha Fontaine réalisé il y a cinq ans et qui a reçu le Prix de l’Unesco, ayant pour sujet les studiotistes de Bamako et le développement de la photographie sur le continent africain, Pour finir, nous aurons un montage du collectif Tendance Floue d’une durée de cinq minutes, présenté aux Rencontres photographiques d’Arles. C’est la première partie du livre « Nous traversons la violence du monde, un sentiment de légèreté nous traverse », des photos noir et blanc, sorte de regard singulier sur le monde contemporain. Enfin, et pour « l’After », un documentaire intitulé « Patagoniennes », des images projetées accompagnées en direct par des musiciens et un narrateur qui raconte une virée en Argentine. Bref, un programme dense et riche associant grands noms et jeunes réalisateurs : de quoi satisfaire les appétits visuels féroces !
Propos recueillis par Gunther Ludwig
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Malik Nejmi, CYCLOTRONCHES, Orléans |
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