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Panalyiotis
Lamprou - étudiant en photographie, et Pigi Psimenon - photographe
amateur avertie, sont venus d’Athènes pour l’Emoi de la Photo, à l’occasion
de la présentation de leurs photographies dans le cadre du festival.
Propos recueillis après quelques jours de visites d’expositions et de
rencontres multiples.
Quelle
est le type d’exposition présentes-tu pour l’Emoi de la Photo ?
Panalyiotis
Lamprou : C’est le
résultat d’un projet que j’ai mené lors d’une formation suivie
en Italie. Nous nous sommes rendus, mes deux professeurs Guido Guidi -
Italien, Willie Osterman - Américain, et moi-même, sur le parcours de
La Strada « Reina Margharita », une route de montagne. L’histoire
de cette route est celle d’un architecte italien, né en 1890, qui l’a
construit : cela nous a amené à écrire une nouvelle récit sur une
histoire préexistante. Chacun de nous a photographié sans penser qu’il
avait quelque chose de particulier à faire. Au départ, l’objectif de
ce travail était très confus : il s’agissait avant tout d’un
« exercice » photographique. Willie a travaillé uniquement
sur la route, Guido sur les lieux où l’architecte a grandi, et quant
à moi j’ai pris un peu des deux. Finalement, les trois
« parcours » se complétaient bien. Mais nous l’avons
réalisé seulement par la suite et avons donc monté une exposition.
Où
avez-vous exposé ces travaux avant Orléans ?
La
première exposition s’est tenue à Athènes et la seconde en Italie
dans le cadre d’un festival. L’exposition en Grèce a été rendue
possible grâce au « Cercle Photographique Kyklos » et à
une association qui aide les toxicomanes à sortir de la dépendance.
Nous avons utiliser ces photographies d’une façon métaphorique avec
ces personnes en détresse. Car cet architecte, né dans une région
extrêmement pauvre, a réussi à apprendre seul les rudiments de l’architecture
et finalement construit cette route dans cette même région afin de la
désenclaver. C’était une très bonne mise en perspective du retour
à un quotidien moins difficile pour ces anciens toxicomanes. La seconde
exposition en Italie s’est déroulée dans la région où nous avons
effectué ce travail. Ce fut intéressant car les habitants ont pu
porter un regard différent sur leur lieu de vie.
Ici
à Orléans, j’espère pouvoir échanger des points de vue sur cette
exposition avec des photographes français, comme nous avons pu discuter
dans d’autres pays. La façon dont nous avons travaillé va d’ailleurs
bien au delà des nationalités ; c’est une recherche de communication
sur les réflexions de chacun.
Pigi
Psimenon : Les photos que j’ai amené ici ont été réalisées sur une
île au large de la Grèce continentale. Il n’existe pas de sujet
particulier dans mon travail, je me suis simplement intéressée à l’environnement
où j’évolue : des personnes, des objets, des lieux, etc. Lorsque je
suis en face d’un « sujet », je l’observe un moment puis
je déclenche de façon spontanée, sans jamais revenir sur la prise de
vue. Il y a une notion d’instantanéité dans cette démarche.
Quand
j’ai visité mon exposition, j’ai eu la sensation que ces
photographies étaient extrêmement silencieuses, comme des nature
morte. Rien ne bouge à l’intérieur de ces tirages, et ce qui est
surprenant, c’est que je n’avais pas ressenti cela auparavant. Pour
autant, cela n’est pas désagréable et reflète en partie ma
personnalité et mon approche du médium photographique. La
photographie, si elle n’est pas pour moi un métier, est un compagnon,
un ami proche dont j’ai besoin.
Comment
se déroulent les activités liées à la photographie en Grèce ?
Panalyiotis
Lamprou et Pigi Psimenon : Les
vingt dernières années ont vu un développement très rapide de la
photographie. Avant il n’existait que des photographes professionnels
travaillant seuls, de façon isolée. Aujourd’hui, des organisations
font un travail très sérieux d’information, de formation, de
monstration. Il est certain que le développement économique a
favorisé l’émergence d’une demande de culture par le public, en
particulier pour la photographie.
J’aimerais
donné l’exemple du « Cercle de Photographie Kyklos » dont
nous sommes membres, une association créée par Platon Rivallis, un
photographe qui a fondé un lieu pour cette pratique à Athènes. Le
Cercle dispense des formations, dispose d’un centre de documentation
de 3500 ouvrages, aide les photographes à pénétrer le circuit
professionnel, organise des expositions dans le Photo Hall, et met à la
disposition des membres et des visiteurs une cafétéria où nous
pouvons prendre le temps de partager. |