Kats

TNKATZ01.jpg (9472 octets)
photo 1

Du côté de Belleville, dans un coin du 19e arrondissement, c’est presque la tranquillité des petites bourgades. Un passage ouvert et pavé, bordé par d’anciens ateliers industriels. Nous sommes sur une butte, loin du métro et de l’activité bourdonnante d’en bas. Le calme prédomine. C’est ici que se trouve l’antre créatrice de...Au-delà d’une vieille machine à lithographie qui obstrue l’atelier, on aperçoit des toiles d’un beau format dont le chatoiement des couleurs réchauffe l’atmosphère hivernale ! Acteur du lieu, Kats (alias Sylvain Chalard) nous accueille avec un sourire chaleureux. Enfoncés dans un sofa (sans retour?!), la discussion s’amorce et prend corps autour d’un peintre d’une extrême simplicité.La trentaine, Kats s’est mis à la peinture en autodidacte et a décidé depuis peu d’en vivre.

Encore un, nous direz vous. Oui, mais Kats ne manque pas de talent pour y parvenir. S’il donne à la fois dans la figuration et l’abstraction, c’est le portrait qui retient ses faveurs. Et quels portraits !

Un festival de couleurs et de formes où les femmes tiennent le haut du pavé. Pourquoi peindre une femme se servant du café, une autre au milieu de bouteilles et de verres ? Kats ne le sait pas vraiment. C’est une fille qui est sortie un jour du crayon, comme ça. De toute façon, la forme ne l’intéresse pas tant que la couleur pour le moment. C’est le travail des pigments qui focalise son attention : " C’est avec la bande dessinée que je considère comme un art à part entière, que j’ai eu mes premiers contacts avec la couleur, (...) sans doute l’élément qui m’attire le plus. Au-delà d’un quelconque message ou d’une démarche picturale. "
Et l’état actuel de ses recherches est prometteur. Pour ses figures féminines pleines de vie, il travaille à partir de photographies. Après les croquis préparatoires, il passe au cœur de son labeur : la peinture. C’est là que tout se joue. Lentement, patiemment, il remplit la toile de pigments contrastés qui créent la dynamique du tableau. L’impression d’ensemble est celle d’une vitalité sans réserves. Comme des éclaboussures canalisées. L’opposition des courbures et des rigidités de la forme absorbe les regards en profondeur. Kats travesti le réel en déformant les bouches et les bras, en faisant jaillir le café des tasses, en faussant les perspectives. Il permet à l’image de rebondir sur elle-même.

TNKATZ02.jpg (10240 octets)
photo 2

 

TNKATZ03.jpg (11468 octets)
Photo 3

Pourtant, le relief est absent et donne un aspect graphique à sa production. Il préfère procéder par étapes successives et utiliser des glacis de deux couleurs qui finissent par accoucher d’une troisième. C’est peut-être ce retour incessant sur l’ouvrage qui découpe le tableau en zones chaudes et froides, affolées ou reposées tour à tour.

Le domaine de Kats, c’est un petit monde à part, où les objets comme les être se jouent des lois de la pesanteur. Une vie à la marge, où le sourire carmin d’une jeune femme répond aux bleus dégradés mais tonitruants des fonds. Une goutte concentrée de joie extraite de sa palette. Lisez plutôt : " Mon ambition serait de créer avec mes tableaux une atmosphère onirique, reposante, voire magique (...), un univers de couleurs (...) agissant comme une véritable thérapie pour un cerveau malmené après une journée éprouvante. "

Qu’attendez-vous, chers lecteurs, pour y goûter vous aussi ?!

 

Kats expose certaines de ces toiles en permanence à la galerie

Arts Factory
48 Rue d’Orsel  - 75018 Paris

Tel : 01.53.28.13.50

 

TNKATZ04.jpg (10259 octets)