Kats
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Du
côté de Belleville, dans un coin du 19e arrondissement, cest presque la
tranquillité des petites bourgades. Un passage ouvert et pavé, bordé par danciens
ateliers industriels. Nous sommes sur une butte, loin du métro et de lactivité
bourdonnante den bas. Le calme prédomine. Cest ici que se trouve lantre
créatrice de...Au-delà dune vieille machine à lithographie qui obstrue
latelier, on aperçoit des toiles dun beau format dont le chatoiement des
couleurs réchauffe latmosphère hivernale ! Acteur du lieu, Kats (alias
Sylvain Chalard) nous accueille avec un sourire chaleureux. Enfoncés dans un sofa (sans
retour?!), la discussion samorce et prend corps autour dun peintre dune
extrême simplicité.La trentaine, Kats sest mis à la peinture en autodidacte et a
décidé depuis peu den vivre. Encore un, nous direz vous. Oui, mais Kats ne manque pas de talent pour y parvenir. Sil donne à la fois dans la figuration et labstraction, cest le portrait qui retient ses faveurs. Et quels portraits ! |
| Un festival de couleurs et de formes où les femmes tiennent le haut du
pavé. Pourquoi peindre une femme se servant du café, une autre au milieu de bouteilles
et de verres ? Kats ne le sait pas vraiment. Cest une fille qui est sortie un
jour du crayon, comme ça. De toute façon, la forme ne lintéresse pas tant que la
couleur pour le moment. Cest le travail des pigments qui focalise son attention :
" Cest avec la bande dessinée que je considère comme un art à part
entière, que jai eu mes premiers contacts avec la couleur, (...) sans doute
lélément qui mattire le plus. Au-delà dun quelconque message ou
dune démarche picturale. " Et létat actuel de ses recherches est prometteur. Pour ses figures féminines pleines de vie, il travaille à partir de photographies. Après les croquis préparatoires, il passe au cur de son labeur : la peinture. Cest là que tout se joue. Lentement, patiemment, il remplit la toile de pigments contrastés qui créent la dynamique du tableau. Limpression densemble est celle dune vitalité sans réserves. Comme des éclaboussures canalisées. Lopposition des courbures et des rigidités de la forme absorbe les regards en profondeur. Kats travesti le réel en déformant les bouches et les bras, en faisant jaillir le café des tasses, en faussant les perspectives. Il permet à limage de rebondir sur elle-même. |
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Pourtant, le relief est absent et donne un aspect graphique à sa production. Il préfère procéder par étapes successives et utiliser des glacis de deux couleurs qui finissent par accoucher dune troisième. Cest peut-être ce retour incessant sur louvrage qui découpe le tableau en zones chaudes et froides, affolées ou reposées tour à tour. Le domaine de Kats, cest un petit monde à part, où les objets comme les être se jouent des lois de la pesanteur. Une vie à la marge, où le sourire carmin dune jeune femme répond aux bleus dégradés mais tonitruants des fonds. Une goutte concentrée de joie extraite de sa palette. Lisez plutôt : " Mon ambition serait de créer avec mes tableaux une atmosphère onirique, reposante, voire magique (...), un univers de couleurs (...) agissant comme une véritable thérapie pour un cerveau malmené après une journée éprouvante. " |
| Quattendez-vous, chers lecteurs, pour y goûter vous
aussi ?!
Kats expose certaines de ces toiles en permanence à la galerie Arts Factory Tel : 01.53.28.13.50 |
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