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LA PAROLE TUE
TUE LA PAROLE
«
JE NE»
Antoine
Emaz
Editions en Forêt / Verlag im Wald. 2001.
Edition trilingue : français, allemand, arabe
6,86
€ (45,00 F)
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Dans un poème intitulé JE NE, Antoine Emaz nous confronte à la difficulté de communiquer pour une personne qui ne parle pas la langue du pays dans lequel elle vient de s’installer.
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« Je n’existe pas dans cette langue », telle est la clef de ce poème inspiré par l’expérience du professeur (Antoine Emaz) face à une élève d’origine algérienne qui ne parle ni ne comprend notre langue. Comment communiquer et faire en sorte que l’élève puisse suivre, au moins partiellement, les cours ? Et quelle est cette prison qu’est la non-communication ?
Par touches successives, nous nous approchons d’une certaine vérité que le silence, l’absence de mots rendent plus transparente, non parasitée par le brouhaha des syllabes. Une vérité humaine rentrée dont on pressent qu’elle touche à l’essentiel, au funambulisme (*) de la vie.
Les mots du texte sonnent justes, comme en résonance avec les non-mots de l’élève, avec cette souffrance muette dont le visage est le seul parchemin et qui nous parle de nos propres manques.
« Défaut de langue à pic », voilà bien l’expression qui convient : la non-parole est un vertige, une chute libre vers quelles profondeurs ? Et le pic exprime le tranchant de la douleur, le danger inhérent au silence, le sommet et l’abrupt d’une telle condition humaine.
La parole n’étant pas dite, elle demeure. Elle ronge l’intérieur tel un acide qui travaille insidieusement l’être profond. La parole tue tue la parole, comme elle détruit ce qui ne peut être construit.
Ce qui passe par le regard, c’est une vie qui vient d’ailleurs, et qui d’ailleurs ne vient pas. Ne passe pas. Ne transhume pas.
On a beau regarder le regard, sentir ce qu’il y a derrière, quelque chose ne passe pas.
Solitude. Désespoir. Révolte.
Et puis l’infime certitude que tout cela n’est pas vain, qu’un peu de terre se trouve plus meuble, que l’on s’est avancé, à petits pas, vers un ailleurs qui nous échappe tout comme un horizon.
Daniel LEDUC
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(*) néologisme.
Editions en forêt / Verlag im Wald :
Dirigée par Rüdiger Fischer.
Dönning, 6
93485 RIMBACH
ALLEMAGNE
http://www.verlagimwald.de
info@verlagimwal.de
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Né en 1955 à Paris, Antoine Emaz vit à Angers. Il est l'auteur d'une quinzaine de
livres. Outre ses oeuvres poétiques, il a publié des études littéraires et des poèmes dans de nombreuses revues.
Depuis 1990 il a principalement publié : En deçà (Fourbis, 1990) ; C'est (Deyrolle, 1992) ; Poème, trois jours, l'été (éd. PAP, 1992), Peu importe (Le Dé bleu, 1993) ; Entre (Deyrolle, 1995) ; Fond d'oeil (Théodore Balmoral, 1995) ; Sable (Tarabuste, 1997) ; Boue (Deyrolle, 1997) ; Soirs (Tarabuste, 1999). |
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