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Pierre Buraglio

Pierre Wat
éd. La création contemporaine et Flammarion,  192 pages, 35,00 € 

Pierre Wat propose aux lecteurs une approche initiatique de l'œuvre de Pierre Buraglio dont la création débute dès les années 1960. Il resitue l'artiste dans le contexte de création de cette génération où les jeunes plasticiens se positionnaient par rapport à leurs aînés et affirmaient leur identité propre. 


D’après Buraglio

Pierre Wat offre au grand public un ouvrage monographique sur l’œuvre de Pierre Buraglio. Evénement, car aucune édition n’a encore été consacrée à ce peintre en dehors d’un contexte d’exposition. Il y retrace la carrière de l’artiste, né à Charenton en 1939, qui aurait pu appartenir au groupe Support(s)/Surface(s), mais qui est resté en dehors de toute taxinomie ou tout classement réducteur. Il appartient à cette génération d’artistes des années soixante et soixante-dix qui, rejetant les moyens traditionnels de la peinture (toile tendue sur un châssis, perspective…), a cherché à développer une nouvelle expression picturale se voulant le plus possible attachée à la matérialité du monde et de l’art. Cette démarche est caractéristique du moment par le refus de la représentation figurative et par la recherche d’un espace pictural nouveau, par son impossibilité à affronter la surface propre de la toile et par la réflexion qu’il mène autour du support. Le spectateur est confronté à une surface bidimensionnelle, sans perspective ni ligne de fuite, où le support et la surface sont confondus. Contrairement à Buren, Mosset, Parmentier ou Toroni, Buraglio refuse le discours sur la disparition de l’artiste et de la peinture. Lui se revendique comme peintre, mais un        « peintre sans peinture ».

« L’économie du pain perdu »
Il aime à se resituer dans une histoire des formes qui va de Poussin à Hantaï en passant par Cézanne, Matisse ou Pollock. Une tradition qu’il conçoit comme un renouvellement constant de la pratique picturale, avec comme principe sous-tendu la volonté d’esthétisation de l’objet. Il glane son matériau de travail et l’intègre dans une « économie du pain perdu » : » : il coupe d’anciennes toiles dont les morceaux sont agrafés, il ramasse des paquets de « Gauloises » qu’il scotche, il utilise des chutes de ruban de masquage récupérées chez un carrossier, ou des fenêtres sur des chantiers de démolition. Ce ne sont que des citations du réel. « L’usage de pièces condamnées comme matrices d’œuvres nouvelles devient le modèle opératoire qui va s’étendre à toute sa pratique de façon féconde », mais ces objets de rebut doivent manifester un potentiel esthétique, comme le bleu des paquets de « Gauloises » qui est utilisé pour la couleur elle-même (comme Matisse découpait dans la couleur). Cette démarche est complétée par sa conviction que « les œuvres sont le produit d’un certain travail, et ce dernier doit se voir ». Il est important de montrer le processus de production qui devient aussi important que la finalité, ce que Buraglio aime à rattacher à la citation de Marx : « Mes moyens font partie de la vérité, au même titre que le résultat » (référence que ne reprend pas Pierre Wat). « La pratique artistique est de l’ordre de l’intervention », et son engagement est tout autant artistique que politique. De 1969 à 1974, il met de côté la peinture pour devenir receveur sur rotative dans une imprimerie pour affirmer ses convictions. 

L’histoire de l’art revue et corrigée…
L’autre pan de la production de Buraglio auquel il reste fidèle depuis plus de vingt ans est ses « Dessins d’après… » Depuis 1979, il puise dans l’histoire de l’art les références à partir desquelles il s’inspire. C’est à dire qu’il ne s’amuse pas à recopier simplement un tableau, mais revisite Giotto, Manet, Munch, Degas, Champaigne, Seurat, Matisse… Ces maîtres interagissent sur Buraglio.
La présentation qu’en fait Pierre Wat est un concentré efficace pour se familiariser avec l’artiste, et constitue un appel pour approfondir le sujet par les lectures des écrits de Buraglio et de catalogues d’exposition. On ne peut qu’apprécier une présentation claire et compréhensible, et un très grand nombre d’illustrations, complément essentiel aux références avancées dans le texte. Le livre s’achève en laissant la parole à l’artiste par une interview vivante. 
Par cette publication, Pierre Wat participe à la reconnaissance de la place des artistes français des années 1960-1970 sur la scène internationale, ce qui n’est pas encore acquis lorsqu’en salles de vente, les artistes américains de la même période écrasent les français. On peut souligner que les œuvres de Pierre Buraglio sont présentes dans les collections des musées en France, certes, mais aussi en Finlande, aux Etats-Unis, en Corée…

Stéphanie Pioda

Pierre Wat est maître de conférence en histoire de l’art contemporain à l’université de Tours et conseiller scientifique à l’Institut National d’Histoire de l’Art.

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