|
|
Imprimer
Agrandir
|
« Le magot de
Momm»
Hélène Lenoir
Editions de
Minuit
2001, 192pages, 14
€ -
ISBN 2707317624 |

|
|
|
|
|
|
Dans Le Magot de Momm, Hélène Lenoir tisse, le temps d’un week-end,
les rapports qui se jouent entre une grand mère, Momm, et sa fille
Nann, elle-même mère de Lily et de deux jumelles, Wanda et Violette.
Toutes ces femmes vivent dans la maison de Momm, et ce lieu devient
l’enjeu d’une exploration des rapports entre mère et fille, avec la
pesanteur du passé et des non-dits.
Durant ces deux journées, Lily, âgée de dix-sept ans, va s’emparer
du « magot » de Momm, argent caché depuis de longues années et dont
personne ne soupçonne l’existence, pour s’enfuir en scooter avec
Dan. Cette intrigue reste toutefois secondaire au regard de l’enjeu
profond du livre : l’événement sert surtout de révélateur, de
déclencheur, et permet à ces femmes d’exprimer (verbalement mais
surtout intérieurement) certains « tropismes » jusque là éludés.
Hélène Lenoir retranscrit souvent ces pensées intérieures sans en
préciser l’auteur, laissant le lecteur le découvrir de lui-même. Car
si ces femmes ne se distinguent pas physiquement (elles ont pour
point commun la rousseur de leurs cheveux), le lecteur comprend vite
néanmoins les caractéristiques de chacune : Momm est obsédée par ses
tâches quotidiennes, par le regard des autres sur elle et ses
filles, Nann adopte une attitude indolente vis-à-vis des reproches
de sa mère… Le lecteur en sait trop sur la vie intérieure de chacune
et ne peut donc pas prendre position vis-à-vis de ces femmes ; il
lui est impossible de les juger.
Au sein de ce microcosme, les hommes sont absents. Momm est veuve de
Rémi depuis peu, Nann l’est aussi de Michel, un mari flambeur
désapprouvé par sa mère. Les autres ne font que passer : Mario,
l’ouvrier qui répare la clôture, Vincent, l’expert financier et
amant caché de Nann, Dan, le petit ami de Lily. Ces hommes sont
aussi, chacun à leur façon, des sources de secrets, voire de
mensonges entre les femmes de la maison. Dan permet à Lily de
s’enfuir temporairement sur les routes, Vincent fournit à Nann
l’occasion de rêver à une relation idéale avec cet homme pour
échapper aux réalités qui l’entourent.
Le style d’Hélène Lenoir se distingue par une écriture presque
cinématographique, évidente dès la première scène du livre : on
entend le bruit de l’ouvrier au-dehors, puis on entre par la fenêtre
ouverte dans la chambre où sont allongés Nann et Vincent, on
s’approche de leurs mains, puis on observe l’intérieur de la pièce…
Elle s’attache à tous les détails, pour mieux révéler la difficulté
des êtres à communiquer, ainsi que les tourments, la psychologie de
ces femmes.
Florence Cheval
|
|
Hélène Lenoir
est née en 1955 à Neuilly-sur-Seine et vit depuis 1980 à Bad
Nauheim. La Brisure a été son premier ouvrage. Elle publie en
février 2003, son cinquième roman, Le Répit.
|
|
|
|
Acheter cette ouvrage sur FNAC.COM
REAGIR
sur le forum
SOMMAIRE
de la rubrique
|
|
Inscription à la NewsLetter
|
|
|