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« La nature n'admet pas la plaisanterie ; elle est toujours vraie,
toujours sérieuse, toujours sévère ; elle a toujours raison. Les
fautes et les erreurs viennent toujours de l'homme »
Goethe
Plantes et aliments transgéniques
Jean-Marie Pelt
Editions Fayard
2000, 200 p, 13,40 €, ISBN 2213601488
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Quels sont
les arguments des surpuissantes multinationales qui poussent au
tout-transgénique ? Quels sont ceux de centaines de scientifiques
qui s’inquiètent de la nouvelle capacité de l’homme à modifier le
patrimoine génétique de dizaines d’espèces ? Cet ouvrage de
Jean-Marie Pelt débroussaille le débat.
D’un côté, il y a les pro-OGM, ceux pour qui les organismes
génétiquement modifiées donnent l’espoir d’un monde meilleur, dans
lequel les plantes, qui pourront produire des médicaments, des
substances les protégeant des insectes ravageurs ou encore offrir
d’excellents rendements, contribueront à soigner les malades,
protéger l’environnement et nourrir l’humanité entière. Il s’agit
bien sûr en premier lieu des quelques entreprises dans le monde à
s’être lancées dans la bataille des OGM et qui espèrent s’enrichir
de millions de dollars en vendant les semences de ces plantes aux
agriculteurs.
De l’autre côté, on trouve ceux qui s’inquiètent de la capacité de
l’homme à modifier le patrimoine génétique de dizaines d’espèces.
Jean-Marie Pelt fait partie de ceux-là. Son ouvrage a le mérite
d’apporter un éclairage scientifique sur ce sujet complexe.
L’éminent professeur de biologie végétale, qui sait de quoi il
parle, en appelle à la prudence : nul ne peut aujourd’hui prédire
quelles seront les conséquences de la mise en culture de plantes
génétiquement modifiées.
En effet, les nouvelles caractéristiques de ces plantes pourront se
transmettre à d’autres, proches, avec lesquelles les croisements
sont possibles. Prenons l’exemple d’une culture rendue résistante
aux herbicides. La transmission de cette caractéristique à d’autres
plantes pourrait conduire à l’invasion de mauvaises herbes dont on
ne saurait plus se débarrasser. En outre, l’homme est loin de
connaître tous les secrets de la génétique. On a par exemple
constaté que des espèces végétales très éloignées présentent
néanmoins certaines caractéristiques génétiques communes. Ceci
pourrait s’expliquer par la transmission de fragments de génomes
d’une espèce à l’autre par le biais de bactéries. Les nouvelles
caractéristiques génétiques conférées par l’homme risquent donc de
se disséminer dans la nature à tort et à travers.
Ce ne sont là que quelques-uns des nombreux arguments cités par
Jean-Marie Pelt. Celui-ci souhaite une plus grande
transdisciplinarité, qui permettrait une meilleure compréhension du
monde, et, notamment, des conséquences dans leur ensemble de la
culture d’OGM. L’auteur regrette les « clôtures infranchissables »
que l’homme a érigées entre les différentes disciplines
scientifiques : « chaque discipline a son objet, sa méthode, mais
aussi ses rites et ses tics. Son vocabulaire est volontiers abscons
pour des spécialistes de disciplines voisines, tant et si bien que
les échanges sont rares et, quand ils existent, rarement féconds ».
Que ce soit dans les domaines scientifique ou
artistique, on se tue à vous le dire, la
transdisciplinarité, il n’y a que ça de vrai…
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Jean-Marie Pelt, pharmacien agrégé,
est un botaniste-écologiste de renom. Professeur de biologie
végétale à la Faculté de Pharmacie de Nancy jusqu’en 1972,
il fonde à Metz l’Institut Européen d’Ecologie,
et enseigne la botanique et la physiologie végétale à la
Faculté des Sciences de l’université de Metz.
Aujourd’hui, chroniqueur à Santé Magazine et sur
France-Inter, il reste très sollicité pour tout ce qui
concerne les problèmes de sécurité alimentaire, et notamment
les incidences potentielles des organismes génétiquement
modifiés (OGM) sur la santé et l’environnement. |
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