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Des adolescents amoureux s'efforcent de percer le mystère des filles
Lisbon. Du haut d'une cabane nichée dans les arbres, ils passent
leur temps à scruter les fenêtres de leur maison. Vingt ans plus tard, ils rassemblent des fragments de ragots et de
ouï-dire, de conversations téléphoniques, de rapports de médecins et
de confessions crues et tourmentées. Autant de pièces à conviction qui expliqueront peut-être les morts
successives de Cécilia, Thérèse, Bonnie, Lux et Mary.
Virgin suicides
Jeffrey Eugenides
Editions J'ai Lu
Roman 2000, 222p, 5,30 €, ISBN 2290309494
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Entièrement conquise par Virgin Suicides, premier film
de Sofia Coppola, et partie en quête du roman éponyme de
Jeffrey Eugenides, j’eus la surprise de découvrir ledit
ouvrage au rayon des romans policiers du Virgin
Megastore des Champs-Elysées. Pourtant, Virgin Suicides
ne peut se classer dans cette catégorie. Certes, le
narrateur, vingt ans plus tard, tente de comprendre les
raisons du suicide des jeunes sœurs Lisbon. Mais tout
suicide est par définition un mystère impossible à
percer. A dire vrai, Virgin Suicides est un livre
inclassable, une curiosité à découvrir absolument. Le
suicide des cinq adolescentes est un prétexte, une idée
de génie pour aborder sous un angle enfin neuf le thème
mille fois ressassé de l’adolescence. Associant l’humour
au drame, Jeffrey Eugenides illustre le caractère à la
fois merveilleux et tragique de cette période, celle des
premières amours et de multiples découvertes mais aussi
du mal-être et des prises de conscience. Il démontre
s’il en était encore besoin le drame que constitue
l’entrée dans l’âge adulte. Ainsi, à propos de jeunes
filles quittant le lycée : « elles étaient en partance
pour l’université, les maris, l’éducation de leurs
enfants, un malheur perçu seulement de manière vague –
en partance, en d’autres termes, pour la vie ». Mais
Virgin Suicides est aussi un livre sur la difficulté à
communiquer. Les adolescents y sont des inconnus pour
les adultes, les filles, pour les garçons et en fin de
compte, tout un chacun pour autrui. Qui a su comprendre
les sœurs Lisbon ? Ni leurs amis, ni leurs amours, ni
leurs parents. Leur médecin n’y est pas plus parvenu et,
s’étonnant devant la plus jeune sœur Lisbon de sa
tentative de suicide, il s’entend répondre :
« manifestement, docteur, vous n’avez jamais été une
fille de 13 ans ». Si Virgin Suicides fait souvent
sourire, il laisse toutefois un goût amer et donne la
sensation que le meilleur est derrière soi et le pire à
venir.
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