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Collection de poèmes sous
différentes formes et coutures. Monsieur Plume (Henri Michaux) et
Monsieur Teste (Paul Valéry) ont trouvé un digne successeur en Tom
Tol. L'espièglerie tourne et tourne la destination improbable des
langages. Le trublion poète jongle entre sarcasmes et pastiches
lyriques. Le talent de Molia est sans conteste.
Le Contraire du Lieu
Xabi Molia
Editions Gallimard
2005, ISBN 2070773973
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Recueils de textes caustiques sur notre monde, Xabi Molia nous
présente de la poésie intégrale. Toute une savante et joyeuse
subtilité se glisse dans les beaux draps de la conscience mondiale.
Invitation au voyage et à l'écoute du bruit qui donne corps à des
escales. Fioritures et transparence d'escapades, Tom Tol écrit des
carnets de notes sur le monde. Tout s'ajuste dans un assemblage de
discours poétiques et de poèmes en vers libres. La forme est chaque
fois trompée pour l'éprendre dans la tourmente. Aurions-nous un
recueil dans un autre recueil, ou plus simplement des lézardes
structurelles qui s'inscrivent dans l'évanouissement de la page ? Au
beau milieu du livre, nous saisissons que le titre du recueil n'est
rien qu'une séquence d'attribution : « la poésie est le contraire du lieu ». Le langage procédural s'allie dans le détournement
verbal.
Xabi Molia arrive à baliser avec fougue et irrévérence la charge
aléatoire du pouvoir. L'actuel est empreint de ces rouages et des
principes qui monnayent le tribut du nom innommable. Une hilarité
nous comble dans le désastre enchanté. Le titre du recueil est-il un
approfondissement de Mallarmé qui disait notamment « rien n'aura
eu lieu que le lieu » (Un Coup de dés n'abolira jamais le
hasard). New York, Rwanda, missiles, mémoire, flipper,
appareillage, Asie, confidence et même sagesse se bousculent avec
l'entrain de la nécessité audacieuse. Journal d'un autre intérêt où
finalement l'individu provoque, malgré tout, de la valeur.
A lire plus amplement et à relire de manière sporadique,
l'inventaire n'arrive à formater le sillage de la traversée. Ne
croit pas si bien dire. Ballades contemporaines dans les fuseaux
horaires, la collusion chatoie de ces parures les plus attractives.
L'image supplante et chaque pelletée creuse de plus belle l'espace
lisse de l'horizon à perte de vue. A foison, le jour acclimate les
manières et les représailles. La trame se lit aussi comme une forme
romanesque, pour ceux qui manifestent de la velléité à l'égard de la
poésure. L'écume persiste et signe. Avaler des couleuvres
n'est pas une mince affaire. Avantage au divertissement séculier,
parce que la somnolence frappe toute conversation de courants
fugitifs. Un poème par jour, pour entendre le prix de l'aube. Aux
commissures des lèvres s'émiettent le résultat du négoce.
L'allégresse se souviendra des cigarettes fumées et des contretemps.
« La poésie est le
contraire du lieu, et son contraire » (Tom Tol en Asie).
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Xabi Molia est né en 1977. Il a
publié deux romans Fourbi (2000) et Supplément aux
mondes inhabités (2004), aux Editions Gallimard. |
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