plan du site | forum | information | publicité | web design| annuaire | partenaires | on parle de nouscontact

 
 

Imprimer     Agrandir

Je crois que plus jamais je ne retournerai à Buenos Aires.
L’homme assis à côté de moi a prononcé ces paroles avec moins de tristesse que d’emphase et a gardé un instant le silence, pensif, buvant son Diet Pepsi. On voyait bien qu’il avait dû souvent les ressasser, qu’il se les était dites pour lui-même à haute voix, comme lorsqu’on a été la cible d’une injure ou d’une mauvaise manière et que plus tard on se réveille en répétant et en perfectionnant la réponse que l’on n’a pas eu la présence d’esprit ou le courage de dire au bon moment.

Antonio MUÑOZ MOLINA

Carlota Fainberg

Editions du Seuil
Traduit de l’espagnol par Philippe Bataillon
Février 2001, 187 pages, 110 francs - ISBN 202041337X

Le dernier roman d’Antonio Muñoz Molina a de quoi surprendre. Il ne ressemble en rien à ce que l’auteur a l’habitude d’écrire et a plutôt tendance à contrarier l’attente du lecteur. Dans Pleine Lune, roman policier qui lui a valu le Prix Femina étranger en 1998, Antonio Muñoz Molina montrait un commissaire basque muté en Andalousie et enquêtant sur la mort atroce d’une petite fille. On admirait le climat, la tension crées, les phrases très cadencées de l’écrivain.
Ici, le roman est un peu déconcertant. Le narrateur, un professeur prénommé Claudio, se rend à Buenos Aires et se retrouve coincé dans la salle de transit de l’aéroport de Pittsburgh, attendant impatiemment un avion retardé par une tempête de neige. Claudio se trouve vite importuné par un compatriote, Marcelo, qui engage grossièrement la conversation et commence à lui conter l’aventure fantastique qu’il a vécue dans la capitale argentine.
Dans la première partie du roman, Antonio Muñoz Molina s’attache à décrire les réticences de Claudio qui essaye vainement de fuir la compagnie de Marcelo, heurté par sa vulgarité commune et sa médiocrité. Mais le récit de Marcelo intéresse de plus en plus Claudio, que l’on voit changer d’avis et se simplifier. Claudio qui au départ était totalement imbu de lui-même et condamnait le sans-gêne de Marcelo, abandonne peu à peu son style pompeux parsemé de mots américains pour une attitude plus modeste et plus sincère.
Marcelo raconte sa fascination pour un hôtel de Buenos Aires, et surtout pour sa propriétaire, Carlota, qui hante mystérieusement les lieux et lui rend de bizarres et inquiétantes visites nocturnes.
Enfin, l’avion de Claudio peut décoller.
Arrivé à Buenos Aires, le professeur s’installe dans l’hôtel de Marcelo et pareillement envoûté se lance à la recherche de Carlota. Mais qui est Carlota, existe-t-elle vraiment ? Cette sorte d’enquête ne risque-t-elle pas de nuire à la carrière de Claudio, de trop l’occuper ?
On sent qu’Antonio Muñoz Molina se livre ici à un exercice de style, s’essayant au roman court façon Henry James et Thomas Mann ; on trouve plaisant qu’il s’attache à décrire une rencontre fortuite dans un aéroport et qu’il dénonce l’individualisme contemporain, regrettant que les êtres se cantonnent à leurs préjugés et dans leur solitude. Mais l’histoire racontée par Marcelo, celle de Carlota ne prend pas. Muñoz Molina crée un suspens factice, qui ne retient pas l’attention et on se demande pourquoi cette histoire en vient à captiver Claudio.
Aussi attendons-nous impatiemment son prochain roman qui nous séduira certainement plus et considérons-nous celui-ci comme une petite curiosité.
Nathalie MEYER

Inscription à la NewsLetter

Tissons nos liens...

 
FORUM

Tous les autres sujets...

 
 
NEWSLETTER

Votre mail :   

Vos intérêts :  Concerts & soirées  magazine   photos

Vos commentaires

    

 

 
 

copyright© 1999 - 2006 - @xé libre / Open Yür Mind (association loi 1901)

 Bureau : 21 avenue Secrétan - 75019 PARIS