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Avec la redécouverte de ce texte
fondateur qui a marqué le début de la littérature moderne en
Amérique latine, Gallimard propose Pedro Páramo de Juan Rulfo
en traduction nouvelle qui s'approche encore plus de l'original à
l'égard du niveau linguistique.
Pedro Páramo
Juan Rulfo
Editions Gallimard
Nouvelle traduction de l'espagnol (Mexique) par
Gabriel Laculli
Coll. Du Monde Entier, 2005, ISBN 2070773280 |

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Généralement, en lisant, le lecteur voyage avec la lecture dans un
autre pays, un pays imaginaire. Cependant, la fiction peut aller
au-delà de l'imagination possible, c'est-à-dire, jusqu'au royaume où
l'homme n'a plus d'accès - jusqu'à l'empire de la mort. On ne parle
pas juste d'une personne morte dans un monde vivant, mais d'un
espace où il n'y a plus des vivants mais que les morts. Ce cosmos a
pourtant les prairies, le vent, les bourgades d'un Mexique réel au
début du XXe siècle, mais uniquement existant à l'envers. En réalité
fictive, le village Comala serait abandonné; dans la nouvelle il y a
les morts qui se souviennent au-dessus de la terra de leur passage
humain en créant une image flouée d'une personne mystique nommée
Pedro, le seigneur qui régnait avec cruauté. C'est maintenant son
fils qui veut faire connaissance avec son père perdu, et le cherche
dans son ancien village. Il ne va trouver que des fables des morts
qui apparaissent pour lui raconter leur histoire du naufrage…
La technique extraordinaire de cette nouvelle se manifeste dans les
actions sur des niveaux discordants qui se reflètent comme sur une
surface d'un lac, diffus et déambulé. Le langage court et
impersonnel brille plein de poésie, les récits sont sombres et
mélancoliques en indiquant une vie dure et exploitée. Les points de
vue se changent sans arrêt pour mystifier le lieu de l'action et
l'encombrer avec un air funèbre. Le résultat comporte des esquisses
fragiles et sublimes, toujours réalisées avec une sobriété
souffrante qui touche la transition vers la mort. L'écart du héros
avec le reste de l'ensemble qui existe au début, disparaît vers la
fin quand le présent est enfin submergé par le passé. Tout cela
n'est pas très tordant et donc l'humour dans n'importe quelle forme
est absent. Probablement le pessimisme de l'auteur couvre son œuvre
entièrement, si on suppose que dans chaque fiction se trouve une
partie de la réalité.
Juan Rulfo (1917-1986) a connu avec son premier roman un succès
immédiat qu'il n'a jamais pu atteindre encore une fois, mais qui lui
a donné une place fixe dans la littérature mexicaine. Pedro
Páramo et Le Llaho en flammes, un récit des nouvelles
rassemblées, sont les seules œuvres de narration de l'auteur, qui
était aussi photographe et scénariste de film avant de gagner une
vie comme comptable.
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Romancier et nouvelliste mexicain né
en 1918. Sa famille fut victime de la révolution des « Cristeros » (1926-1928). À partir de 1933, exerce
divers métiers, écrit et publie. Plusieurs missions
gouvernementales lui permettent ensuite d'approfondir sa
connaissance du monde indigène. Meurt à Mexico en 1986. |
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