PENSER L’ART À L’ÉCOLECollectif
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« Penser l’art à l’école » est le fruit d’un colloque qui s’est tenu à l’Ecole des Beaux-Arts de Nîmes rassemblant Pierre Bourdieu, René Denizot, Catherine David, Inès Champey et Pascale Castagnau. Il ne s’agit pas ici de « penser l’art à l’école » dans son acception générale, mais d’étudier l’art tel qu’il peut et doit s’enseigner à des artistes en puissance, étudiants à l’Ecole des Beaux-Arts. |
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Pierre Bourdieu se livre à une analyse de la place de l’artiste et de l’art dans la société, soulignant la scission qui existe entre ce qu’il appelle le « champ artistique » (le microcosme de l’art et ses divers acteurs) et le peuple. Ce phénomène est lié selon lui à une « crise de la croyance dans l’art » séparant de plus en plus intensément le public averti et celui qui ne l’est pas. Ainsi, « l’artiste est celui dont les artistes disent que c’est un artiste » ; les artistes représentant l’ensemble du monde de l’art. Il souligne le paradoxe qu’il y a à enseigner l’art aujourd’hui : le rôle d’une école des beaux-arts consiste à transmettre les règles traditionnelles de l’art pour que les artistes puissent mieux les transgresser…
Ines Champey étudie quant à elle l’art contemporain sous l’angle de la réception qui en est faite par ses « regardeurs », à savoir bien sûr avant tout l’historien d’art . Elle tente d’expliquer les différents types de conservatisme artistique qui, au-delà du public non averti, survivent au sein du public cultivé. Bien sûr, elle cite parmi eux Jean Clair, mais aussi Marc Fumaroli ou encore Nathalie Heinich et souligne la confusion que ces derniers opèrent trop souvent entre éthique et esthétique.
Pour Catherine David, il s’agit d’analyser l’évolution de l’art depuis le milieu du XXème siècle, au travers des changements qui ont eu lieu dans la conception de la Documenta de Cassel. Elle souhaite ainsi jeter les bases de ce que doit être aujourd’hui une exposition d’art contemporain : une exposition qui tienne compte de l’héritage du passé récent tout en y portant un regard critique.
Pascale Castagnau a choisi pour sa part de restreindre son champ de réflexion à la dialectique qui existe de nos jours entre le design et la science-fiction, ces deux domaines ayant pour point commun le fait d’être situés aux confins de l’espace public et de l’espace privé. Ce texte qui cite tout à la fois Absalon, Bernard Joisten, Olivier Mourgue et Stanley Kubrick est un bon exemple de la dissolution des frontières entre les arts que l’on constate aujourd’hui.
Enfin, René Denizot clôt le débat par un texte à dominante philosophique et littéraire, qui pourra sembler peu clair à certains, sur le rôle de l’exposition comme passage de l’art à l’œuvre, l’exposition étant à la fois la provenance et la destination de celle-ci.
Ce livre n’est sans doute pas celui auquel il faut s’attaquer pour comprendre l’art contemporain si on le connaît peu. Néanmoins, il constitue une bonne analyse à l’encontre de ses détracteurs cultivés mais aussi en faveur de ses partisans convaincus ! Plus particulièrement, si une analyse purement sociologique de l’art contemporain telle que la compose Bourdieu me semble réductrice, elle permet de mieux comprendre néanmoins les mécanismes qui se jouent dans l’esprit de ceux qui rejètent l’art contemporain. Florence Cheval |
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