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OPEN YÜR MIND - UNE IDEE, UN PROJET…
Une nouvelle aventure est née de la rencontre entre le magazine @xé libre et l'association d'échanges culturels européen Open Yür Mind : réunir différentes disciplines artistiques et de développer les échanges culturels entre la France et d'autres pays. Il est, pour nous, essentiel de sortir des sentiers battus et de casser les sectorisations et frontières encore existantes.
Nous proposons d'ouvrir les œillères au travers d'un parcours initiatique, au travers d'actions artistiques et culturelles au travers de leurs ensembles disciplinaire et géographique... 

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@xé libre - humeurs & billets
HUMEURS

AUX ARMES !

(phase II)
Lettre ouverte à Mmes et Mrs les créateurs artistiques contemporains qui voudront bien se reconnaître en celle-ci.

MONSIEUR LE PROFESSEUR UBUESQUE
IMPERATOR LUX
 
Mon premier est un demi-dieu parmi les nains.
Mon second est omniscient et omnipotent.
Mon troisième se trouve principalement sur les plages l'été durant

LIEUX
SAINT-ROCH
Nous pouvons croire sur parole le père Thierry de l'Epine, curé de l'Eglise Saint-Roch (située au n° 296 de le rue Saint Honoré, à Paris) s'agissant de l'ancienneté de la réputation de sa paroisse. Celle qui en fait le lieu des artistes et des écrivains. Cela remonterait en effet au 17°Siècle.
MUSÉE DE L'ÉROTISME
O
n ne peut que se réjouir de voir cet ancien cabaret pornographique se métamorphoser en Musée. Celui de l'érotisme. C'était en 1997. D'autant plus que l'affluence n'est pas pour contredire ce choix.

 

 

La mémoire de tous les lecteurs, fort nombreux, de l'aimable bande dessinée "ASTERIX et OBELIX" aura sûrement polarisée quelques neurones spécifiques sur l'image, anodine en apparence seulement, du barde-artiste ASSURANCETOURIX.
Il conviendrait, par impertinence plaisante, d'observer à présent
l'excroissance contemporaine de notre bonne vieille proto-société
Gauloise et de détérminer, à n'importe quel péril, de quelle
manière la grande tribu France perçoit réellement les odes des
bardes actuels de tout ordre.

Parce que, le chant nocturne bleu d'outre espace du poète dérange
intrinsèquement la sensibilité muette du barbare.
Pour quelles raisons profondes, en effet, les héraults d'Uderzo de
l'an -50, vaillants résistants à l'invasion civilisatrice de Rome,
s'évertuent-ils à enchainer l'unique artiste de leur village?
Suspect! Le marginal ne participe pas à la guerre!
Pire encore! Pendant que les légionnaires Romains assimilent
durement les méfaits, pour eux, de la potion magique (psylocibe
Britanicus?) notre chanteur reste à l'arrière, avec les femmes.
Enfin bon, il est certainement homosexuel. Non?
Naturellement, cette auguste personne ne travaille pas et chasser
le sanglier correpond à une étrangeté dont il ne perçoit pas
l'ensemble des aspects.
Alors, il convient de le punir.
Lors des agapes, Gauloises, sa musique, par delà ses harmoniques,
choque les membres réguliers de cette micro-société métaphorique.
Forcément. De solides liens vont ceindrent notre conscience
esthétique et son infortuné représentant au clair d'une sinistre
lune. Certaines sonorités amplifient vertigineusement les vers.
D'autres preuves, ami lecteur, visant à étayer ces insinuations
nécéssairement paranoïaques?
Et si nous otions quelques décimales, fussent-elles en francs, aux
sommes incompréhensiblement astronomiques misées sur les Picasso,
par exemple?
Exposons-les maintenant aux feux de joie de la vindicte populaire.
A son grand soulagement. Enfin. Ces croûtes infâmes presques
centenaires peintes par un quasi-sdf du coté de Montmartre!
"Cubiste, ça? Mais y sont où les cubes? Je vois que des journaux
collés. Dire que les intellos Parisiens voulaient faire passer ça
pour de la peinture à l'époque!"
"J'men suis payé un cent balles aux puces. J'vais le latter et lui
mettre un coup de lame. Je me sentirai bien défoulé après."
"Ah! mon bon ami, comme vous faites bien!
Mon brocanteur voulait m'en revendre un. Mais où donc aurais-je
accroché une telle horreur? Près de l'horloge Napolèon III?
Ces propos proviennent d'un présent parallèle impossible bien sûr.
La sensibilité artistique reste une composante fragile des
dynamiques humaines.
Rien ne permet d'admettre que cette fonction soit indispensable
à la survie de notre espèce.
Nous eussions probablement réussi à émerger de Lascaux ou
d'Altamira sans elle.
Mais sous quelle forme d'humanité?
Spartiate? Bottée et casquée en noire et grise pour un millénaire?
La plus insidueuse illusion actuelle consisterait à se reposer sur
des lauriers certainement moins glorieux que ceux de César.
Parce que la répulsion -entretenue- vis à vis de l'art suinte à
grandes perles sombres des alambics de nos grands conceptualiseurs
types de sociétés supposées idéales. Pour eux.

 

 

 

 

 

 

 

 

Comment, en effet, un individu convenablement équilibré pourrait
s'enthousiasmer par rapport aux grands slogans souvent exagérés
et fréquemment névrotiques du moment après une journée extatique
intensément vécue dans le dôme nacré du musée d'Utopos?
Comment objectiver l'ancienne nouvelle économie une fois perçues
le sens d'une allégorie florale d'un Botticelli ou l'abolition
du temps signifiée par un montre Dalinienne?
Et si nos experts en communication décidaient de passer du Wagner
ou de la techno, dès l'aube, aux hordes livides de travailleurs,
pardon, de collaborateurs efficaces, enchassés pitoyablement dans
les transports en commun, de quelle manière réagiraient-ils aux
réfléxions misérables de leurs supérieurs indexant scrupuleusement
deux minutes trente de retard hebdomadaire culpabilisantes.
La sensitivité affirmée est une arme terrifiante dont il faut
désamorcer à tout prix les têtes cherchantes.
Hier avec des cordes en boyaux de hure.
Aujourd'hui par d'autres moyens développés à l'insu, bien entendu,
du ministère de toutes les cultures.

Alors, il convient certainement de se prémunir d'une assurance
contre les risques contemporains d'ablation mentale.
Auprès de la meilleure compagnie.
Celles des poètes éveillés dont la chevelure aèrienne irise des
cristaux de sang azuréens vers les horizons cardinaux.




                                     - Thibaut MOINARD -

 

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