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Depuis 1999, les forces armées russes mènent une vaste campagne de " nettoyage " en Tchétchénie. La propagande russe, dont la BBC et CNN se font les relais, justifie les massacres en affirmant que tout Tchétchène est un terroriste potentiel. Certes l'alibi est mince. Pourtant il suffit aux gouvernements occidentaux. Aujourd'hui, dans l'indifférence générale, un peuple, livré à la barbarie de ses bourreaux, est en voie de disparition. Pour empêcher " Poutine de finir le boulot commencé par Staline ", les proches du Président Maskharadov tentent de mobiliser les opinions publiques.
Akhmad Zakaev, acteur et ministre de la Culture, prend la parole pour dénoncer les mensonges " grossiers " de la Russie qu'il qualifie d'état " criminel et fasciste. " La voix sombre, il évoque Hitler et le nazisme pour commenter la volonté de Poutine de " régler une fois pour toutes la question tchétchène. " Avec pudeur, il témoigne de la souffrance d'un peuple qu'on tue, viole et torture en toute impunité : " En Tchétchénie, les enfants s'endorment en espérant qu'il n'y ait pas de soleil le lendemain… pour être à l'abri des bombardements russes. "
Vérité contre propagande
Pourtant cette guerre, les Tchétchènes ne l'ont jamais voulue. Rappelons que c'est suite aux attentats meurtriers de Moscou de 1999, attribués aux indépendantistes tchétchènes, que l'armée russe a envahi la petite république. Pourtant Ilyas Akhmadov, ministre des Affaires étrangères, révèle l'absence totale de preuves impliquant des terroristes tchétchènes. Au contraire, il parle de " prétexte " et accuse Moscou de " saigner " la Tchétchénie pour détourner son opinion publique de problèmes intérieurs. Il qualifie en outre de " mensonge " la présence de combattants tchétchènes dans les rangs d'A-Quaïda, lâchant au passage non sans humour : " Bientôt, on découvrira des Tchétchènes sur Mars comme on en a trouvés en Afghanistan ou au Kosovo. " Mais derrière cette légèreté, se devine encore plus forte, la détresse d'un peuple en sursis.
Elia Poliakova, présidente de l'association " Mères de soldats " à St Petersbourg, intervient alors pour " demander pardon, au nom du peuple russe, pour toutes les exactions commises en Tchétchénie. " Faisant entendre une voix différente de celle du Kremlin, elle nous confie sa honte, droit dans les yeux. Elle veut dire au monde entier que " la société civile russe refuse massivement la guerre. " Et surtout que " les militaires, ses fils, sont les premières victimes de la folie de leurs chefs. "
Tchétchénie : un peuple à l'agonie
A l'heure où se poursuit le procès de Slobodan Milosevic au TPIY de La Haye, Oumar Khambiev, ministre de la Santé, en qualité de témoin privilégié des horreurs de la guerre, rêve du jour où " les dirigeants russes répondront de leurs actes devant un tribunal international. " Selon lui, la situation humanitaire est catastrophique et s'apparente à " la destruction du fond génétique tchétchène. " Alors que le pays s'appuyait sur 323 hôpitaux avant la seconde guerre de Tchétchénie, il n'en reste plus aujourd'hui qu'une trentaine pour soigner un nombre toujours plus élevé de blessés. De plus, les ONG sont interdites de territoire, tandis qu'il s'avèret extrêmement difficile de faire circuler des médicaments. Il évoque en outre l'existence de camps où l'on pratique des tortures physiques et psychiques, comme de priver les hommes de leur capacité reproductive. Et pour parfaire ce tableau de guerre, il nous apprend que des armes biologiques et bactériologiques auraient été utilisées contre au moins trois villages.
Manifestations pour la paix
Convaincus que seule une ingérence de la communauté internationale peut offrir une issue politique au conflit, les représentants du gouvernement tchétchène préconisent une solution intermédiaire à l'indépendance, avec un réel statut juridique, de façon à s'affranchir des velléités guerrières des dirigeants russes.
Olivier-Jules Jaubert
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Soulignant que la France refuse toujours l'asile politique aux Tchétchènes, l'association
Marcho Doryla organise des manifestations culturelles tout le mois de mars à Paris. Des rencontres qui s'achèveront le 22, 23 et 25 mars au Théâtre de La Colline, par des colloques sur le thème de la culture tchétchène.
A partir du 14 mars jusqu'au 28 avril « Poutine, année 01
», exposition de photographie de Stanley Green / Agence VU à La Gambille
- 10, rue de Robien - 22000 Saint-Brieuc
TCHÉTCHÉNIE L'hiver au Soleil - du 6 au 12 mars 2002
Daymokhk - les enfants danseurs de Grozny
et des rencontres avec des élèves, des films, une exposition, un concert,
une cantine tchétchène…
En collaboration avec le Parc de la Villette, le Théâtre de la Ville, le Théâtre National de la Colline, la Mairie de Paris, le Ministère de l'Éducation Nationale, la Fondation Un Monde pour Tous, le Secours Catholique, Embryolisse.
THÉÂTRE DU SOLEIL - CARTOUCHERIE Route du Champs de Manœuvres, 75012 Paris - M°
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