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Si en France et au sein de la communauté européenne, surfer sur Internet n'est pas un délit (même si, chez nous comme ailleurs, c'est de plus en plus fliqué, surveillé, analysé et répertorié), il existe des pays dictatoriaux, comme démocratiques, où il ne fait pas forcément bon s'exprimer sur la toile, pourtant seul réel espace de liberté existant. Car si le Web est le meilleur moyen de contourner la censure, c'est un lieu d'échange où la répression est de plus en plus importante.

 
 
 

Depuis 2 ans, "Reporters sans Frontières" se penche plus précisément sur le problème de cette liberté d'expression via le Net. A cet effet, l'association vient d'éditer le rapport 2003 : Internet sous surveillance, les entraves à la circulation de l'information sur le réseau.
On y apprend, pays par pays, les moyens répressifs utilisés par les dictatures depuis la démocratisation d'Internet, ainsi que les mesures abusives mises légalement en place après les attentats du 11 septembre par les démocraties, au nom de la lutte antiterroriste.



La Chine est la zone du monde où la répression est la plus grande et où l'on compte le plus d'arrestations de ceux que l'on appelle désormais les cyberdissidents. Avec le développement de projets étatiques comme le Bouclier Doré, visant à un contrôle strict du Web, la police peut arrêter n'importe qui n'importe quand ; il existe même, depuis 1999, une cyberpolice ! Des nouvelles technologies sont utilisées afin de bloquer l'accès à certains sites. On citera celui (bien entendu) de Reporters sans Frontières ou encore Google. Mais devant le tollé provoqué par l'arrêt de ce dernier, le gouvernement a mis en place une version équivalente mais politiquement correcte.
Ainsi, avec tout cet arsenal permettant de surveiller particulièrement les forums de discussion, 42 internautes ont été arrêtés et condamnés à 3 à 15 ans de prison pour délit d'opinion ou mise en danger du gouvernement.
Lui Di, alias Souris Inoxydable, a été arrêtée le 7 novembre dernier sur la campus de l'université de Pékin, à la veille de l'inauguration du 16ème congrès du parti communiste chinois, pour avoir diffusé quelques messages ironiques sur le gouvernement chinois. Pour avoir mis en danger la sécurité nationale en parlant de son désir liberté, elle est détenue au secret par le département de la sécurité publique. La police menace sa famille, appréciant modérément que les médias étrangers et les organisations de défenses des droits de l'homme se préoccupent publiquement de son sort.
A ce jour, la famille de Lui Di n'a toujours pas pu lui rendre visite.

Mais le gouvernement chinois fait pâle figure à côté de Cuba. 
Pays réputé pour avoir enfermé le plus de journalistes au monde (qu'ils soient cubains ou étrangers d'ailleurs), il a pris le problème à la racine dès l'introduction d'Internet sur l'île en 1996. Le gouvernement castriste a tout d'abord bloqué l'accès à la toile. Celui-ci est réglementé et réservé aux affiliés au régime ; pour les autres 

utilisateurs, il faut une autorisation spéciale. Mais face au développement du marché noir des emails, les castristes ont simplement interdit la vente d'ordinateur(s) aux particuliers.
Le 18 mars 2003, au cours d'une rafle dans les rangs de l'opposition, 75 dissidents dont 26 journalistes indépendants ont été arrêtés et condamnés à de très lourdes peines de prisons. Parmi eux, Mario Enrique Mayo Hernandez a écopé de 20 ans pour atteinte à l'indépendance et à l'intégrité de l'État. Son crime ? Il s'est rendu à la section des intérêts américains (déjà un délit en soi) et a surfé sur des sites tels que l'AFP ou Reuters. Il a été condamné sur le seul et unique témoignage d'un agent de la sécurité d'Etat.

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