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Nos grandes et belles démocraties n'ont rien à envier à ces pays autocratiques. Le Canada a voté une loi permettant à la police d'avoir recours à la surveillance électronique, ce jusqu'à un an, et à n'importe quel moment de l'enquête (plus seulement en dernier recours). Par ailleurs, un projet de loi est en préparation, forçant les fournisseurs d'accès à donner, aux instances concernées, toutes les informations sur leurs
abonnés en leur possession. Aux États-Unis, il existe deux lois particulièrement intéressantes. Le Patriot Act donne l'autorisation au FBI d'utiliser le logiciel Carnivore comme bon lui semble. Il permet la surveillance des envois et réceptions d'emails, ainsi qu'un pistage rigoureux du surf. Le Homeland Security Act est, quant à lui, une extension de la quantité d'information qu'il est permis de demander aux fournisseurs d'accès, sans la nécessité de présenter un mandat délivré par un juge. Le gouvernement Bush, qui lutte contre la censure à l'étranger, la renforce dans son propre pays.
Du côté européen, on retrouve avec Internet le même problème qu'avec la presse traditionnelle : la protection des sources informatives. Opposée à la surveillance électronique généralisée ou exploratoire pratiquée à grande échelle, l'UE a revu sa copie depuis le 11 septembre. Le Parlement a perdu face au Conseil européen. Ce dernier a réussi à imposer les vues des 15, visant à légiférer pour appliquer la rétention générale des données de télécommunication et de connexion à Internet (durée visée : 1 an).
En France, les fournisseurs d'accès sont responsables civilement et pénalement des données diffusées. Ils ont l'obligation de fournir aux services judiciaires leur clé de décryptage, ainsi que tous les types de données demandées : sujets des messages, types, date et heure de transmission, éventuellement contenu, etc… Pour l'instant, les fournisseurs ont protesté :
s'ils ne voient pas d'objections sur le principe politique et moral, c'est d'un point de vue économique que cela les gène. En effet, la mise en place est trop onéreuse. D'autre part, les services de police et
de gendarmerie ont la possibilité de perquisitionner en ligne et de bloquer un site sur simple dépôt de plainte.
Cette année, la palme revient à la Tunisie, qui utilise peu ou prou les mêmes méthodes répressives qu'en Chine. L'utilisation d'Internet par les journalistes leur permettait de contourner l'absence de liberté de la presse, d'où l'interdiction de consulter des sites comme celui du journal Libération et le blocage de certains emails dans les sens Tunisie - France et France - Tunisie. Le gouvernement n'hésite pas non plus à arrêter de simples internautes. En Tunisie, nul besoin de voter des lois ! Comme de toute façon elles ne sont pas appliquées, le gouvernement fait ce qu'il veut…
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Dans ce contexte totalement répressif a été remis, le 9 avril dernier à Paris, le 1er prix Cyberliberté Reporters sans Frontières - Globnet (fournisseur d'accès associatif et militant qui défend la liberté d'expression sur le Net). Le lauréat est Zouhair Yahyaoui, employé dans un cybercafé et créateur du site TUNeZINE.com.
Dans cet espace de liberté, il écrit des textes satyriques envers le président Ben Ali et le régime. |
Ce site remportait un vif succès auprès des internautes tunisiens (qu'ils soient expatriés ou non). Mais, alors que les tunisiens vivent dans une totale paranoïa, avec la peur du voisin, ils s'égarent totalement sur le forum, ne se rendant pas toujours comptent qu'ils peuvent être lus par tous.
Ainsi, pour avoir donné un peu de liberté à ses compatriotes et avoir dénoncé à demi-mot l'absence d'indépendance du pouvoir judiciaire de son pays, Zouhair Yahyaoui a été arrêté par une 10aine de policiers, torturé pour obtenir le code d'accès de site, jugé et emprisonné. Il écope de 2 ans de prison pour propagation de fausses nouvelles. Depuis 8 mois, il en est à sa 3ème grève de la faim, non pas pour obtenir sa libération, mais juste pour accéder à ses simples droit de prisonnier : recevoir et envoyer du courrier à sa famille et à son avocat, etc…Depuis son arrestation il y a un an, des expatriés, puis sa fiancée Sophie Piekarec (interdite de séjour en Tunisie) se battent pour que le site continue d'exister. Céline Berger *Big Brother surfe avec vous
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