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Lucien Pfeiffer
« La fin du capitalisme… et après ? »

Editions Yves Michel – Collection économie – mars 2006 - ISBN 2 913492 39 8 - 14,50€

Depuis, qu’il existe comme système, le capitalisme, aurait toujours connus des crises. Si la propagation de ses fluctuations a pris de plus de plus d’amplitude, c’est que nous sommes passé, en moins d’une génération, d’un environnement de petites et moyennes productions industrielles à un contexte fortement concurrentiel, mondialisé… et spéculatif.

 
T

el semble être l’explication, en raccourci, de cette ‘crise’ actuelle qui voit apparaitre des notions singulières comme le ‘bon’ capitalisme, industriel, paternaliste - ou réglementé - vs un ‘mauvais’, financier et spéculatif. Soit…

Mais, au fond, sommes-nous bien sûr d’entendre la ma même chose en parlant de crise, de capitalisme, de mondialisation ou, tout simplement, d’entreprise ?

Ecrit 3 ans avant l’éclatement de la bulle financière / immobilière, la lecture – ou relecture – de l’ouvrage de Lucien Pfeiffer offre, outre son aspect rétrospectivement prophétique (cette crise y est clairement annoncée, expliquée et démontrée), la possibilité de revisiter le sens de chacun de ces mots.

Si Lucien Pfeiffer, inventeur, entre autre, du crédit bail, a été président de banque, il a surtout été chef d’entreprise. C’est sans doute pour cela, que dés son préambule, il nous fait remarquer que cette notion d’entreprise, une des plus anciennes institutions de l’humanité, n’existe pas en droit français. Ce qui est défini, ce sont ses incarnations juridiques, les multiples formes de sociétés de capitaux, qu’ils soient privés ou publics. Il n’existe pas, à ce jour, d’autres logiques : les résultats vont aux détenteurs du capital et le travail, dans les prix de revient.

Aussi, il n’est pas inintéressant de s’arrêter un instant sur cet angle de vue.

Pour qu’il y ait ‘entreprise’, nous dit Lucien Pfeiffer, il faut qu’un groupe de personnes répondent identiquement et précisément à ces 4 questions :

- Que va-t-on faire ensemble ?
- Avec qui ? Qui en fait partie ?
- Qui fait quoi ? Qui commande ?
- Comment se partagera-t-on les résultats.

Pour nos lointains ancêtres les choses étaient généralement simples. On s’associait dans une entreprise de courte durée. Le temps d’une chasse, d’une pèche. Mais rapidement, il a fallut plus de temps et de moyens pour réaliser des constructions ou des expéditions. De là sont nés, successivement, le prêt sur gage (de la simple hypothèque à la contrainte par corps : « Je te prête, mais si tu ne me rends pas en temps et en heure, je te prends… »). Puis l’usure… Et finalement, au XIIe ou XIIIe siècle, apparut ce qui allait devenir le capitalisme en changeant la nature de la relation entre prêteur et entrepreneur avec la subordination de dernier au premier : « Je te prête. Tu peux me perdre mon avoir, mais pour diminuer mon risque de perdre, je veux que me soit attribué tout ou partie des gains ».

Cette manière de couvrir le risque économique fut une novation majeure permettant nombres d’entreprises qui allaient changer notre manière de percevoir le monde (Marco Polo, Christophe Colomb,…).

De ces ‘grosses aventures’, succéda la ‘charte-partie’ ou l’institutionnalisation par le contrat des ‘apporteurs en industrie’ utilisé dans le cadre des premiers échanges commerciaux maritimes : le préteur prend qualité d’associé. Ainsi, il obtient le droit de participer aux décisions fondamentales de l’entreprise.

Puis vint le temps des entreprises minières, manufacturières ou commerçantes, certes moins prestigieuses que les précédentes, mais plus sécurisantes. En peu de temps, cette évolution transféra le pouvoir à ceux qui risquaient qu’une partie de leur avoir. Cette période d’association du capital et du travail permit l’apparition des sociétés en nom collectifs.

Avec l’aventure industrielle moderne, vint la commandite puis la société anonyme par actions : le risque est limité, contrairement aux formes précédentes, à la perte de la ‘mise’ des actionnaires. C’est cette limitation du risque, progrès notable, qui permit le développement de ce qu’on appellera dorénavant le Capitalisme. Mais cette dilution du capital et sa séparation au travail eut deux conséquences concomitantes :

- le développement de l’ère des managers, d’une part,

- la transformation des capitalistes en épargnants, d’autre part.

La mutation ne s’arrêta bien évidement pas. Mais à partir de là, l’auteur nous propose plusieurs constats qu’il serait trop long de résumer ici. Je n’en retiendrais que ceux-ci :
- Le communisme, présenté un temps, comme un éventuel challenger, n’a jamais proposé d’alternative au capitalisme. Au-delà de l’idéologie, en pratique, il s’agit d’un transfert du capital (et donc du pouvoir) à l’appareil d’état.
- La confusion faite (quelque soit sa sensibilité politique) entre étatisation et nationalisation (association trouble du capital à la notion de pouvoir). L’auteur, au centre des discutions lors des ‘nationalisations’ de 1981-82, en brosse un portrait des plus croustillant.
- Le capitalisme fonctionne sous n’importe quelle forme de régime. Il est indépendant de la notion de libéralisme (et inversement). Même, s’il a prouvé qu’il prend mieux son essor avec.
- Enfin, to last but not the least, l’insertion des valeurs comptables (le capital à l’actif, alors qu’initialement il s’agit d’une d’un prêt, donc d’une dette – le travail, aux charges donc au passif).

De ces constatations, après nombres d’analyses édifiantes rédigés dans un langage simple  – exception faire, peut-être de la partie sur les agrégats et flux monétaires qui nécessite sans doute quelques pré requis - l’auteur nous propose quelques pistes qui auraient pu nous éviter cette dernière crise – c’est raté - ou au moins mieux en sortir.

Parmi celles-ci, celle qui est certainement la plus intéressante : il ne propose pas une ‘refonte du capitalisme’ ou, encore moins, à son remplacement, mais la possibilité d’une alternative complémentaire : une nouvelle forme d’entreprise, où l’humain reprend sa place au centre, avec la ré-inversion des valeurs actifs/passifs: la société de partenaire.

A lire de toute urgence !


Patrick Herrmann
10 avril 2009

 

 


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