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Severn, la voix de nos enfants


Documentaire réalisé par Jean-Paul Jaud

Avec Jean-Paul Jaud, Severn Cullis-Suzuki, Takao Furuno,...

Le 9 novembre à l'Unesco, nous étions conviés à la projection en avant-première du dernier film de Jean-Paul Jaud « Severn, la voix de nos enfants ». Abordant le sujet brûlant de l'environnement, le réalisateur prend le parti de mettre en lumière des initiatives positives. Une idée 'nouvelle', le film s'annonce alors prometteur, et devrait séduire… Pourtant...
Point de vue.

 
S

evern, la voix de nos enfants se veut être une réponse au discours de Severn Suzuki. Rappelez-vous, Severn, c'est la petite fille de douze ans qui en 1992 avait pris la parole lors du Sommet de la Terre à Rio de Janeiro et avait interpellé les représentants des différents pays sur la situation environnementale dans le monde. D'ailleurs, d'après Al Gore, l'intervention de cette enfant est le "meilleur discours" entendu à Rio.

Jean-Paul Jaud, ému par Severn, utilise le discours de cette dernière comme toile de fond de son film. Et comme autant d'échos à son discours, le réalisateur choisit de souligner des initiatives positives dans le domaine environnemental.

Cependant, le film comporte des longueurs qui malheureusement sont loin d’être au service de la profondeur que mériterait le sujet... Son traitement est réduit à un enchaînement de faits. Il manque souvent un lien entre un constat et une argumentation, l'explication est loin d'être effective. Ainsi, le sujet des centrales nucléaires en France est abordé de manière superficielle si bien qu'on n'y voit plus l'intérêt. En somme, on déplore un manque de substance, de matière. Celles-ci auraient permis de mener une véritable réflexion et non pas, comme ici, seulement d'observer (d'entrevoir).

Mais un autre point est peut-être plus dérangeant encore...

Certes, nous vivons, nous et les générations à venir, une tragédie. Fallait-il pour autant que cela vire au pathétique ? Le pathétique n'ajoute rien à l'objective urgence. Urgence qui nous émeut à elle seule.

Néanmoins, on retiendra avec plaisir les images de l'île de Kyushu au Japon, paysages témoignant d'une main mise de l'homme sur des terres cultivées dans un environnement étonnamment préservé et respecté.

L'agriculteur Takao Furuno cultive ses rizières de manière exclusivement biologique. On découvre que les pesticides ou engrais chimiques sont ici, remplacés par des canetons élevés dans les rizières qui oxygènent les fonds en les remuant et dont les défections suppléent les engrais. Ces mêmes canetons deviennent des canards bios destinés à la consommation. La quantité de riz produite est, quant à elle, largement supérieure à celle des voisins. Cette initiative -là est donc assez éloquente... Malgré tout, le film en lui-même reste plutôt décevant.

Le sujet de l'environnement est primordial. Et le cinéma a certainement un rôle à y jouer... Le film donc, malgré des écueils, pointe du doigt des initiatives remarquables et a le mérite de tenter d'éveiller les consciences.

 

Alix Debeunne

 

 

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