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Alan Tex / La Galerie d'enfert |
On
ne peut que se réjouir de voir cet ancien cabaret pornographique se métamorphoser
en Musée. Celui de l'érotisme. C'était en 1997. D'autant plus que
l'affluence n'est pas pour contredire ce choix. Avec plus de 300 visites
quotidiennes en moyenne sur les sept niveaux d'exposition, le groupe
financier "repreneur" peut donc être satisfait. Tel est aussi
l'avis d'Alain qui assure la gestion du site. Et dont les bons goûts
musicaux nous valent ce jour là d'être accompagnés par le grand
Souchon qui nous "chante un baiser" durant la visite.
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| Les contrastes nous saisissent parfois à
bras le corps. L'entrée du lieu n'est pas sans prolonger le Métro, un
jeton remplaçant le ticket dans le passage d'un portail métallique. Le
décor s'apparente alors plutôt à celui d'un antiquaire reconverti
dans la farce et attrape ou les bibelots. Voire une modeste librairie
dans la sortie. La connotation dominante ne fait aucun doute. Dés les
premières marches l'œuvre de
Jack
Vanarsky est nettement explicite,
sur tout un pan de mur, avec sa "Thérèse aux pieds nus" ( il
faut bien un début dans la nudité ! ). Chose qui redonne corps ( et âme
? ) à la nature du lieu. Ce travail de sérigraphie et sur la matière
est superbe. L'apport d'une mécanique électrique "en pleine
action" nous invitant à rentrer sans tarder, dans la danse. Celle
de l'amour. A noter que le fétichisme s'affiche et devient ici l'objet
de toute notre attention. Nos regards ne peuvent se dérober. |
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| Et
la chaleur d'Afrique participant de toute l'exposition du premier étage
n'est pas pour calmer les ardeurs, de notre curiosité. Même si des
statuettes Baoules " (Région de la Côte d'Ivoire - NDLR) utilisées pour envoûtement" nous feront
froid dans le dos. Jusqu'a se fondre soudain dans une multitude de
phallus en érections statufiées. Venus de Thaïlande. Sans doute pour
épater la galerie, de part leur dimension et variété. La proximité
des "oeufs de Malaisie" du 19°siècle tombe par contre un peu
à plat. Certes, le jaune, majoritaire dans la coloration des murs,
contribue t'il heureusement à l'exotisme. Plus loin, les "hommes
entre eux" sont nombreux dans l"étalage d'œuvres aztèques.
Certains choisissent alors de revenir vers "Agathe offerte" de
Hervé Scott. La Belle se montre effectivement très convaincante, dans
l'invitation au voyage fantasmagorique. Un touriste se fait d'ailleurs
prendre en photographie tout contre la promise volontaire. |
| Le
niveau suivant constituera sans doute pour nous, le moment le plus
imaginatif et intéressant de la ballade. Vraiment. Le lieu devient en
effet subtilement historique, le patrimoine épousant alors sans fausse
pudeur la modernité. Les photographies en noir et blanc d'antan nous
donnent alors quelques couleurs. Pareillement la filmographie diffusée
des premiers ébats devant une caméra. Certes techniquement fébrile et
tremblante. A l'image des spectateurs attentifs qui entourent les écrans
disposés. L'affiche de la "police des moeurs avec arrêté réglementaire"
impose sans doute cette retenue manifeste. |

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De
l'humour à l'amour, le voyage nous mène bientôt aux deux expositions
majeures de cette période (Avril à Octobre 2000). Chacune ayant son étage
attribué. Tout d'abord, celle de Michel et Marianne Raffestin, père et
fille à la ville. Tous deux issus notamment de l'Ecole Nationale d'Arts
Plastiques de Fort de France. Pour l'un, l'heure est aux ceintures de
chasteté définies jadis comme "parures de fidélité". Chacun
se sent visiblement très concerné dans l'assemblée et les regards se
fuient. La blancheur pure des murs de l'étage illustrant somme toute
l'ingénu qui sommeille en eux. Le sadomasochisme s'affirme pourtant avec
force dans ce travail de dressage, de la matière. Les jeux de mots se mêlant
délicieusement dans le fond des commentaires. Le tout joint à l'outrance
des formes. Marianne Raffestin incarnera quant à elle un sursaut
salvateur de protection féminine. Ses finitions de corsets sculptés dans
le métal venant nous désarmer. Sans savoir à quel sein se vouer,
d'admiration pour son travail. Elle résume son oeuvre dans des "jeux
subtils . . entre sensualité et souffrance". Même si nos cœurs se
glacent face à la matière utilisée, forgée dans le fer, le corps bouge
encore dans notre imaginaire. Remplissant avantageusement ces armatures
vides.
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Sans
doute le qualificatif du "meilleur pour la fin" reviendra t'il
pour beaucoup à Jacques Brissot. Seconde exposition phare. D'aucuns
parlent ici d'une peinture "téléréaliste". A partir des
tableaux de ses maîtres (Breughel, Bosch . . ) l'artiste s'adonne ainsi
à son travail de collage, dans la fusion du temps. Les images
publicitaires et médiatiques s'unissant à des créations plus anciennes. |
La contestation d'un monde matérialiste n'étant pas sans se dévoiler
dans les dessous de ces montages picturaux. Le questionnement moral sous
-jacent ne nous échappera pas. Chose constituante de toute la visite. Au
travers de références spirituelles nombreuses, du "Jugement
dernier" à " la vie des saints", par exemple et chez
Brissot. Les livres d'or disposés dans plusieurs recoins du Musée
semblent par contre bien éloignés de cette dimension. Les symboles
phalliques se dressent sur de nombreuses pages. Et les commentaires
attestent du plein plaisir des visiteurs. Le responsable n'a pas été
d'ailleurs sans évoquer l'exhibitionnisme de certains. Qu'une citation de
Diderot sur une plaquette, vient à point nommé déculpabiliser. Le cas
échéant. Puisque selon lui " l'habit de nature, c'est la peau ( . .
) plus on s'éloigne de ce vêtement, plus on pêche contre le goût".
Cet après midi là, seul l'érotisme exclusivement virtuel sera le héros
du jour ...
GUILLAUME
BOUCARD
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