Le Musée de l'Érotisme

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Héros érotisme

On ne peut que se réjouir de voir cet ancien cabaret pornographique se métamorphoser en Musée. 
Celui de l'érotisme. C'était en 1997. D'autant plus que l'affluence n'est pas pour contredire ce choix.

Javier Gil : philosophie dans le boudoir

P i g a l l e

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72, bd de Clichy - 75018 Paris
Tél : 01 42 58 28 73
Horaires : de 10h à 2h du matin tous les jours

 

GALERIE D'ENFER Copyright ©
Alan Tex / La Galerie d'enfert

On ne peut que se réjouir de voir cet ancien cabaret pornographique se métamorphoser en Musée. Celui de l'érotisme. C'était en 1997. D'autant plus que l'affluence n'est pas pour contredire ce choix. Avec plus de 300 visites quotidiennes en moyenne sur les sept niveaux d'exposition, le groupe financier "repreneur" peut donc être satisfait. Tel est aussi l'avis d'Alain qui assure la gestion du site. Et dont les bons goûts musicaux nous valent ce jour là d'être accompagnés par le grand Souchon qui nous "chante un baiser" durant la visite.

Les contrastes nous saisissent parfois à bras le corps. L'entrée du lieu n'est pas sans prolonger le Métro, un jeton remplaçant le ticket dans le passage d'un portail métallique. Le décor s'apparente alors plutôt à celui d'un antiquaire reconverti dans la farce et attrape ou les bibelots. Voire une modeste librairie dans la sortie. La connotation dominante ne fait aucun doute. Dés les premières marches l'œuvre de Jack Vanarsky est nettement explicite, sur tout un pan de mur, avec sa "Thérèse aux pieds nus" ( il faut bien un début dans la nudité ! ). Chose qui redonne corps ( et âme ? ) à la nature du lieu. Ce travail de sérigraphie et sur la matière est superbe. L'apport d'une mécanique électrique "en pleine action" nous invitant à rentrer sans tarder, dans la danse. Celle de l'amour. A noter que le fétichisme s'affiche et devient ici l'objet de toute notre attention. Nos regards ne peuvent se dérober.

Ellebondt et ses toiles numériques

Et la chaleur d'Afrique participant de toute l'exposition du premier étage n'est pas pour calmer les ardeurs, de notre curiosité. Même si des statuettes Baoules " (Région de la Côte d'Ivoire - NDLR) utilisées pour envoûtement" nous feront froid dans le dos. Jusqu'a se fondre soudain dans une multitude de phallus en érections statufiées. Venus de Thaïlande. Sans doute pour épater la galerie, de part leur dimension et variété. La proximité des "oeufs de Malaisie" du 19°siècle tombe par contre un peu à plat. Certes, le jaune, majoritaire dans la coloration des murs, contribue t'il heureusement à l'exotisme. Plus loin, les "hommes entre eux" sont nombreux dans l"étalage d'œuvres aztèques. Certains choisissent alors de revenir vers "Agathe offerte" de Hervé Scott. La Belle se montre effectivement très convaincante, dans l'invitation au voyage fantasmagorique. Un touriste se fait d'ailleurs prendre en photographie tout contre la promise volontaire.
Le niveau suivant constituera sans doute pour nous, le moment le plus imaginatif et intéressant de la ballade. Vraiment. Le lieu devient en effet subtilement historique, le patrimoine épousant alors sans fausse pudeur la modernité. Les photographies en noir et blanc d'antan nous donnent alors quelques couleurs. Pareillement la filmographie diffusée des premiers ébats devant une caméra. Certes techniquement fébrile et tremblante. A l'image des spectateurs attentifs qui entourent les écrans disposés. L'affiche de la "police des moeurs avec arrêté réglementaire" impose sans doute cette retenue manifeste.

De l'humour à l'amour, le voyage nous mène bientôt aux deux expositions majeures de cette période (Avril à Octobre 2000). Chacune ayant son étage attribué. Tout d'abord, celle de Michel et Marianne Raffestin, père et fille à la ville. Tous deux issus notamment de l'Ecole Nationale d'Arts Plastiques de Fort de France. Pour l'un, l'heure est aux ceintures de chasteté définies jadis comme "parures de fidélité". Chacun se sent visiblement très concerné dans l'assemblée et les regards se fuient. La blancheur pure des murs de l'étage illustrant somme toute l'ingénu qui sommeille en eux. Le sadomasochisme s'affirme pourtant avec force dans ce travail de dressage, de la matière. Les jeux de mots se mêlant délicieusement dans le fond des commentaires. Le tout joint à l'outrance des formes. Marianne Raffestin incarnera quant à elle un sursaut salvateur de protection féminine. Ses finitions de corsets sculptés dans le métal venant nous désarmer. Sans savoir à quel sein se vouer, d'admiration pour son travail. Elle résume son oeuvre dans des "jeux subtils . . entre sensualité et souffrance". Même si nos cœurs se glacent face à la matière utilisée, forgée dans le fer, le corps bouge encore dans notre imaginaire. Remplissant avantageusement ces armatures vides.

Guenard Sans doute le qualificatif du "meilleur pour la fin" reviendra t'il pour beaucoup à Jacques Brissot. Seconde exposition phare. D'aucuns parlent ici d'une peinture "téléréaliste". A partir des tableaux de ses maîtres (Breughel, Bosch . . ) l'artiste s'adonne ainsi à son travail de collage, dans la fusion du temps. Les images publicitaires et médiatiques s'unissant à des créations plus anciennes. 

La contestation d'un monde matérialiste n'étant pas sans se dévoiler dans les dessous de ces montages picturaux. Le questionnement moral sous -jacent ne nous échappera pas. Chose constituante de toute la visite. Au travers de références spirituelles nombreuses, du "Jugement dernier" à " la vie des saints", par exemple et chez Brissot. Les livres d'or disposés dans plusieurs recoins du Musée semblent par contre bien éloignés de cette dimension. Les symboles phalliques se dressent sur de nombreuses pages. Et les commentaires attestent du plein plaisir des visiteurs. Le responsable n'a pas été d'ailleurs sans évoquer l'exhibitionnisme de certains. Qu'une citation de Diderot sur une plaquette, vient à point nommé déculpabiliser. Le cas échéant. Puisque selon lui " l'habit de nature, c'est la peau ( . . ) plus on s'éloigne de ce vêtement, plus on pêche contre le goût". Cet après midi là, seul l'érotisme exclusivement virtuel sera le héros du jour ...

 GUILLAUME BOUCARD

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Julian Murphy Limited Edition: Madam Quintain

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Julian Murphy 
"your most erogenous zone"

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jusqu'au 26 mai 2002


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